Soufrière (Saint-Vincent)

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Soufrière
La Soufrière en 2005.
La Soufrière en 2005.
Géographie
Altitude 1 220 m
Massif Île de Saint-Vincent
Coordonnées 13° 20′ N 61° 11′ O / 13.33, -61.1813° 20′ Nord 61° 11′ Ouest / 13.33, -61.18  
Administration
Pays Drapeau de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Saint-Vincent-et-les Grenadines
Paroisses Charlotte, Saint-David
Géologie
Type Volcan gris
Activité Actif
Dernière éruption 13 avril 1979 - fin octobre 1979
Code 1600-15=
Observatoire University of the West Indies

Géolocalisation sur la carte : Saint-Vincent-et-les-Grenadines (relief)

(Voir situation sur carte : Saint-Vincent-et-les-Grenadines (relief))
Soufrière

Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

(Voir situation sur carte : Petites Antilles)
Soufrière

La Soufrière, également appelé Soufrière de Saint-Vincent, est un volcan de Saint-Vincent-et-les-Grenadines situé sur l'île de Saint-Vincent[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La Soufrière est situé dans les Petites Antilles, dans l'État de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, dans le nord de l'île principale de Saint-Vincent, à l'opposé de la capitale Kingstown située dans le sud de l'île. Faisant partie des paroisses de Saint-David à l'ouest et de Charlotte à l'est, la montagne est entourée par les villes de Wallibou et de Chateaubelair au sud-ouest, Fancy au nord, Orange Hill et Georgetown au sud-est ainsi que le pic Richmond et le mont Brisbane au sud[2]. La Soufrière est le volcan aérien le plus septentrional de Saint-Vincent-et-les-Grenadines[1] et le seul actif de l'île de Saint-Vincent[2].

Topographie[modifier | modifier le code]

Culminant à 1 220 mètres d'altitude, la montagne est formée d'un volcan somma dont le cône principal est couronné par un cratère de 1,6 kilomètre de diamètre dont le rebord nord-est est entaillé par un autre cratère plus petit[1],[3]. Ce cône est entouré au nord et à l'est par le rebord d'une caldeira de 2,2 kilomètres de diamètre, point culminant du volcan[4], qui est connectée à un autre escarpement partant en arc de cercle de la caldeira pour rejoindre la mer des Caraïbes[1],[3].

Géologie[modifier | modifier le code]

Les éruptions de la Soufrière sont majoritairement explosives, d'indice d'explosivité volcanique de 0 à 4 avec la production de panaches volcaniques, de nuées ardentes et de lahars ce qui classe ce volcan parmi les volcans gris engendrés par une subduction[5]. Ces éruptions ont recouvert en grande partie le nord de l'île de Saint-Vincent de dépôts pyroclastiques tels que des cendres, des scories et d'autres téphras qui ont parfois été remaniés en formant des lahars[2]. Les coulées de lave sont quant à elles moins fréquentes et datent toutes du Pléistocène[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Activité éruptive[modifier | modifier le code]

L'activité volcanique de la Soufrière a débuté il y a 4 300 ans avec des éruptions explosives qui ont produit des dépôts pyroclastiques couvrant le nord de l'île de Saint-Vincent[1]. La première éruption répertoriée par des Occidentaux remonte à 1718 et sept autres suivirent jusqu'à celle du 13 avril au 26 octobre 1979, la dernière éruption en date du début de l'année 2008[5].

Deux grandes éruptions d'indice d'explosivité volcanique de 4 se sont produites sur la Soufrière[5]. La première qui s'est déroulée du 27 avril au 9 juin 1812 dans le cratère principal a été à l'origine de la création du petit cratère situé au nord-est du principal[5],[1]. Un total de 550 millions de mètres cubes de téphra ont été émis sous la forme de panaches volcaniques et de nuées ardentes ayant engendré des lahars qui ont entraîné des dégâts matériels ainsi que des morts malgré l'évacuation de la population[5]. La seconde s'est déroulée du 30 mars au 6 mai 1902 dans le cratère principal avec des explosions phréato-magmatiques[5]. Similaire dans ces effets et conséquences à l'éruption de 1812, un total de 380 millions de mètres cubes de téphra sont émis sous la forme de de panaches volcaniques et de nuées ardentes recouvrant le nord de l'île et ayant engendré des lahars et des tsunamis qui ont entraîné là aussi des dégâts matériels et 1 600 morts en dépit de l'évacuation de la population[6],[5],[1]. Il est remarquable de noter que cette éruption s'est déroulée quelques jours seulement avant l'éruption dévastatrice de la montagne Pelée de la Martinique, située sur le même arc de subduction.

L'éruption du 4 octobre 1971 au 20 mars 1972 voit la formation d'un dôme de lave andésitique et basaltique d'un volume de 80 millions de mètres cubes de lave dans le cratère principal ainsi que la formation d'un panache volcanique s'élevant à vingt kilomètres d'altitude[5],[1],[6]. Ce dôme de lave devient une île lorsqu'un lac d'eau chaude (plus de 81 °C[7]) se mit en place dans le cratère[1]. Le dôme s'accroît jusqu'à mesurer 68 m de hauteur[7]. Mais lac et dôme de lave disparaissent au cours de l'éruption du 13 avril au 26 octobre 1979, suite à une série d'explosions phréato-magmatiques[7]. Cette phase éruptive permet la mise en place d'un nouveau dôme de lave d'un volume de 47 millions de mètres cubes de lave[5],[1] soit 130 mètres de hauteur pour un diamètre de plus de 840 mètres[4]. Ce dôme de lave présente sur un de ces flancs une zone de fumerolles toujours active depuis l'éruption[2].

Surveillance[modifier | modifier le code]

Cette activité éruptive récente et explosive ont contraint les autorités saint-Vincentaise et Grenadins à surveiller la Soufrière via un observatoire volcanologique géré par l'université des Indes occidentales qui dispose de plusieurs stations GPS réparties sur l'île de Saint-Vincent dont deux à proximité immédiate du cratère principal, de sismomètres répartis sur l'ensemble de l'île ainsi que de gravitomètres dans le nord de l'île et qui procède aussi à des échantillonnages et des analyses de gaz volcaniques[2]. L'observatoire a également dressé une carte du risque volcanique pour l'île de Saint-Vincent, risque augmentant au fur et à mesure que l'on s'approche du nord de l'île, donc de la Soufrière[2].

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Global Volcanism Program - Soufrière St. Vincent
  2. a, b, c, d, e, f et g (en) University of the West Indies - St.-Vincent
  3. a et b (en) Oxford journals - Magmagenesis at Soufriere Volcano, St Vincent, Lesser Antilles Arc ; Chap. Geological History
  4. a et b (en) Global Volcanism Program - Photos
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Global Volcanism Program - Histoire éruptive
  6. a et b (en) WolcanoWorld - Soufriere, St. Vincent, West Indies
  7. a, b et c (fr) Mauro Rosi, Paolo Papale, Luca Lupi, Marco Stoppato, 100 volcans actifs dans le monde, Paris, Delachaux et Niestlé,‎ 2000, réimpression 2008, 335 p. (ISBN 978-2-603-01398-4), p. 316-317