Outil interrogatif

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En grammaire, un outil interrogatif est une catégorie de mot-outil servant à marquer :

  • soit une phrase interrogative, c'est-à-dire, une interrogation directe (suivie d'un point d'interrogation, donc) :
Paul viendra-t-il ?
Je me demande si Paul viendra.

Les outils interrogatifs sont fréquemment associés aux outils exclamatifs parce qu'ils partagent avec ces derniers un certain nombre de traits communs.

Généralités[modifier | modifier le code]

Un mot-outil interrogatif peut appartenir à l'une des trois catégories suivantes : adjectif interrogatif (ou déterminant interrogatif), pronom interrogatif ou adverbe interrogatif.

  • Un adverbe est normalement un mot lexical, un mot plein, mais lorsqu'on a affaire à un adverbe interrogatif, celui-ci peut être analysé comme un véritable mot-outil.
  • Dans l'interrogation indirecte, tous les mots-outils interrogatifs, quelle que soit leur catégorie (adjectif, pronom ou adverbe) doivent être analysés comme des subordonnants interrogatifs.
  • Entre les trois différentes catégories constituant les mots-outils interrogatifs, la frontière est souvent floue. En particulier, la différence entre le pronom interrogatif et l'adverbe interrogatif, n'est pas toujours facile à établir, et certains grammairiens ont tendance à regrouper ces diverses sous-catégories sous l'appellation de « pronom interrogatif au sens large ». Il paraît cependant préférable de parler, de mot-outil interrogatif, de manière générale, et plus précisément, de subordonnant interrogatif, dans le cas de l'interrogation indirecte.

Quelques remarques :

  • Une interrogation directe peut prendre trois formes, la forme simple, la forme longue (renforcée avec la locution « est-ce que »), et la forme inversée (avec inversion du pronom sujet).
  • Il convient de soigneusement distinguer, d'une part, l'interrogation globale, portant sur la totalité de l'énoncé, et dont la réponse attendue ne peut être que « oui » ou « non », d'autre part, l'interrogation partielle, ne portant que sur une partie de l'énoncé, et dont la réponse attendue est autre que « oui » ou « non ».

Interrogation globale[modifier | modifier le code]

L'interrogation globale (appelée également, interrogation totale), peut être directe ou indirecte.

Interrogation globale directe[modifier | modifier le code]

L'interrogation globale directe peut être simple, inversée ou renforcée, mais seule cette dernière forme utilise un mot-outil interrogatif, à savoir, la locution « est-ce que ». Rappelons que celle-ci exclut l'emploi simultané de l'inversion du pronom sujet :

Est-ce que Paul viendra ? Est-ce qu'il viendra ?
À comparer avec Paul viendra-t-il ?

Interrogation globale indirecte[modifier | modifier le code]

L'interrogation globale indirecte n'utilise qu'un seul subordonnant interrogatif, « si » :

Je me demande si Paul viendra. Je me demande s'il viendra.

Le mot-outil interrogatif « si » pose un problème catégoriel : il est parfois analysé comme un adverbe interrogatif, et d'autres fois, comme une conjonction de subordination. Répétons qu'il semble plus pratique d'analyser simplement ce mot-outil comme un subordonnant interrogatif.

Interrogation partielle[modifier | modifier le code]

L'interrogation partielle peut, elle aussi, être directe ou indirecte.

Interrogation partielle directe[modifier | modifier le code]

Mots-outils interrogatifs utilisés[modifier | modifier le code]

L'interrogation partielle directe utilise obligatoirement un outil interrogatif (adjectif, pronom ou adverbe) :

  • Adjectif interrogatif : quel (quelle, quels, quelles), combien de :
Quelles fleurs préfères-tu ?
Combien de fleurs as-tu cueillies ?
Dans ces deux exemples, les deux adjectifs interrogatifs « Quelles » et « Combien de » déterminent le nom noyau « fleurs ».
  • Pronom interrogatif : lequel (laquelle, lesquels, lesquelles, duquel, desquels, auquel, auxquels), quel (quelle, quels, quelles), qui, que, quoi, où :
Laquelle préfères-tu ?
Quelle est cette fleur ?
Qui est là ?
Que veut-elle ?
À quoi faites-vous allusion ?
habitent-ils ?
  • Adverbe interrogatif : combien, comment, pourquoi, quand, que :
Combien ça coûte ?
Comment faites-vous ?
Pourquoi n'est-il pas venu ? / Que n'est-il venu ?
Quand partirons-nous ?

Formes de l'interrogation partielle directe[modifier | modifier le code]

À l'instar de l'interrogation globale directe, l'interrogation partielle directe peut revêtir trois formes, la forme simple, la forme longue et la forme inversée :

tu vas ? / Où est-ce que tu vas ? / vas-tu ?
  • Selon les circonstances, les trois formes ne sont pas toujours praticables :
Qui est là ?
Forme simple. Ici, la forme inversée (Qui est-il là ?) ne serait pas possible.
  • Dans le cas de la forme simple, il est fréquent que l'outil interrogatif soit rejeté en fin de phrase. Dans plusieurs cas, c'est ce rejet qui permet l'utilisation de la forme simple :
tu vas ? / Tu vas  ?
Tu viendras quand ?
Forme simple avec rejet du mot-outil interrogatif. La solution « Quand tu viendras » n'aurait pas été possible.
  • Dans le cas de la forme simple avec rejet du mot-outil, le pronom « que » devient « quoi » :
Tu veux quoi ?
Ici, les solutions « Que tu veux ? », « Quoi tu veux ? » ou « Tu veux que ? » n'auraient pas été possibles.

Utilisation de la forme longue[modifier | modifier le code]

Tout comme dans l'interrogation globale directe, la locution « est-ce que » peut être utilisée dans l'interrogation partielle directe, en combinaison avec un mot-outil interrogatif (quoi, où, lequel, quel, comment, combien, combien de, pourquoi et quand) dans le but de renforcer celui-ci :

À quoi est-ce que tu penses ? Comment est-ce que tu as fait ? Pourquoi est-ce que tu dis ça ?

Mais, lorsque le mot-outil utilisé est « qui » ou bien « que », cette locution peut être mise en concurrence avec une seconde locution, à savoir « est-ce qui ».

  • En effet, contrairement à ce qui se passe dans le domaine des pronoms relatifs, les mots outils interrogatifs « qui » et « que » ne sont pas associés à une fonction (qui = sujet, et que = complément d'objet, par exemple), mais indiquent simplement que le référent est un humain (« qui ») ou une chose (« que ») :
  • Qui parle ? Qui vois-tu ?
Le pronom interrogatif « qui » représente un être animé, un humain, dans les deux exemples, mais dans le premier, il est sujet du verbe « parle », tandis que dans le second, il est C.O.D. du verbe « vois ».
  • Que me vaut tant d'honneur ? Que vois-tu ?
Le pronom interrogatif « que » représente un être inanimé, une chose, dans les deux exemples, mais dans le premier, il est sujet du verbe « vaut », dans le second, il est C.O.D. du verbe « vois ».
  • Afin d'éviter toute ambiguïté quant à leur fonction, on a pris l'habitude d'ajouter à ces deux mots-outils interrogatifs, d'une part la locution « est-ce qui » pour marquer la fonction sujet, d'autre part locution « est-ce que » pour marquer tout autre fonction (y compris, sujet réel). En conséquence, nous disposerons, non plus de deux, mais de quatre mots-outils renforcés :
  • Qui est-ce qui parle ?
La locution « Qui est-ce qui » représente un humain remplissant la fonction sujet du verbe « parle ».
  • Qui est-ce que j'entends ?
La locution « Qui est-ce que » représente un humain remplissant une autre fonction (ici, COD du verbe « entends »).
  • Qu'est-ce qui brille dans le ciel ?
La locution « Qu'est-ce qui » représente une chose remplissant la fonction sujet du verbe « brille ».
  • Qu'est-ce que je vois dans le ciel ?
La locution « Qu'est-ce que » représente une chose remplissant une autre fonction (ici, COD du verbe « vois »).
  • Rappelons que l'utilisation de l'une de ces deux locutions interdit bien entendu la forme interrogative avec inversion du sujet :
Lequel préférez-vous ? Lequel est-ce que vous préférez ? Lequel vous préférez ?
Et non pas « Lequel est-ce que préférez-vous ? ».

Interrogation partielle indirecte[modifier | modifier le code]

Les subordonnants interrogatifs de l'interrogation partielle indirecte sont les mêmes mots-outils interrogatifs (adjectifs, pronoms ou adverbes) qui marquent l'interrogation partielle directe, sauf les locutions « est-ce que » et « est-ce qui », qui disparaissent, puisqu'elles sont exclusivement associées à l'interrogation directe longue.

En conséquence :

  • la locution « qu'est-ce que », ainsi que les mots-outils « que » et « quoi », sont remplacés par la locution interrogative pronominale « ce que » :
Qu'est-ce que tu fais ? Que fais-tu ? Tu fais quoi ? / Je me demande ce que tu fais.
  • la locution « qu'est-ce qui », est remplacée par la locution interrogative pronominale « ce qui ».
Qu'est-ce qui t'intéresse ? / Je me demande ce qui t'intéresse.

Quelques exemples :

Dis-moi quelle chemise tu préfères.
Parmi ces chemises, j'ignore laquelle tu préfères.
Ils ne savent pas tu vas.
J'aimerais savoir quand ils seront de retour.
Essayez de deviner comment j'ai fait.
Nous nous demandons combien cela coûtera.
Je vais te dire pourquoi elle ne te parle plus.

Question fermée (oui/non)[modifier | modifier le code]

  • Interrogation globale directe simple (« forme longue »)
Paul viendra ?
  • Interrogation globale directe renforcée (« forme longue »)
Est-ce que Paul viendra ?
  • Interrogation globale directe inversée (« forme inversée »)
Paul viendra-t-il ?
  • Interrogation globale indirecte
Je me demande si Paul viendra.

Question ouverte[modifier | modifier le code]

  • Interrogation partielle directe simple (« forme simple »)
Où tu vas ?
Avec rejet du mot-outil interrogatif : Tu vas où ?
  • Interrogation partielle directe simple renforcée (« forme longue »)
Où est-ce que tu vas ?
  • Interrogation partielle directe inversée (« forme inversée »)
Où vas-tu ?
  • Interrogation partielle indirecte
Je me demande où tu vas.

Articles connexes[modifier | modifier le code]