Église Saint-Denis de Tours

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Église Saint-Denis de Tours
Eglise St-Denis Tours.jpg
L'ancien chevet
Présentation
Type
Destination initiale
Destination actuelle
Salle de spectacle
Style
Construction
1188 ; reconstr. XVe siècle
Propriétaire
Ville de Tours
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Place de ChâteauneufVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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L'église Saint-Denis de Tours est une ancienne église affectée au culte catholique à Tours, dans le département d'Indre-et-Loire (France). Elle est située dans le quartier du Vieux-Tours, non loin de la basilique Saint-Martin de Tours. Fondée en 1188 et reconstruite au XVe siècle, elle a été fermée au culte en 1782.

Reconvertie en habitation, elle fait partie des monuments historiques depuis 1946 et accueille au XXIe siècle le Centre musical Jean de Ockeghem.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Denis se situe à Tours (Indre-et-Loire, France) dans l'angle nord-ouest de la place de Châteauneuf, à Tours, qui la sépare de la tour Charlemagne, vestige de l'ancienne basilique Saint-Martin de Tours. Reconvertie en centre musical, son accès s'effectue par une porte percée dans son chevet. Cette porte s'ouvre sur une cour commune avec l'hôtel des Ducs de Touraine.

Sa façade est visible, à l'ouest, depuis la rue du Change, en retrait entre deux habitations modernes au niveau du numéro 14.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Denis fut fondée en 1188 par Renaud, abbé de Pontlevoy[2] ; elle dépendait alors de cette abbaye, ce qui fut à l'origine d'un procès avec le chapitre des chanoines de Saint-Martin, qui n'avait pas délivré l'autorisation de construire. L'affaire se régla à l'amiable[3]. Au début du XIIIe siècle[4], elle fut érigée en paroisse[3] et entourée de son cimetière paroissial[5].

Elle fit l'objet d'une reconstruction totale vers la fin du XVe siècle[4], comme en témoignent des inscriptions à l'intérieur du bâtiment[3].

Par décret du , la paroisse Saint-Denis de Tours fut supprimée et rattachée à celle de église Saint-Pierre-le-Puellier de Tours[6]. Cette décision avait été prise par Mgr de Conzié, archevêque de Tours, qui souhaitait une simplification de la carte ecclésiastique[7],[Note 1]. L'église fut désaffectée, louée à un boulanger[8]. puis servit d'écurie à l'hôtel de la Croix-Blanche voisin (hôtel des Ducs de Touraine). Elle fut vendue comme bien national en 1791[4].

L'ancienne église Saint-Denis fut restaurée vers 1930 : ses voûtes furent refaites et un plancher la sépara en deux étages, l'étage supérieur servant de salle de bal à l'hôtel de la Croix-Blanche[7].

Par arrêté du , l'église Saint-Denis de Tours fut portée sur la liste des monuments historiques en tant qu'édifice inscrit[1].

Une ultime restauration, intérieure comme extérieure, eut lieu dans les années 1980 et permit de dégager la façade est de l'église de constructions qui avaient pris appui sur elle[4] ; elle déboucha sur la transformation de l'ancienne église en centre musical, l'étage étant dévolu à une salle de spectacle alors que le rez-de-chaussée accueille un conservatoire de musique pour adultes[7]. La ville de Tours est, en 2014, propriétaire du bâtiment.

Architecture[modifier | modifier le code]

Baie de la façade ouest de l'église.

L'édifice de ce début de XXIe siècle n'est pas antérieur au XVe siècle et l'architecture de l'édifice primitif du XIIe siècle n'est pas connue.

Extérieurement seules sont visibles les façades est et ouest de l'église. La façade est se compose d'un chevet plat percé au rez-de-chaussée de la porte d'accès à l'édifice ; plus haut, une grande baie en arc brisé éclaire le premier étage au-dessus du plancher moderne. Côté ouest, un haute baie gothique laisse encore apparaître l'amorce des remplages qui soutenaient sa rosace. Au niveau de l'arc brisé qui la couronne, une gargouille appartenant à l'église émerge d'un mur moderne qui a couvert l'ancienne construction.

Intérieurement, l'église Saint-Denis se compose d'une nef à trois travées voûtées sur croisées d'ogives ; cette nef se termine à l'est par un chevet plat sans interposition d'un transept[3]. Côté sud, la nef est flanquée d'un collatéral composé de trois chapelles voûtées comme la nef, chaque chapelle correspondant à une travée de la nef. Deux dates, 1482 et 1483, gravée sur les parois de l'une des chapelles, sont interprétées comme les années de leur construction[3],[7]. Des vestiges d'une fresque du XVe siècle subsistent sur le mur oriental du collatéral : ils représentent des scènes pieuses dont certains personnages ont été identifiés : Dieu, Adam et Ève[3].

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Bernard Chevalier (dir.), Histoire de Tours, Toulouse, Privat, , 415 p. (ISBN 2 70898 224 9) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Henri Galinié (dir.), Tours antique et médiéval. Lieux de vie, temps de la ville. 40 ans d'archéologie urbaine, Tours, FERACF, , 440 p. (ISBN 978 2 91327 215 6).
  • Robert Ranjard, La Touraine archéologique, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, , 735 p. (ISBN 2 85554 017 8) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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La salle Jean de Ockeghem sur le site de la ville de Tours

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au XVIIIe siècle, quatre églises paroissiales se trouvaient dans un rayon de 200 m à Tours : Notre-Dame-de-l'Écrignole, Saint-Denis, Sainte-Croix et Saint-Pierre-le-Puellier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00098150, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Charles Lelong, Propsérité de Châteauneuf, p. 74.
  3. a b c d e et f Ranjard, p. 76.
  4. a b c et d Notice no IA00071210, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Henri Galinié, La Cité de Tours et Châteauneuf : les données premières, p. 30.
  6. « Archives ecclésiastiques antérieures à 1790 - Série G Archevêché, chapitre de l'église cathédrale… – G 1345 », Archives départementales d'Indre-et-Loire,‎ , p. 46 (lire en ligne [PDF]).
  7. a b c et d « La salle Jean de Ockeghem », sur le site de la ville de Tours (consulté le 6 décembre 2014).
  8. Charles Loizeau de Grandmaison, « Archives ecclésiastiques antérieures à 1790 - Série G Clergé séculier – G 1010 », Archives départementales d'Indre-et-Loire,‎ 1882, réimpression 1993, p. 315 (lire en ligne [PDF]).