Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Châtenay-Malabry

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Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Châtenay-Malabry
92-Châtenay-Malabry-St-Germain-nord.jpg
L'église Saint-Germain l'Auxerrois.
Présentation
Destination initiale
culte catholique
Destination actuelle
culte catholique
Diocèse
Paroisse
Paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Propriétaire
Commune
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
2, rue du LavoirVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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L'église Saint-Germain-l'Auxerrois est une église de culte catholique située dans le centre-ville de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).

Dédiée à saint Germain d'Auxerre et dépendant du diocèse de Nanterre, elle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

Historique[modifier | modifier le code]

Sa construction remonte probablement à la fin du Xe siècle pour les parties les plus anciennes qui se situent à l'extrémité nord-est de l'édifice, à l'arrière du clocher là ou se trouve l'ancienne chapelle. La nef et le clocher ont été bâtis à la fin du XIe siècle et le dernier étage de l'édifice a été construit vers 1120 ou 1130. En 1504, l'église est réaménagée avec la création d'un escalier et d'une nouvelle chapelle. Par la suite, différents aménagement seront réalisés, notamment la reconstruction du chœur et la construction des collatéraux. La dernière restauration de l'église remonte à 1964.

Découvertes de 1732[modifier | modifier le code]

En creusant dans le chœur avant 1732, dix à douze tombeaux de plâtre furent découverts, dans chacun desquels il y avait au moins un pot de terre grise à petites bandes rouges, rempli de cendres et de charbon. Il y en avait quelquefois trois ou quatre et quelquefois aussi une petite fiole.

De semblables pots se trouvaient dans d'autres cercueils situés dans l'ancien cimetière de la paroisse, éloigné du village d'environ 560 m. Pierre de Clairambault (1651-1740), généalogiste des Ordres du Roi, en communiqua un exemplaire à la Compagnie de l'Académie, auquel il joignit une plaque de cuivre avec sa boucle, qu'on avait trouvée sur l'os d'un bras qu'elle avait carié et teint du vernis qui se forme sur ce métal. Il conserva les dessins de toutes ces pièces et les plans des lieux où l'on a trouvé ces tombeaux[2].

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

Parmi les personnalités qui fréquentèrent l'église figurent Adèle d'Osmond (1781-1866), comtesse de Boigne ayant sa maison de campagne à proximité de l'église[réf. nécessaire], Sully Prudhomme (1839-1907) qui y fut baptisé[réf. nécessaire], le philosophe catholique Emmanuel Mounier (1905-1945), fondateur de la revue Esprit, à l'origine du courant personnaliste en France[réf. nécessaire], et Henri-Irénée Marrou (1904-1977) philosophe historien spécialiste du christianisme et du socialisme[réf. nécessaire].

Architecture[modifier | modifier le code]

La porte d'entrée au nord possède un fronton orné des figures de saint Germain l'Auxerrois entouré de saint Loup de Troyes et de sainte Geneviève. Elle fut refaite en 1807[3].

La nef en partie romane est reprise au XIIIe siècle. Le chœur de plan carré est gothique, datant du troisième quart du XIIe siècle, restauré en 1964. Les chapiteaux à crochets sculptés sur colonnes engagées des piles du clocher, au nord du chœur, sont ornés de personnages et animaux à grosses têtes, dont un des personnages porte un sac de serpents qui lui mordent la poitrine et les personnages qui l'entourent soufflent dans des cors, des quadrupèdes affrontés, oiseaux de même, un avare. Sur le pilier sud de la nef figure un blason peint de Nicolas de Malézieux, seigneur de Châtenay, dont ne subsiste que la litre funéraire. Au XIIe siècle la chapelle sud est ajoutée et la nef surélevée avec l'agrandissement du chœur. La chapelle nord actuelle, à voûtes d'ogives possède une clef de voûte sur laquelle est inscrit la date de sa réalisation en caractères gothiques. Elle fut construite en 1504 ainsi que l'escalier du clocher.

Le clocher des XIe et XIIe siècles est divisé en trois étages auxquels on accède par un escalier à vis en châtaignier. le rez-de-chaussée à voûte d'arête est du XIe siècle. Le deuxième étage est de la même époque, percé d'une baie par face, avec corniche à modillons. Le troisième étage fut construit ente 1120 et 1130, composée de deux baies géminées à colonnes renforcées de contreforts, et chapiteaux sculptés dans le style des clochers romans d'Île-de-France et de Normandie à cette époque. Les modillons sculptés délimitent les deux étages.

Les fonts baptismaux en marbre datent du XVIIe siècle et ont changés plusieurs fois de place.

Orgue[modifier | modifier le code]

Un petit orgue du facteur d'orgue Patrick Collon est présent dans l'église depuis 1985. Sa composition est la suivante[4] :

I. Grand orgue
54 notes
Pédale
30 notes

Bourdon 8'
Flûte 4'
Prestant 4'
Doublette 2'
Sesquialtera II rgs
Cymbale III rgs

Pas de jeux

Un tremblant et une tirasse permanente complètent cette composition.

Organistes[modifier | modifier le code]

Curés[modifier | modifier le code]

Personnalités inhumés[modifier | modifier le code]

  • Nicolas de Malézieu (1650-1727), inhumé dans la nef de l'église, ainsi que le cœur de son fils Jacques Louis de Malézieu, mort à 21 ans.[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Église Saint-Germain-l'Auxerrois », notice no PA00088088, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Il se posa la question de l'usage de ces fioles et de ces pots et de le datation, ainsi que celle du début l'inhumation du public dans les églises. Jean Beleth (XIIe siècle) dans son Traité sur les cérémonies de l'église mentionne que l'usage de mettre de l'eau bénite, du charbon et de l'encens dans les tombeaux date de son temps : l'eau pour éloigner les démons, l'encens pour éloigner les mauvaises odeurs, les charbons pour indiquer que ce terrain ne doit plus servir aux travaux ordinaires. Il remarque que et usage se raréfiait du temps de Guillaume Durand, évêque de Mende (mort en 1286). De même pour la coutume d'enterrer dans ou hors de l'église, il précise qu'il n'y a que les corps saints ou réputés tels qui doivent y être enterrés. L'évêque ayant étendu cette permission, au XIIe siècle, jusqu'à la fin du XIIIe siècle, ces usages de n'enterrer que des corps saints dans l'église et de mettre dans les tombeaux des charbons et de l'encens avaient déjà un peu changé, mais qu'ils subsistaient encore. Les poteries découvertes datent probablement des premiers siècles du christianisme, ou du XIIIe ou XIVe siècle. Quant au fermoir ou agrafe avec sa boucle, il semble provenir un reliquaire placé au bras d'un prêtre (cf. collectif, Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres…, t.IX, Paris, 1736, pp. 179-181).
  3. Jean-Jacques Migne, Encyclopédie théologique, vol.29, Paris, 1849.
  4. « Les orgues de France », sur orgue.free.fr (consulté le 1er mai 2016)
  5. Abbé Paul Lieutier, Bourg-la-Reine, essai d'histoire locale, 1913 ; réédition en 2003, p. 252 (ISBN 2-84373-320-0).
  6. Lieutier, op. cit. pp. 263-264.
  7. Nicolas de Malézieux fréquenta l'église à l'occasion du baptême de la fille de son jardinier dont il fut le parrain et sa femme la marraine. Il fut également présent lorsque son fils Nicolas de Malézieu y célébra sa première messe, ainsi que lors de sa consécration comme évêque de Lavaur le et consacré en octobre à Chastenay par Fabio Brulart de Sillery, évêque de Soissons (cf. Armand Jean, Les évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu'à 1801, Paris et Mamers, p. 404).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome troisième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883 (réédition), 600 p. (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]