Vampirisme clinique

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Le vampirisme clinique est un comportement observé de manière rare et qui consiste en l'ingestion de sang humain, le sien propre (auto-vampirisme) ou celui d'autrui. Ce comportement est généralement le symptôme d'une maladie mentale.

Description[modifier | modifier le code]

La rareté avec laquelle ce comportement est observé rend difficile et aléatoire toute conclusion quant à sa signification selon Bourguignon. Cependant, la rareté alléguée généralement n'est peut-être pas certaine dans la mesure où seuls les « cas spectaculaires » sont publiés[1]. Il n'existe pas à ce jour d'estimation de sa fréquence.

La plupart du temps, cependant, les auteurs soulignent que ce comportement est associé à une fascination pour le sang, des tendances sadiques, nécrophiles, et cannibales. On le retrouverait le plus souvent au cours des psychoses, notamment de la schizophrénie, ainsi qu'au cours des psychopathies, des paraphilies et pathomimies[2]. Ainsi, il est vraisemblable que la signification que vient prendre ce comportement soit différente selon qu'il s'agit d'auto-vampirisme ou de vampirisme, et selon la pathologie associée : dans la paraphilie, ce serait un support d'excitation sexuelle, dans la psychose ces actes seraient pris dans un réseau d'idées délirantes.

Quelques exemples[modifier | modifier le code]

Les cas décrits dans la littérature scientifique sont rares.

  • Halévy a décrit le cas d'un patient qui consultait de manière répétée pour une anémie et qui s'est révélé pratiquer l'auto-vampirisme[3].
  • Jensen a rapporté en 2002 un cas d'auto-vampirisme chez une patiente de 35 ans, atteinte de schizophrénie et pour laquelle ce comportement faisait partie d'un rituel délirant de purification[4].
  • Une autre équipe a rapporté une série de trois cas[5].

Le syndrome de Renfield (Noll, 1992)[modifier | modifier le code]

La première édition du Dracula de Bram Stoker en 1897

En 1992, le psychologue et auteur américain Richard Noll, proposa dans un livre[6] de renommer ce syndrome de fétichisme sanguin et sexuel en syndrome de Renfield en l'honneur du personnage présent dans le "Dracula" de Bram Stoker qui présentait les mêmes signes et symptômes classiques de ce désordre. Dans le roman, Renfield consomme effectivement des animaux vivants, dans l'espoir de se remplir de leur énergie vitale. D'après Noll, la grande majorité des patients sont des hommes, et la maladie évolue en quatre stades :

  1. Le premier stade survient généralement durant l'enfance. À la suite d'un incident mineur avec blessure(s), l'enfant découvre qu'il peut être excitant de boire du sang, le sien.
  2. Cela peut mener au second stade qui est l'auto-vampirisme. C'est le plaisir qu'éprouve un individu à boire son propre sang.
  3. Il y a aussi le troisième stade qu'on appelle la zoophagie. Il s'agit de la consommation d'animaux, non-humain, pour boire leur sang. Les vampires zoophagiques recherchent particulièrement les animaux de compagnie tel le chat et le chien.
  4. Le stade le plus avancé est le vampirisme clinique où l'on boit le sang d'autres humains. Certaines personnes qui ont atteint ce stade s'infiltrent dans les hôpitaux pour voler le sang entreposé dans les banques de sang. Ce phénomène pourrait être impliqué chez plusieurs meurtriers en série.

Depuis, ce terme a été repris avec succès dans la sous-culture gothique.

Syndrome de Renfield versus Vampirisme clinique[modifier | modifier le code]

Néanmoins, selon l'auteur Stéphane Desbrosses[7], cette proposition tend à accentuer une confusion classique dans le cas de symptômes pathognomoniques, entre le symptôme principal et le syndrome. Tandis que le syndrome de Renfield représente une constellation de signes cliniques (dont le vampirisme clinique, dans les formes graves), le vampirisme clinique désigne quant à lui un symptôme que l'on rencontre en dehors de la description clinique du syndrome de Renfield, par exemple, dans les cas de pathologies d'allure psychotique dont le personnage Renfield pourrait par ailleurs être un exemple.

Usage métaphorique du terme en psychologie[modifier | modifier le code]

Certains auteurs en psychologie utilisent le terme vampirisme dans un sens métaphorique pour désigner les processus de manipulation utilisés par les agresseurs sexuels pour assujettir leurs proies[8].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Bourguignon A. Status of vammpirism and of auto-vampirism. Ann. Méd-Psychol 1977;1:191-196
  2. Jaffe PD, DiCataldo F. Clinical vampirism: blending myth and reality.Bull Am Acad Psychiatry Law1994;22(4):533-44
  3. Halevy A, Levi Y, Shnaker A, Orda R. Auto-vampirism--an unusual cause of anaemia. J R Soc Med. 1989 Oct;82(10):630-1.
  4. Jensen HM, Poulsen HD. Auto-vampirism in schizophrenia. Nord J Psychiatry 2002;56(1):47-8
  5. Hemphill RE, Zabow T. Clinical vampirism. A presentation of 3 cases and a re-evaluation of Haigh, the 'acid-bath murderer' S Afr Med J 1983 Feb 19;63(8):278-81.
  6. "Vampires, Werewolves & Demons. Twentieth Century Reports in the Psychiatric Literature." Richard Noll. Brunner/Mazel Publishing, Inc. New York, New York. 1992. ISBN 0-87630-632-6.
  7. Desbrosses S. (2011). "Vampirisme clinique et syndrome de Renfield". Psychoweb.fr
  8. Lopez G. Le vampirisme au quotidien Editions L’esprit du temps, réédition 2004. ISBN 2913062709

Liens externes[modifier | modifier le code]