Perronisme
Au Québec, un perronisme est un lapsus qui déforme une expression. Un perronisme combine souvent, de façon malhabile, deux expressions pour en créer une nouvelle qui n'a aucun sens. Par exemple « Atteindre la lumière au fond du baril », provient des expressions : « Voir la lumière au bout du tunnel » et « Atteindre le fond du baril ».
Ce terme a été choisi en l'honneur de Jean Perron, ex-entraîneur des clubs de hockey les Nordiques de Québec et du Canadien de Montréal, qui avait l'habitude de faire ce genre de lapsus.
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Origine [modifier]
Alors qu'il était analyste à La Soirée du hockey sur les ondes de la Radio-Canada, les lapsus de Jean Perron se démarquaient face à ceux des autres animateurs qui s'exprimaient de façon beaucoup plus habile. Des journalistes ont donc décidé d'appeler ces lapsus rigolos des perronismes.
Au Québec, suite à un célèbre numéro humoristique reprenant les meilleurs citations de Jean Perron, André Robitaille a fait entrer le terme dans la légende et l'expression est devenue commune. Ainsi, tout le monde peut commettre un perronisme.
Béats d'admiration devant ce maître des erreurs linguistiques, Michel Morin et Yvon Landry, alors animateurs à l'émission de radio La Jungle, ont décidé de créer des perronismes de leur cru. Les meilleurs perronismes véridiques ou inventés sont maintenant réunis dans le livre Les perronismes.
Jean Perron œuvre toujours dans les médias, notamment au canal V, où il participe régulièrement à l'émission de sport L'attaque à 5 (anciennement nommée 110 %).
La classe politique [modifier]
Correspondant du journal Le Devoir à l'Assemblée nationale, Antoine Robitaille, adore débusquer les anomalies et les bizarreries de la langue française, surtout celles qui proviennent des politiciens. Dans sa chronique Mots et maux de la politique, il possède une section intitulée « Perles, lapsus, peronneries et perronismes ». On peut y lire des perronismes commis notamment par l'ex-ministre Tony Tomassi, les anciens ministres Jacques P. Dupuis, Nathalie Normandeau, l'ancien premier ministre Jean Charest, etc.
Quelques perronismes [modifier]
De Jean Perron [modifier]
- « Ça s'est vendu comme des petits ponchos. »
- « Mettre la charette en avant de la peau de l'ours. »
- « Arriver comme un cheval sur la soupe. »
- « Il a pris la foudre d'escampette. »
- « Je m'en suis rappelé hier comme si ça me serait arrivé demain. »
- « Il n'arrête pas de tourner autour du pot aux roses! »
- « Je commence à avoir le feu aux poudres. »
- « Ça m’a mis l’astuce à l’oreille... »
- « On traversera la rivière quand on sera rendu au bout du tunnel. »
- « C'est vraiment charrié par les cheveux. »
- « Il devrait plutôt mettre du vin dans son verre. »
- « Il se met le nez dans l'enfer du mal. »
- « Vieux motard que j'aimais. »
- « Les Bruins ont enculé le Canadien au pied du mur. Entendu à «L'Attaque à 5, V Télé. »
- « Il doit marcher sur des gants blancs. » Bazzo.tv
Autres exemples [modifier]
- « Dans cette famille, ils étaient stériles de père en fils. » (Alain Headson)
- « La forêt vierge est une forêt où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. » (Claude Farrère)
- « Ne pas y aller avec le dos de la main morte. » (création des journalistes susmentionnés)
- « Il ne faut pas jeter la serviette avant de l'avoir tuée. » (auteur inconnu)
- « Il a commencé à monter sur ses grands cheveux. » (auteur inconnu)
- « Le canard est encore chaud. » (prononcé par Jean Pagé, 110 %, 2009-04-22)
- « Rome ne s'est pas construite en criant : "Lapin, je ne boirai pas de ton eau! » (Charles Patenaude, capitaine du fictif vaisseau spatial Romano Fafard de Dans une galaxie près de chez vous)
- « Je voulais voir les Antilles de vive voix. » (prononcé par Bernard Laporte en 2008 alors qu'il était secrétaire d'État chargé des Sports)
- « Il ne faut pas brûler la peau de l'ours avant de l'avoir vendue » (Abdeslam Ouaddou)
- « Il ne faut pas vendre l'ours avant de lui avoir fait la peau. » (auteur inconnu)
- « C'est là que la fatigue entre en ligne de jeu. » (Benoît Brunet pendant le match Canadiens-Bruins du 27 avril 2011)
- « Il faut remettre les pendules à leur place. » (Johnny Hallyday)
- « Il doit se faire des tunes en or. » (Romain Light)