Impôt révolutionnaire

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On appelle impôt révolutionnaire la pratique consistant à prélever un « impôt » sur les habitants d'une région, souvent par menace ou la violence, pour financer une activité politique à caractère révolutionnaire ou résistant.

Il n'est pas à confondre avec le pizzo, qui lui désigne le racket pratiqué par les mafias italiennes. Si les procédés sont comparables (violence, menaces, etc.), les objectifs de l'impôt sont différents.

Mouvements ayant imposé un impôt révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Le Front de libération national corse[modifier | modifier le code]

Le Front de libération nationale corse crée l'impôt révolutionnaire en 1982, sous la forme de braquages et d'extorsions de fond, pour financer la lutte terroriste[1][2]. L'argent récolté est ensuite centralisé par le Consigliu (conseil), puis redistribué aux différentes branches de l'organisation[2].

L'impôt est souvent perçu par l'intimidation des commerçants, comme l'illustre l'assassinat du coiffeur André Schock en 1983[2], ou la tentative d'assassinat du vétérinaire Jean-Claude Lafay en 1982[1], qui avaient tout deux refusés de payer l'impôt.

Euskadi ta Askatasuna[modifier | modifier le code]

L'ETA imposait aux chefs d'entreprise basques en Espagne un impôt révolutionnaire qui selon Thierry Vareilles[3] s'élevait en moyenne à 10 millions de pesetas dans les années 1970. Jusqu'en 1981, l'impôt était collecté par la branche impôt révolutionnaire de l'ETA, les Commandos Autonomes Anticapitalistes (CAA)[3]. L'argent est souvent extorqué sous la menace : en 1976, un commerçant d'Irun qui avait tenté de faire arrêté un collecteur d'impôt de l'ETA est assassiné deux ans plus tard[3].

Le racket finançait la majeure partie du budget de l'ETA, qui s'élevait à 10 millions d'euros en 2001[4].

Longtemps demandé seulement aux chefs d'entreprises, l'organisation terroriste s'en est également pris aux petits commerçants à partir des années 2000[5]. Le footballeur basque Bixente Lizarazu a par ailleurs été menacé de se plier au racket[6].

L'ETA a annoncé en 2011 avoir mis fin à l'impôt révolutionnaire[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Emmanuel Bernabéu-Casanova, Le nationalisme corse - Genèse, succès et échec, Éditions L'Harmattan, p. 201
  2. a, b et c Xavier Crettier, La question corse, Éditions Complexe, p.123
  3. a, b et c Thierry Vareilles, Encyclopédie du terrorisme international, Édition L'Harmattan, 2001, p. 316-317
  4. Counterterrorism: An Example of Co-operation, Juan Miguel Lian Macias, Ministry of Defence of Spain, 2002-2-22: "ETA is funded mainly from one source: the money it collects through extortion of small and medium businessmen, charging them the so-called "revolutionary tax". At present the amounts required are between 35,000 and 400,000 euros. The annual budget the terrorist organisation needs for the maintenance of its structures is estimated at around 10 million euros. Beyond the Spanish borders, ETA seeks links with similar groups and causes. Hence, it intends to gain the support of ideologically akin groups. It has or has had contacts with the Breton Revolutionary Army, with Corsican and Irish terrorist groups, with revolutionary groups from Latin America, etc."
  5. http://www.lalibre.be/actu/international/l-eta-elargit-son-impot-revolutionnaire-51b88b6ee4b0de6db9aca0da
  6. http://www.liberation.fr/societe/2000/12/14/lizarazu-la-menace-eta-prise-au-serieux_347676
  7. http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/04/28/l-eta-met-fin-a-l-impot-revolutionnaire_1514200_3214.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]