Église Saint-Pierre-le-Puellier de Tours

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Église Saint-Pierre-le-Puellier de Tours
Image dans Infobox.
Vue générale des vestiges
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
habitation
Style
Gothique primitif et gothique
Propriétaire
personne privée
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
7, place PlumereauVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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L'église Pierre-le-Puellier de Tours, située à Tours dans le Vieux-Tours en France, est une ancienne église catholique, collégiale d'une ancienne abbaye dont l'origine remonte probablement au VIe siècle ; la construction de l'église gothique, dont ne subsistent plus que des vestiges, remonte au XIIe siècle.

Elle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1946.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre-le-Puellier se situe dans le quartier communément appelé Vieux Tours, à mi-chemin entre le quartier de Saint-Martin et la Loire, au nord de la place Plumereau. Ce secteur a très probablement été occupé dès la fondation de Caesarodunum, la ville romaine qui a précédé Tours, au tout début de l'ère chrétienne.

Le site avant les bâtiments religieux[modifier | modifier le code]

Photo A : La fosse de fouilles de Saint-Pierre le Puellier.

La ville de Caesarodunum a été fondée au début de notre ère, probablement vers l'an 15. c'est de cette époque que datent les premiers vestiges retrouvés sur le futur site de l'église Saint-Pierre le Puellier, sous forme de traces de murs et de tessons de céramique ; leur affectation précise n'est pas définie ; à cette époque, le site se trouve en bord de Loire. Vingt ans plus tard environ, un grand bâtiment est construit au même emplacement, peut-être un établissement thermal[2] (Photo A, repère 1). Au IIe siècle, le site est réorganisé et les bâtiments ont une fonction artisanale : on pense à des tanneries réutilisant les anciennes piscines des thermes[3]. Un siècle plus tard, le site est abandonné ou en tout cas ne fait plus l'objet d'une occupation régulière[4].

L'histoire du monastère[modifier | modifier le code]

La fondation d'un monastère au même emplacement est généralement attribuée à la reine Clotilde, mais aucune source ne l'atteste[5]. Ce monastère aurait occupé l'emplacement de la cellule de sainte Monégonde ; il est destiné à accueillir de jeunes femmes. Au VIIIe siècle, l'abbaye de moniales de Saint-Pierre-le-Puellier est attesté[6] ; son nom est une évolution du terme latin puellarum (jeunes femmes) pour désigner ses occupantes. Elle apparaît, au début du IXe siècle, comme un ensemble satellite de l'abbaye de Saint-Martin qui s'est fondée au Ve siècle[7]. Au début du Xe siècle, des remblaiements successifs, au nord du monastère, repoussent la rive de la Loire et permettent le gain de nouveaux terrains[8]. Vers 950, une activité commerciale est attestée à proximité ou au sein du monastère avec la fabrication de médailles de pèlerinage, retrouvées sur site[9].

Une évolution importante s'amorce vers le milieu du XIe siècle : Saint-Pierre-le-Puellier est élevée au rang de paroisse ; c'est alors que vont s'implanter des sépultures dans la partie nord de l'enclos monacal[10], dans des coffrages en bois. Dans la seconde partie du XIe siècle, le cimetière s'étend vers le nord, aux dépens d'un atelier de chaufournier qui s'était installé à ce niveau[11] ; les coffrages en bois sont alors remplacés par des sarcophages anthropomorphes en pierre[12],[Note 1] (photo A, repère 3). En 1073, l'église paroissiale Saint-Pierre-le-Puellier est érigée en collégiale[13]. Saint-Pierre-le Puellier est cité en tant que bourg pour la première fois en 1108[14]. Entre 1170 et 1180 a lieu la construction d'une nouvelle église, dans le style gothique angevin[15]. En 1199, des lettres patentes de Philippe Auguste autorisent les religieux de Saint-Pierre-le-Puellier à pratiquer le jugement « de l'eau et du feu »[16]. Aux XIIe et XIVe siècles, alors que des aménagements des bords de Loire ont eu lieu[17], le cimetière paroissial continue d'être utilisé ; on note toutefois une évolution du rite funéraire avec le retour des inhumations dans des coffrages en bois[18]. En 1406, la collégiale est agrandie ; dix ans plus tard, c'est le cloître du monastère qui est reconstruit[16].

Le jardin archéologique.

L'histoire du monastère pour les siècles suivants est moins bien connue. On sait toutefois qu'en 1562, les Huguenots pillent les édifices religieux de Tours, dont Saint-Pierre-le-Puellier ; les cendres de sainte Monégonde, qui y étaient conservées, disparaissent alors[6]. Au XVIIIe siècle, le cimetière paroissial est toujours présent[19] et Saint-Pierre-le-Puellier élargit son domaine au détriment d'autres paroisses supprimées, comme Saint-Denis (décret du )[20]. Le 7 décembre 1791, le monastère Saint-Pierre-le-Puellier est vendu comme bien national après dispersion des religieux[16] ; les nouveaux propriétaires démolissent les bâtiments, dont une grande partie de l'église[1] ; les décombres sont probablement revendus comme matériau de construction. Entre 1968 et 1972, dans le cadre d'un projet de réhabilitation du vieux Tours, une campagne de fouilles intéresse l'ancien cloître de l'abbaye[19] ; les vestiges antiques et médiévaux mis au jour sont laissés à l'air libre, la fosse de fouille étant transformée en jardin archéologique.

Architecture de l'église[modifier | modifier le code]

Détail des arcades sauvegardées de l'église.

On ignore tout de la ou des premières églises qui ont été bâties à Saint-Pierre-le Puellier.

L'édifice le plus récent fut mis en chantier vers 1170 et terminé environ dix ans plus tard. Construit en style gothique angevin, il devait comporter une nef accompagnée de collatéraux simples, d'un transept et d'un chœur orienté à l'est terminé par un chevet plat ; une tour devait se dresser à la croisée du transept[1],[16]. L'église fut agrandie à la charnière du XIVe et du XVe siècle ; c'est de cette phase de construction que date une salle voûtée[21] épargnée par les destructions ultérieures. Seule une partie du collatéral nord subsiste ; des murs ont été construits à l'est et à l'ouest, prenant appui sur les arcades du collatéral et transformant l'unique travée sauvegardée en habitation ; un immeuble, construit à l'ouest à la place de la première travée du collatéral, conserve quelques vestiges des murs de l'église. Les chapiteaux apparents à l'est de l'édifice sont demeurés dans leur état d'origine[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un sarcophage anthropomorphe est constitué d'un alignement de pierres disposées de part et d'autre du corps de manière à en épouser la forme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Notice no PA00098155, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Henri Galinié en collaboration avec Jacques Seigne et Christian Theureau, La fouille du site de Saint-Pierre-le-Puellier, p. 55-56.
  3. Henri Galinié en collaboration avec Jacques Seigne et Christian Theureau, La fouille du site de Saint-Pierre-le-Puellier, p. 57 (photo A, repères 2).
  4. Henri Galinié en collaboration avec Jacques Seigne et Christian Theureau, La fouille du site de Saint-Pierre-le-Puellier, p. 58.
  5. Chevalier (dir.), p. 60.
  6. a et b Elisabeth Lorans, Les édifices chrétiens d'après Grégoire de Tours, p. 287.
  7. Henri Galinié et Elisabeth Lorans, La Cité et l'agrégation autour de Saint-Martin ; l'espace urbain vers 800, p. 372.
  8. Nathalie Carcaud, Manuel Garcin et Joëlle Burnouf, L'interfluve entre Loire et Cher, petite échelle et longue durée, p. 395.
  9. Henri Galinié, Elisabeth Lorans et Hélène Noizet, La Cité de Tours et le castrum Saint-Martin ; l'espace urbain vers 950, p. 382.
  10. Henri Galinié, Elisabeth Lorans et Hélène Noizet, La Cité de Tours et Châteauneuf ; l'espace urbain vers 1050, p. 389.
  11. Henri Galinié en collaboration avec Jacques Seigne et Christian Theureau, La fouille du site de Saint-Pierre-le-Puellier, p. 59.
  12. Elisabeth Lorans et Lara Tremblay, les contenants dans les tombes, p. 226-227.
  13. « Chapitre de la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier. Tours », sur le site data.bnf.fr de la Bibliothèque nationale de France (consulté le 28 août 2014).
  14. Chevalier (dir.), p. 76.
  15. Chevalier (dir.), p. 78.
  16. a b c et d Ranjard, p. 100.
  17. Chevalier (dir.), p. 42
  18. Henri Galinié en collaboration avec Jacques Seigne et Christian Theureau, La fouille du site de Saint-Pierre-le-Puellier, p. 60.
  19. a et b « Atlas archéologique / Tours / Saint-Pierre-le-Puellier », sur le site de l'INRAP (consulté le 29 août 2014).
  20. « Archives ecclésiastiques antérieures à 1790 - Série G Archevêché, chapitre de l'église cathédrale… – G 1345 », Archives départementales d'Indre-et-Loire,‎ , p. 46 (lire en ligne [PDF]).
  21. a et b Ranjard, p. 101

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Bernard Chevalier (dir.), Histoire de Tours, Toulouse, Privat, , 415 p. (ISBN 2-7089-8224-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Henri Galinié (dir.), Tours antique et médiéval. Lieux de vie, temps de la ville. 40 ans d'archéologie urbaine, Tours, FERACF, , 440 p. (ISBN 978-2-913272-15-6). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Robert Ranjard, La Touraine archéologique : guide du touriste en Indre-et-Loire, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, , 735 p. (ISBN 2-85554-017-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]