Végétalisation

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Les « bandes enherbées » des mesures agro-environnementales luttent efficacement contre l'érosion, diminuent la pollution de l'eau et offrent une zone d'expansion de crue. Elles peuvent être extensivement pâturées et/ou fauchées, et jouent éventuellement aussi un rôle de corridors biologiques si elles ne sont pas polluées ni trop isolées d'autres éléments naturels du paysage

La notion de végétalisation (ou revégétalisation) décrit :

  • un processus volontaire de replantation et de reconstruction du sol des terrains perturbés par l'homme ou suite à une catastrophe naturelle.

Techniques de végétalisation[modifier | modifier le code]

Il peut s'agir de simples plantations (« Génie végétal »), ou d'un processus plus complexe de « génie écologique » visant à accélérer les processus naturels, par exemple pour réparer les atteintes portées à un paysage à la suite d'un incendie, une pollution, d'une exploitation minière, d'inondations, d'un glissement de terrain, de coulées de boue, d'une agriculture intensive ayant conduit à des phénomènes de semelle de labour, de désertification ou de salinisation, etc.

Les premières opération de végétalisation consistaient généralement à épandre des semences et parfois des engrais (synthétiques ou naturels) en surface des terrains à traiter.

Boudins en fibre de coco pour le maintien et la revégétalisation des berges, origine Pays-Bas.
Mise en place des boudins de renforcement en fibre de coco pour la restauration des berges. Parc Jean-Jacques-Rousseau, Mars 2011
Haie de saules incorporant des fascines en fagots pour stabiliser des terrains soumis au ruissellement, Pas-de-Calais, France

Dans l'hémisphère Nord, et en zone tempérée, il s'agit en général de semences de graminées et/ou de légumineuses (dont trèfle) qui ont la propriété de rapidement ré-enrichir le sol en azote et en matière organique propice à une meilleure rétention et infiltration de l'eau. Le réseau fibreux des racines de graminées contribuant ensuite à fixer durablement cette matière organique, à augmenter la réserve en eau du sol, et à limiter ou complètement bloquer à moyen terme l'érosion des sols, sauf sur les très fortes pentes.

La restauration de berges de cours d'eau à fort courant (ou artificialisées) implique le recours à des plantes ligneuses. Un tressage de tiges coupées mais vivantes de saules peut permettre (en zone tempérée) la restauration rapide (en quelques mois) d'une première ripisylve, avant installation d'autres espèces. En zone équatoriale ou tropicale, d'autres espèces, à choisir localement, sont appropriées.

Des techniques plus complexes (génie écologique) et parfois nouvelles comme le bois raméal fragmenté (BRF) sont expérimentées, ainsi que des techniques s'apparentant à des « greffes de sol » ou « greffes de berges » très efficaces pour la restauration rapide de berges, de pente et de zones humides. Des mélanges adaptés de graines et de champignons et bactéries peuvent être projetés avec une colle biodégradable sur des parois (falaises de carrières ou chantiers, bermes routières ou de voies ferrées, etc.) pour leur recolonisation accélérée par la végétation. Le néobocage ou les bandes enherbées font partie des techniques encouragées par l'Europe dans le cadre des Mesures agro-environnementales

Symbioses[modifier | modifier le code]

Les scientifiques ont découvert que la plupart des plantes poussent mieux ou ont un impérieux besoin de pousser et vivre avec des organismes symbiotes (bactéries fixatrices d'azote, champignons mycorhiziens). On cherche à les identifier pour les incorporer lors de l'ensemencement, dont l'efficacité augmente alors.

Les plantes semées ou de pépinières transplantées manquent généralement de la communauté d'espèce nécessaire à leur bonne survie, et elles ne sont pas forcément adaptées à leur futur milieu. Des différences régionales et locales de populations ectomycorhiziennes expliquent certains échecs ou succès spectaculaires de revégétalisation, notamment dans les zones difficiles (arides, salées, polluées, etc.)

De même, dans le cas des arbres et buissons, les engrais placé au fond des trous de plantation, et l'arrosage très abondant s'ils permettent une reprise apparemment plus rapide produisent des arbres dont le tissu racinaire s'est mal étendu, qui résistent mal au vent et aux sécheresse. Sans engrais et avec un arrosage minimal ou profond, les racines s'enfoncent ou s'étalent, en fixant mieux à la fois l'arbre et le sol qu'on veut protéger de l'érosion.

Biodiversité et espèces locales[modifier | modifier le code]

Ce sont deux facteurs de réussite à long terme.

La diversité (en essence, espèce, populations, gènes..) des espèces rend leurs communautés plus résilientes et stables face aux aléas (climatiques, maladie, stress dû à la pollution, etc).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Lire[modifier | modifier le code]

"Revegetation in Alaska: Usibelli, seeds & topsoil, and mycorrhizae," Dot Helm. Agroborealis (37:2) 4-15.