Hirondelle de Brazza

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Phedina brazzae

Phedina brazzae

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Hirondelle de Brazza (Phedina brazzae)

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Hirundinidae
Genre Phedina

Nom binominal

Phedina brazzae
Oustalet, 1886

Synonymes

  • Phedinopsis brazzae (Oustalet, 1886)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

L'Hirondelle de Brazza (Phedina brazzae) est une espèce de passereau appartenant à la famille des Hirundinidae. Elle mesure 12 cm de long avec des parties supérieures gris-brun, et le dessous blanc strié de noir, et une teinte brunâtre au niveau de la gorge. Les animaux des deux sexes sont semblables, mais les jeunes ont des stries sur la gorge plus diffuses et les plumes du dos et des ailes ont des bordures brun rougeâtre. Le chant se compose d'une série de courtes notes enchaînées de plus en plus rapidement, suivi d'un bourdonnement et parfois d'une certains nombre de cliquetis.

L'aire de répartition de cette espèce se situe dans les pays d'Afrique, en l'Angola, République du Congo et République démocratique du Congo. Nichant dans des terriers creusés dans les berges des rivières, elle pond généralement trois œufs blancs. Cet oiseau se nourrit d'insectes volants, ainsi que de termites, et peut chasser dans les rivières ou la savane ouverte. Elle forme des groupes mixtes avec d'autres hirondelles, mais est facilement identifiable par sa combinaison entre parties supérieures brunes, ses parties inférieures striées et sa queue carrée.

Bien que cet oiseau soit peu connu et était auparavant classé comme Données insuffisantes par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), il semble en fait être courant et répandu, et il est classé comme une espèce de préoccupation mineure depuis 2008. Cette hirondelle est parfois chassée pour sa chair, mais ne semble pas confrontée à de graves menaces à court terme.

Description[modifier | modifier le code]

L'Hirondelle de Brazza mesure 12 cm de long avec des ailes d'une longueur moyenne de 100,5 mm. Cette petite hirondelle a les parties supérieures gris-brun avec une tête d'un brun un peu plus sombre et le ventre blanc avec des stries de brun noirâtre de la gorge au cloaque. Le plumage de la poitrine a une teinte brunâtre. La queue mesure en moyenne46,8 mm de long et a des bords blancs et des plumes sous-caudales brunes. Les rémiges sont brun noirâtre et le bec et les pattes sont noirs. Les yeux sont brun foncé et le bec noir mesure 8,5 mm de long. Les sexes sont semblables, mais les jeunes oiseaux ont des stries plus diffuses au niveau du sein et les plumes du dos et des ailes ont des bords brun rougeâtre ou chamois[1],[2]. Cet oiseau n'a pas de sous-espèces [3].

Le chant de cette espèce se compose d'une série de notes courtes dont la fréquence augmente progressivement et qui sont suivies par un bourdonnement complexe et parfois complétés par plusieurs cliquetis. Le chant devient de plus en plus fort, bien que les cliquetis finaux soient doux. Le chant est similaire à celui de l'Hirondelle à collier, et ne ressemble pas à celui des l'Hirondelle des Mascareignes, ce qui laissent à penser que les problèmes taxonomiques ne sont pas résolus pour ces espèces[4]. Le vol est décrit comme lourd[1], ou comme étant semblable à celui d'une Hirondelle de rivage[5].

L'Hirondelle de Brazza peut être distinguer de la plupart des autres espèces d'hirondelles grâce aux stries qu'elle porte sur ces parties inférieures[1]. Bien que l'Hirondelle striée a également un dessous du corps blanc avec des stries noires, elle est plus grosses, a une queue plus fourchue un plumage très différent, avec des parties supérieures bleues, une croupe rouge et une tête brune[6]. En comparaison de l'Hirondelle des Mascareignes, cette espèce est plus petite et a un dos plus clair[7] mais leurs aires ne répartition ne se chevauchent pas[8].

Comportement[modifier | modifier le code]

Habitat convenant à la reproduction en République démocratique du Congo.

Au cours de ce que l'on pense être une parade nuptiale, un mâle hirondelle de Brazza perché à environ 30 cm de distance d'une femelle a chanté pendant une dizaine de minutes. en chantant, le mâle se penchait vers la femelle, avec les ailes toujours repliées et la queue en hauteur par rapport au corps[4]. L'Hirondelle de Brazza niche sur les berges verticales des rivières boisés, de juillet à octobre, à la fin de la saison sèche, mais avant que les niveaux de la rivière sont suffisamment élevées pour causer des inondations. Une petite colonie de quatre couples a été observé près d'un affleurement rocheux sur le versant d'une vallée[9].

L'Hirondelle de Brazza niche seule ou en colonies lâches avec des terriers parfois très éloignés. Le nid est un petit amas de matériaux tendres tels que des plumes ou de l'herbe sèche dans un tunnel de 50 cm de long généralement. La femelle pond généralement trois œufs blancs. Les œufs mesurent 18,5 x 112,5 mm et pèse 1,5 g. La durée d'incubation et le temps avant envol sont inconnus[1], bien que, comme pour toutes les hirondelles, les poussins sont nidicoles et naissent nus et aveugles[10].

Comme les autres hirondelles, l'Hirondelle de Brazza se nourrit d'insectes volants, y compris de termites, et peut chasser sur les rivières ou dans la savane[1]. On la rencontre formant des groupes monospécifiques, ou en association avec d'autres hirondelles commeIl peut se produire dans une seule espèce troupeaux ou avec d'autres hirondelles y compris d'autres hirondelles comme les Hirondelles rustiques, Hirondelles striées[11],[4] ou Hirondelles isabellines[5].

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition d'Hirondelle de Brazza était initialement mal connue, et jusqu'en 1922 le spécimen type du Muséum de Paris était le seul exemple enregistré de cette espèce. Un ecclésiastique, Callewaert, recueille ensuite 20 hirondelles près de Luluabourg (Kananga maintenant)[12], et cet oiseau est maintenant connu pour se reproduire dans le sud de la République démocratique du Congo (RDC ), la République du Congo, et dans le nord de l'Angola. Il est une observation probable du sud-est du Gabon[5].

Durant la saison de reproduction, cette hirondelle se rencontre à proximité des rivières aux berges abruptes qui sont nécessaires pour construire les terriers. Ce type d'habitat convenable est courant le long des rivières tropicales de plaine comme la rivière Congo ou dans les rivières comportant des bancs de sable comme dans les hauts plateaux de l'Angola. Ces rivières des hauts plateaux ont des berges herbeuses qui traversent les bois de miombo[4], alors que le bassin du Congo est une forêt tropicale avec plus de 200 cm de précipitations par an. Les zones de plaine sont un patchwork d'habitats secs, inondées de façon saisonnière et de bois humides en permanence, et des savanes saisonnièrement inondées, et les forêts marécageuses composées de Symphonia globulifera, de Raphias et d'espèces de Mitragyna, et les berges sont souvent bordées de Maranta arundinacea[13]. Cette hirondelle semble être en mesure de s'adapter aux savanes ouvertes de Hymenocardia acida, dans lequel elle se perche la nuit en dehors des périodes de reproduction, et n'est donc pas fortement tributaires des forêts voisines tant que les sites de reproduction riverains demeurent[4].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

L'Hirondelle de Brazza a été décrite pour la première fois en 1886 sous son nom binomial actuel par le zoologiste français Émile Oustalet à partir d'un échantillon récolté à Nganchu dans le district de Ngäbe de ce qui est aujourd'hui la République du Congo[1],[9]. Le nom du genre, Phedina, est dérivé du grec phaios (φαιός) signifiant « brun » et de l'italien Rondine signifiant « hirondelle »[14]. Le nom spécifique rend hommage à l'explorateur français d'origine italienne Pierre Savorgnan de Brazza, qui deviendra plus tard gouverneur général du Congo français[15], et qui a recueilli le spécimen type[16]. Cette espèce était autrefois souvent désigné comme l'« Hirondelle du Congo »[1], mais cela engendrait une confusion avec l'Hirondelle du Congo, Riparia congica[17].

Les espèces du genre Phedina sont membres de la famille des Hirundinidae, et font partie de la sous-famille des Hirundininae, qui comprend toutes les hirondelles à l'exception des pseudolangrayens. Des études de séquences d'ADN suggèrent qu'il existe trois grands groupes au sein de la sous-famille des Hirundininae, qui se distinguent très fortement par le type de nid construit. Ces groupes sont les espèces fouisseuses comme l'Hirondelle de rivage, les oiseaux comme l'Hirondelle bicolore qui utilisent comme nids des cavités naturelles, et les espèces qui construisent un nid en boue, comme l'Hirondelle rustique. Les espèces du genre Phedina nichent dans des terriers et appartiennent donc au groupe des hirondelles fouisseuses[18],[19].

On pense que le genre Phedina a très vite divergé au cours de l'histoire de la principale hirondelle lignée, bien que le plumage rayé de ses deux espèces suggère une lointaine parenté avec des espèces africaines d'Hirundo, elles aussi striées[20],[21]. Le seul autre membre du genre est l'Hirondelle des Mascareignes (P. borbonica), bien que par le passé il a parfois été suggéré de déplacé l'Hirondelle de Brazza dans son propre genre Phenidopis en raison des différences significatives au niveau du chant de ces deux espèces et de leur type de nids. les vocalises et le type de son rapport de nid[20],[22]. Le parent le plus proche des hirondelles du genre Phedina est l'Hirondelle à collier, Riparia cincta, qui ne semble pas être étroitement liée aux autres membres de son genre actuel et ressemble à l'Hirondelle de Brazza au niveau de ses habitudes de nidification et de son chant[18],[4]. L'actuelle pratique de l'Association of European Rarities Committees (AERC) consiste à placer l'Hirondelle à collier dans son propre genre sous le nom Neophedina cincta, plutôt que de fusionner ce genre avec Phedina, car l'Hirondelle à collier est nettement plus grand, a un bec et une forme des narines différents et la forme de son nid diffère de celui des espèces de Phedina[23].

Statut de conservation et sauvegarde[modifier | modifier le code]

Peu de recherches ornithologiques ont été menées dans cette partie de l'Afrique, et jusqu'en 2008 l'Hirondelle de Brazza était classée comme Données insuffisantes[11]. On pensait autrefois que cette espèce avait une aire de répartition beaucoup plus restreinte, mais une publication de 2007 montre preuve à l'appui que cet aire pouvait être étendue de 500 kilomètres au nord et 175 kilomètres au sud, quadruplant sa surface[4]. Son aire de répartition s'étend donc sur 402 000 km2, mais sa population totale est inconnue. Avec son aire de répartition étendue et sa population apparemment stable, cet oiseau est classé comme étant de préoccupation mineure sur la liste rouge de l'UICN[24].

Il est probable que cette espèce est capturé dans les nids pour la consommation humaine, mais les petites colonies éparses sont moins intéressantes dans ce cadre que le Pseudolangrayen d'Afrique et le Guêpier gris-rose[4]. Les colonies qui nichent dans les bancs de sable des rivières sont inondables[11], mais ni ces causes naturelles, ni la chasse ne semblent avoir d'impact sérieux sur la population, et cette espèce ne semble pas menacée. Sa capacité à utiliser les habitats dégradés facilite également sa survie[24]. L'Hirondelle de Brazza n'est pas une espèce protégée en Angola[25], la République démocratique du Congo[26], ou la République du Congo[27].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Turner et Rose 1989, p. 157
  2. Turner et Rose 1989, p. 58–59
  3. (en) « Phedina brazzae Oustalet, 1886 », Integrated Taxonomic Information System (ITIS) (consulté le 7 décembre 2012)
  4. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Michael S L Mills et Callan Cohen, « Brazza's Martin Phedina brazzae: new information on range and vocalisations », Ostrich, vol. 78, no 1,‎ 2007, p. 51–54 (DOI 10.2989/OSTRICH.2007.78.1.8.52)
  5. a, b et c (en) Tony King, « Brazza's Martin Phedina brazzae in the Lesio-Louna Reserve, Congo Republic », Malimbus, vol. 29, no 1,‎ 2007, p. 46–49 (lire en ligne)
  6. Turner et Rose 1989, p. 194–197
  7. Reichenow 1903, p. 425
  8. Turner et Rose 1989, p. 155–157
  9. a et b (en) Austin Loomer Rand, Herbert Friedmann et Melvin A Traylor, « Birds from Gabon and Moyen Congo », Fieldiana Zoology, vol. 41, no 2,‎ 1959, p. 307–308 (lire en ligne)
  10. Turner et Rose 1989, p. 4
  11. a, b et c (en) BirdLife International, « Phedina brazzae », IUCN Red List of Threatened Species. Version 2013.2. International Union for Conservation of Nature,‎ 2012 (consulté le 26 novembre 2013)
  12. (en) James Paul Chapin, « The Birds of the Belgian Congo: Part 3 », Bulletin of the American Museum of Natural History, vol. 75A,‎ 1953, p. 742–743
  13. (en) Lene Sigsgaard et Mark McGinley, « Eastern Congolian swamp forests », Cleveland, World Wildlife Fund,‎ 2006 (consulté le 4 novembre 2012)
  14. Jobling 2010, p. 302
  15. Jobling 2010, p. 76
  16. Sharpe et Wyatt 1894, p. 207
  17. (en) « Waxwings to swallows », sur IOC World Bird List version 3.2, International Ornithologists' Union (consulté le 22 novembre 2012)
  18. a et b (en) Frederick H Sheldon, Linda A Whittingham, Robert G Moyle, Beth Slikas et David W Winkler, « Phylogeny of swallows (Aves: Hirundinidae) estimated from nuclear and mitochondrial DNA », Molecular phylogenetics and evolution, vol. 35, no 1,‎ 2005, p. 254–270 (PMID 15737595, DOI 10.1016/j.ympev.2004.11.008)
  19. (en) David W Winkler et Frederick H Sheldon, « Evolution of nest construction in swallows (Hirundinidae): A molecular phylogenetic perspective », Proceedings of the National Academy of Sciences USA, vol. 90, no 12,‎ 1993, p. 5705–5707 (PMID 8516319, PMCID 46790, DOI 10.1073/pnas.90.12.5705, lire en ligne [PDF])
  20. a et b Turner et Rose 1989, p. 8
  21. Turner et Rose 1989, p. 70-72
  22. (de) Hans Edmund Wolters, « Probleme der Gattungsabgrenzung in der Ornithologie », Bonner Zoologische Beitraege, vol. 22, no 3–4,‎ 1971, p. 210–219 (lire en ligne)
  23. Crochet et al. 2011, p. 4
  24. a et b (en) « Species factsheet Phedina brazzae », BirdLife International (consulté le 5 décembre 2012)
  25. de Klemm et Lausche 1986, p. 262–266
  26. de Klemm et Lausche 1986, p. 515–518
  27. (en) « Protected Species in Republic of Congo », Projet d'appui à l'Application de la Loi sur la Faune sauvage (consulté le 3 novembre 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) P-A Crochet, P H Barthel, H-G Bauer, A B van den Berg, E Bezzel et Collinson, AERC TAC's taxonomic recommendations: 2011 report., Luxembourg, AERC,‎ 2011 (lire en ligne)
  • (en) James A Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names, Londres, Christopher Helm,‎ 2010 (ISBN 978-1-4081-2501-4, lire en ligne)
  • (en) Cyrille de Klemm et Barbara J Lausche, African Wildlife Laws (IUCN Environmental Policy & Law Occasional Paper; No. 3), Gland, World Conservation Union,‎ 1986 (ISBN 2-88032-091-7)
  • (de) Anton Reichenow, Die Vögel Afrikas: Zweiter Band, Neudam, J Neuman,‎ 1903
  • (en) Richard Bowdler Sharpe et Claude Wilmott Wyatt, A Monograph of the Hirundinidae: Volume 1, Londres, Chez l'auteur,‎ 1894
  • (en) Angela K Turner et Chris Rose, A Handbook to the Swallows and Martins of the World, Londres, Christopher Helm,‎ 1989 (ISBN 0-7470-3202-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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