Philippe Dutilleul

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Philippe Dutilleul (né le 19 août 1951 à Tournai) est un journaliste et réalisateur de films documentaires belge francophone.

Débuts[modifier | modifier le code]

Philippe Dutilleul est diplômé en communications sociales de l'Institut des hautes études des communications sociales, école de journalisme belge, qui était basée à l'époque à Tournai, sa ville d'origine. Fils d'un ancien échevin socialiste, il est d'abord attiré par le PS wallon et écrit ses premières piges pour la revue des Femmes prévoyantes socialistes. Rapidement cependant, il prend ses distances avec le parti, qu'il critiquera de façon de plus en plus vive au cours de sa carrière.[interprétation personnelle]

Il rejoint la RTBF sur l'antenne locale de la province de Hainaut, étant d'abord la voix des infos locales matinales de Mons. À la fin des années 80, il est titularisé par la RTBF et rejoint l'équipe documentaire

Strip-Tease et Une délégation de haut-niveau[modifier | modifier le code]

Il est remarqué par Jean Libon, qui crée à cette époque une émission de documentaires au format novateur et provoquant : Strip Tease. Philippe Dutilleul en devient l'un des piliers, avec des réalisateurs tels Manu Bonmariage et plus tard Saffia Kessas. Avec cette équipe, il signe une quarantaine de documentaires, dont certains sont primés.

L'un d'entre eux, d’une durée de 52 minutes et intitulé Une délégation de très haut niveau, réalisé en 2000 et qui a provoqué d'importants remous dans le monde politique belge lors de sa diffusion, relate l’improbable visite d’une délégation de politiciens belges, de différentes sensibilités politiques en Corée du Nord. La caméra très proche des sept membres de la délégation enregistre leurs réflexions, et réactions diverses lorsqu’ils réalisent que tout écart au programme officiel et toute relation avec la population et la réalité du pays leur sont interdits. Ils se retrouvent à faire du tourisme, baladés entre monuments à la gloire de Kim Il-sung avec dépôt de gerbe, et visite d’une bibliothèque monumentale ne contenant que les œuvres de Kim Jong-Il, ou d’une école où ils assistent à la récitation par des enfants endoctrinés de l’histoire et de la liste des bienfaits du dirigeant. Aux appréciations enthousiastes sur la qualité de l’enseignement du président de la délégation, Willy Burgeon, président honoraire du parlement wallon et échevin de l’instruction publique de la ville de Binche, ne répondent que de faibles protestations des autres participants. Willy Burgeon sera démis de ses fonctions suite à l’émission, et certains membres de la délégation déclareront s’être fait piéger.

Après Strip-Tease : Bye-Bye Belgium et autres films autonomes[modifier | modifier le code]

Philippe Dutilleul a travaillé sur des émissions considérées à la RTBF comme étant les successeurs de Strip-Tease : Allô Police, Devoirs d'enquête, ou encore Tout ça (ne nous rendra pas le Congo), qui reprennent le même format (caméra proche des gens, sujets de société, absence de voix-off...)

Il est surtout désormais en position de produire des films documentaires hors-cadre, autonomes du format d'une émission. Il commence par une série de documentaires sur le changement climatique, Sale temps sur la planète, qui l'emmenèrent à travers le monde et furent largement diffusés.

En 2006 est diffusé son travail le plus connu du grand public : l'émission spéciale de La Une du 13 décembre 2006, fiction mettant en scène l'annonce de la scission de la Belgique. Il indique que son objectif était avant tout de provoquer le débat et de secouer les gens[1]. Il publie le lendemain de l'émission un livre intitulé Bye-bye Belgium, résultat de ses investigations durant la préparation de l'émission avec l'aide de Nathalie Jacobs. Le film provoqua de très nombreuses réactions politiques et publiques, et la phrase "Ceci est une fiction" affichée à mi-chemin de l'émission est devenue une phrase courante en Belgique.

À la suite de ce film, il entame en 2008 une collaboration avec Julien Oeuillet qui dure quatre ans. Ils produisent ensemble deux films documentaires et un livre ayant en commun une interrogation sur le rôle de l’État et des identités nationales. Le premier film, Monseigneur et les Indiens, porte sur le mystérieux Royaume d'Araucanie, et le second, Bienvenue chez les p'tits, sur les micro-États européens.

Fin 2012, il annonce sa retraite de la RTBF.

Auteur[modifier | modifier le code]

  • Bye-Bye Belgium, Ed. Labor, et Chronique d'une imposture assumée, Ed. Racines, tous deux portant sur son docu-fiction.
  • Un asile de flous nommé Belgique, Ed. Buchet-Chastel, et Ils sont fous ces belges, coécrit avec Julien Oeuillet, Ed. du Moment, tous deux portant sur la situation politique et sociale belge.
  • On a tué ma mère, coécrit avec Nathalie de Reuck, Ed. Buchet-Chastel, une enquête sur le charlatanisme en médecine.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le journaliste Philippe Dutilleul (RTBF) : "Pas un canular, un documentaire-fiction" Le Monde