Église Saint-Martin de Léognan

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Église Saint-Martin de Léognan
Léognan04.jpg
Façade ouest et clocher (oct. 2008)
Présentation
Destination initiale
église
Destination actuelle
Style
Construction
XIIe siècle - XIXe siècle
Religion
Propriétaire
Commune
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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L'église Saint-Martin est une église catholique située à Léognan, en France[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située au centre du bourg de Léognan dans le département français de la Gironde.

Historique[modifier | modifier le code]

Une première chapelle a été construite à la fin du XIe siècle. Le plan était une croix latine, terminée à l'est par trois absides semi-circulaires. La nef a trois travées et l'abside est à neuf pans, avec double étage d'arcatures et de colonnes recouvrant la totalité du mur de chevet.

Une description détaillée du chevet donnée par Léo Drouyn est consultable (voir la bibliograpgie).


La chapelle était sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle allant de Bordeaux à Béliet. Les chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem accueillaient les pèlerins dans l'église et dans un hôpital, aujourd'hui disparu. La chapelle est devenu église paroissiale jusqu'en 1789, quand elle fut transformée en Temple de la Raison, et ses dépendances en prison. Au XIXe siècle l'état de délabrement est tel que l'architecte Jean-Baptiste Lafargue (1801-1866), conseillé par Eugène Viollet-le-Duc, n'a pu conserver que l'abside romane lors de la reconstruction, commencée en 1853.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862[1].

Vitraux[modifier | modifier le code]

L'église a été décorée au XIXe siècle de vitraux d'Henri Feur et de Gustave Pierre Dagrant

Orgue[modifier | modifier le code]

L'église possède un orgue construit par le facteur d'orgue Auguste Commaille en 1877. Il a été relevé en 1960 par la maison Boisseau en lui ajoutant 30 notes au pédalier. L'orgue est actuellement hors d'état de fonctionner[2].

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Saint Eutrope[modifier | modifier le code]

Saint Eutrope (VIe siècle) fut le premier évêque de Saintes et martyr. Son culte était sans doute véhiculé par les pèlerins de Compostelle, puisqu'il est présent à Saintes, Bordeaux et Léognan. La statue polychrome (150 cm) date du XVe siècle. Eutrope signifiant en grec 'bien tourné', la foi populaire a donné naissance à une procession particulière le jour de la fête du saint: Les femmes enceintes font 9 fois le tour de la châsse contenant des reliques du saint, le priant pour que l'enfant à naître soit bien constitué.

Chapiteaux romanes[modifier | modifier le code]

Les chapiteaux des fenêtres du chevet sont historiés[3].

Le premier chapiteau montre une femme nue, chauve, les jambes écartées, qui est entouré par quatre serpents. Deux serpents chuchotent dans ses oreilles; elle tient les deux autres dans ses mains tandis qu'ils tètent ses seins. Le symbole du serpent et la tentation de la femme est très ancien.

Sur le deuxième chapiteau on voit un homme avec un hache, sur le point de fracasser la tête d'une personnage debout. Il est probable que ce scène est le martyr de saint Eutrope qui est raconté dans l'article sur sa vie.(Il y a un chapiteau identique au portail de l'église saint Saturnin de Cardan).

Les troisième et quatrième chapiteaux sont plus difficiles à décrypter. Il y a un feuillage en face d'un chapiteau qui montre deux dragons qui sont dos-à-dos, leurs queues rentrantes et sexuées et qui happent deux oiseaux.

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Le thème de cracheurs de rinceaux ou Homme vert (le Green Man des anglais) est très ancien. À l'époque roman, sur les églises, ils étaient malfaisants par le flot de paroles mensongères qui sort symboliquement de leur bouches. Ici, sur le chapiteau (a) les figures ont des oreilles pointues, donc maléfiques, sur le chapiteau (b), les hommes sont accompagnés par des griffons, bêtes maléfiques.

Modillons de la corniche[modifier | modifier le code]

Le terme modillon désigne un support ornemental placé en saillie au faîte des murs afin de soutenir une corniche. l'ornement peut être géométrique ou figuratif. Les figures sont soit des animaux familiers, des animaux mythologiques, des monstres démoniaques ou des humains. Encore, les figures humaines peuvent représenter des activités telles que : jouer un instrument de musique, une activité de labeur ou une activité résolument sexuelle, ces représentions sont, à nos yeux, surprenant sur le chevet d'une église. Ces derniers types de modillons sont souvent désignés 'obscènes' ou 'impudiques'[4]. Ils sont là pour dénoncer aux pèlerins les péchés capitaux et de les entourer avec des êtes maléfiques.

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Sur l'église Saint-Martin, le péché de chair est représenté par un symbole phallique et par une sirène avec ses deux queues de poisson écartées comme des jambes; l'ivresse est représenté par le tonnelet de vin; l'avarice par un homme qui porte autour du cou une bourse et sur le dos un démon pose un tonnelet. Le lièvre ou lapin a un comportement sexuel débridé. Autour d'eux des êtres maléfiques. L'oiseau qui détourne sa tête est le caladrius, qu'avait au Moyen Âge la réputation de prophétie:"Si la maladie de l'homme est mortelle, l'oiseau détourne ses yeux". La maladie dont sont infectés les paroissiens et pèlerins est de nature morale, c'est le péché.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Église Saint-Martin », notice no PA00083591, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Association pour le développement de l'orgue en Aquitaine : Léognan, église Saint-Martin
  3. L'imagerie romane de l'Entre-deux-mers de Christian Bougoux, Bellus édition, Bordeaux 2006, (ISBN 978-2-9503805-4-9) édité erroné
  4. Petite grammaire de l'obscène : Églises du Duché d'Aquitaine XIe/XIIe siècles, par Christian Bougoux, Bellus éditions, Bordeaux 1992, (ISBN 2-9503805-1-4)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léo Drouyn, Église de Léognan, p. 434-441, Bulletin monumental, 1853 ( lire en ligne )
  • Jean-Auguste Brutails, Les vieilles églises de la Gironde, p. 138, 143, 191, 198, Feret & Fils, Bordeaux, 1912 ( lire en ligne )

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]