Raphaël Baroni

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Raphaël Baroni[1], né en Suisse le 17 octobre 1970, est un narratologue spécialisé dans l’étude de l'intrigue, de la tension narrative et des rapports entre temps et récit. Il est professeur associé de didactique à l’Université de Lausanne. Il est actuellement l’un des représentants de la narratologie post-classique en France.


Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de lettres et un DES en anthropologie des discours, Raphaël Baroni a enseigné le français à l'Université du Michigan (EU). En 2003, il a été invité à Paris par le CRAL (EHESS-CNRS) où il a terminé la rédaction de sa thèse de doctorat, qui a obtenu un prix de Faculté de l'Université de Lausanne en 2006 et a été publiée dans la collection « Poétique » du Seuil en mars 2007. Son deuxième ouvrage, intitulé L'Œuvre du temps, a été publié en 2009 dans la même collection.

Dans ses travaux, Baroni renouvelle la poétique de l'intrigue en mettant en avant le caractère dynamique et dialogique du récit et l'intrication entre cognition et émotion dans son actualisation par un interprète. L'accent est mis sur la tension narrative et les effets de curiosité, de suspense ou de surprise qui constituent l'intérêt des récits intrigants. Plus récemment, l'étude des rapports entre temps et littérature a amené Baroni à approfondir sa critique envers les modèles structuralistes : il conteste notamment la clôture textuelle, la séparation entre narratologie modale (Genette) et narratologie thématique (Bremond, Greimas) et la tendance à réduire l'intrigue à une forme immanente de l'histoire. Il en est venu également à s'interroger sur les dimensions éthique et aléthique de la fiction en les mettant en relation avec la polyphonie constitutive de l'énonciation romanesque. Son dernier ouvrage propose une mise à jour, par le biais d'une poétique comparée des genres narratifs, des propositions de Paul Ricoeur concernant les rapports entre l'expérience phénoménologique du temps et sa réarticulation narrative. Dans ce nouveau cadre interprétatif, l'intrigue du récit de fiction peut être contrastée avec les récits de nature explicatives qui visent à configurer la temporalité plutôt qu'à en explorer les méandres. Par ailleurs, une continuité entre l'expérience brute de la temporalité, la narrativité et l'expérience esthétique peut être envisagée.

Outre ses collaborations avec le CRAL (Centre de recherches sur les arts et le langage), Baroni dirige avec Thérèse Jeanneret un groupe de recherche (GReBL) à l'Université de Lausanne qui étudie les biographies langagières. Il participe également à un groupe de recherche dirigé par Françoise Revaz à l'Université de Fribourg (LARP) dont les travaux portent sur l'analyse du récit de presse écrite et plus particulièrement sur les feuilletons médiatiques. Actuellement, il est professeur associé à l'École de français langue étrangère de l'Université de Lausanne.

Il participe aux comités de rédaction de la revue Vox Poetica[2] et de la revue A Contrario[3]. Il collabore également aux comités de lecture de la revue Les Cahiers de narratologie[4] de la revue "Comicalités" et de la collection ThéoCrit' aux éditions Peter Lang.

En janvier 2010, il a fondé avec Françoise Revaz (Université de Fribourg, Suisse), le Réseau romand de narratologie (RRN)[5].

En septembre 2011, il a publié son premier recueil de fictions aux éditions Antipodes[6], sous le titre Les Villes englouties[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baroni R.,Les Villes englouties, Lausanne, Antipodes, 2011.
  • Baroni R.,L'Œuvre du temps, Paris, Seuil, coll. Poétique, 2009.
  • Baroni R.,La Tension narrative : suspense, curiosité et surprise, Paris, Seuil, coll. Poétique, 2007.
  • Baroni R., Macé M. (dir.), Le Savoir des genres, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007.
  • Baroni R., Meizoz J., Merrone G. (dir.), Littérature et sciences sociales dans l'espace romand. Lausanne, Antipodes, 2006.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
  4. [4]
  5. [5]
  6. [6]
  7. [7]