Élaine Greffulhe

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Élaine Greffulhe
Elaine, Duchesse de Gramont.jpg

Portrait de la duchesse de Guiche (1905) par Philip Alexius de László

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Père
Mère
Conjoint
Enfant
Henri de Gramont (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Hélène Josèphe Marie Charlotte dite "Élaine" Greffulhe, née le à Paris (VIIIe arrondissement), morte le à Paris (XVIe arrondissement), est une aristocrate française qui épousa Armand de Gramont, duc de Guiche puis 12e duc de Gramont.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Élaine Greffulhe est la fille du comte Henry Greffulhe, et de sa femme, née comtesse Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay (il est d'usage chez les princes de Chimay d'accorder le titre de comtesses aux filles). Par son père, elle est issue d'une richissime famille de financiers et de propriétaires fonciers ayant multiplié sa fortune à l'époque de la Révolution française puis anoblie sous la Restauration. Le comte Henry Greffhule, véritable tyran domestique, servit de modèle à Proust pour le personnage du duc de Guermantes. Du côté maternel, Élaine descend d'une famille franco-belge tout à fait illustre, celle des Riquet, comtes de Caraman (1670), ayant hérité par mariage du titre de princes de Chimay.

Parmi les proches ancêtres d'Élaine Greffhule, on trouve quelques noms parmi les plus prestigieux de la noblesse française :

  • les La Rochefoucauld, branche des ducs d'Estissac;
  • les Picot, marquis de Dampierre;
  • les barons de Montesquiou-Fezensac;
  • les Castellane, marquis d'Espadon;
  • ou encore les ducs de Lévis.
Élaine Greffulhe jeune fille (photographie de Paul Nadar)

Quelques grands personnages se distinguent dans la prestigieuse ascendance d'Élaine Greffulhe, à l'instar de :

Biographie et postérité[modifier | modifier le code]

Acte de mariage d'Hélène Greffulhe avec Armand de Gramont, le 12 novembre 1904 à la mairie du 8e arrondissement de Paris. L'orthographe officiel est Hélène, mais la jeune mariée signe Élaine. Source : Archives de Paris.

Son enfance se passe à l'hôtel particulier parisien de ses parents au 8-10 rue d'Astorg, avec des séjours au château de Bois-Boudran et à la villa de Dieppe. Elle est très proche de sa mère, qu'elle accompagne parfois en voyage en Angleterre ou en Suisse, accompagnée de sa gouvernante anglaise, Miss Annie[1]. Mais elle est plus austère avec un sens du devoir et de fortes convictions religieuses héritées de sa grand-mère, la comtesse Charles Greffulhe, née La Rochefoucauld.

Le , Élaine Greffhule se fiance au château de Vallière[2] avec Armand Antoine de Gramont, alors duc de Guiche puis 12e duc de Gramont, fils d'Agénor, 11e duc de Gramont et de sa deuxième épouse, née Marguerite de Rothschild. Marcel Proust, ami du duc de Guiche, assiste au dîner de fiançailles, mais il est le seul à y être venu en habit, ce qui rend l'écrivain mal à l'aise[3]. Le mariage, qui a été « négocié » par l'entremise de l'abbé Mugnier, est célébré le , en l'église de la Madeleine à Paris[4]. La comtesse Greffulhe, vêtue d'une robe aux reflets d'or, éclipse sa fille par sa beauté[5]. Ensuite la réception a lieu à l'hôtel Greffulhe. On admire les cadeaux exposés, comme il était d'usage à l'époque, parmi ceux-ci: un diadème de douze diamants, et d'autres bijoux offerts par la famille de Gramont[6], une agrafe de corsage de rubis offerte par le grand-duc et la grande-duchesse Wladimir, un éventail, peint par Madeleine Lemaire de la part de Robert de Montesquiou avec un poème, un flacon serti de rubis de la part du duc de Chartres, etc[5], sans oublier un bénitier d'émail offert par l'abbé Mugnier, confesseur d'Élaine et de sa mère. Marcel Proust offre une paire de pistolets dans un coffret en cuir...

Lors du mariage d’Élaine Greffulhe et d'Armand de Gramont, le 14 novembre 1904 en l'église de la Madeleine à Paris, un film d'une durée d'une minute 12 secondes avait été fait montrant les mariés et des invités descendant l'escalier de l'église[11].

Armand de Gramont (1879-1962) est issu de l'une des plus anciennes familles de la noblesse française. Ce fut un grand scientifique français spécialisé dans l'aérodynamique. Il fonda la société OPL « Optique et Précision de Levallois » et fut élu comme membre de l'Institut de France. Armand de Gramont était encore un excellent joueur de polo et fut l'un des instigateurs du polo de Cannes (avec le baron de Meyronnet Saint-Marc, le prince Ghika et le capitaine Joseph Jaubert) et le polo de Deauville (avec le baron Robert de Rothschild et le capitaine Jaubert).

De leur union naquirent cinq enfants:

  • Antoine (1907-1995)
  • Henri (1909-1994)
  • Jean (1909-1984)
  • Charles (1911-1976)
  • Corisande (1920-1980)

Plusieurs portraits de la famille de Gramont ont été réalisés par le talentueux portraitiste mondain Philip Alexius de László, très en vogue à cette époque, dont un représentant la gracieuse jeune duchesse de Guiche, née Élaine Greffhule. Elle se fit également portraiturer par Nadar.

La duchesse de Gramont n'avait pas la beauté de sa mère[7], mais elle était jolie dans sa jeunesse. Elle était de caractère doux et réservé et versifiait, pardonnant les écarts de son mari. Auteur de poèmes charmants dans son enfance, elle vécut dans l'ombre de son brillant époux après avoir passé sa jeunesse dans l'ombre de sa mère[8]. Elle faisait partie de divers comités de patronage de sociétés de musique.

Les archives des Greffulhe, alliés par mariage à la Maison de Gramont sont conservées aux Archives nationales sous les cotes 101AP/I[9] et 101AP/II[10]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne de Cossé-Brissac, La Comtesse Greffulhe, Paris, éd. Perrin, 1991
  • Laure Hillerin, La comtesse Greffulhe, L'ombre des Guermantes, Flammarion, 2014.
  • Éric Mension-Rigau, L'Ami du prince: Journal inédit d'Alfred de Gramont (1892-1915), éd. Perrin, Paris, 2011
  • (en) Duff Hart-Davis, Philip de László: his life and art
  • (en) Horace A. Laffaye, The Evolution of Polo
  • L'Intermédiaire des chercheurs et curieux - Volume 20, 1970
  • George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, 2de édition 1992

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anne de Cossé-Brissac, op. cité, p. 185
  2. C'est aujourd'hui la propriété d'un émir de Dubaï
  3. Anne de Cossé-Brissac, op. cité, p. 189
  4. http://data.bnf.fr/13954460/gabriel_faure_tantum_ergo__1904/
  5. a et b Anne de Cossé-Brissac, op. cité, p. 193
  6. Le Figaro, 15 novembre 1904
  7. « À dix-sept ans, elle est loin d'être aussi jolie que sa mère: elle tient plus de [son père] dont elle a hérité le solide bon sens et un sommeil de plomb. », in Anne de Cossé-Brissac, op. cité, p. 165
  8. Voir Laure Hillerin, op. cit., p. 293-304
  9. Archives nationales
  10. Archives nationales

11.↑ Ce film diffusé sur internet en février 2017 suscite une controverse pour savoir si l'on y voit réellement Marcel Proust ; lire à ce sujet cette analyse [archive] sur le site lefoudeproust.fr ainsi que https://imagesociale.fr/4157 [archive].