Paysage culturel

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Un paysage culturel est, au sens de la terminologie de l'UNESCO, un paysage représentatif d'une région du monde[1] : « Œuvres conjuguées de l'être humain et de la nature, ils expriment une longue et intime relation des peuples avec leur environnement »[1].

Parc national d'Uluṟu-Kata Tjuṯa, paysage sacré des aborigènes d'Australie, classées « paysage culturel » par l'Unesco
Terrasses de culture du riz, Batad, Ifuago, Cordillère des Philippines, classées « paysage culturel » par l'Unesco
Le royaume des jardins de Dessau-Wörlitz, comprend plus de 100 km2 de parcs et jardins de châteaux ou de palais situés autour des villes de Dessau et Wörlitz (Saxe-Anhalt, Allemagne), inscrits en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco
La vallée de l'Elbe à Dresde est un « paysage culturel » qui était inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, avant d'être déclassé suite à l'artificialisation du paysage, notamment par un projet de pont routier à quatre voies devant franchir l'Elbe dit Pont de Waldschlösschen
paysage culturel constitué de prés fauchés à la main, en zone montagneuse, près de Bocicoel, dans les Monts Maramureş, dans le Judeţ de Maramureş, dans les Carpates orientales, dans le nord de la Roumanie

Typologies[modifier | modifier le code]

Selon la définition de l'UNESCO, on distingue trois types de paysages culturels :

  • le paysage culturel créé intentionnellement comme le jardin historique ;
  • les paysages culturels évolutifs, reliques (fossiles) ou vivants ;
  • les paysages associatifs.

De façon générale, chaque paysage culturel se distingue par deux composantes : une composante matérielle (naturelle, géomorphologique, hydrographique, climatique et faunistique) et une autre composante humaine, immatérielle et symbolique. La dimension matérielle (naturelle et architecturale) d'un paysage culturel constitue la trace patrimoniale, alors que la signification historique, immatérielle et symbolique se réfère aux signes sémiotiques[2].

Cette notion de paysage culturel qui réunit les deux notions prestigieuses et connotées de paysage et de culture, nécessite, pour son analyse, le croisement de différentes disciplines : sciences du patrimoine, sémiologie et géographie.

Recherche[modifier | modifier le code]

La notion de paysages culturels fait l'objet d'études et de Recherche, avec par exemple un programme national de recherche au Danemark[3]. Ceci implique aussi de questionner la notion de valeur culturelle[4]. La valeur culturelle des paysages est aussi prise en compte par la signalétique de certaines autoroutes (en France notamment) ou pour les choix de tracés de Voies vertes[5]. Il fait aussi l'objet de recherche dans le cadre du Master Erasmus Mundus "Maclands", coordonné par l'Université Jean Monnet de Saint-Étienne, en collaboration avec l'Université de Naples et l'Université de Stuttgart.

Exemples[modifier | modifier le code]

Les paysages culturels du château de Versailles, du Val de Loire en France, de Ravello en Italie, du royaume des jardins Dessau-WÖrlitz en Allemagne, des écosystèmes des spectaculaires (cédraies de montagne du Moyen-Atlas au Maroc…), constituent des exemples parfaits de paysages culturels. Ils symbolisent ou révèlent les liens étroits tissés par l'homme avec son territoire au cours du temps.

Le premier paysage inscrit sur la liste du patrimoine mondiale est Tongariro (Nouvelle-Zélande), en 1993 (classé selon les critères vi, vii, et viii)[6].
Le paysage culturel de Mapungubwe en Afrique du Sud, ou de Sukur au Nigeria, sont d'autres exemples de paysages inscrits à la liste du patrimoine mondial.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Paysages Culturels, whc.unesco.org
  2. Lazhar Mohamed, Traces patrimoniales et signes sémiotiques à travers le paysage culturel, "mémoire de fin d'étude, Maclands 2010.
  3. Andreas Höll, Kjell Nilsson, Cultural landscape as subject to national research programmes in Denmark ; Landscape and Urban Planning, Volume 46, Issues 1-3, 15 December 1999, Pages 15-27 (Résumé)
  4. Janet Stephenson, The Cultural Values Model: An integrated approach to values in landscapes  ; Landscape and Urban Planning, Volume 84, Issue 2, 6 February 2008, Pages 127-139 (Résumé)
  5. Thomas G. Yahner, Neil Korostoff, Timothy P. Johnson, A. Mark Battaglia, Daniel R. Jones, Cultural landscapes and landscape ecology in contemporary greenway planning, design and management: a case study  ;Landscape and Urban Planning, Volume 33, Issues 1-3, October 1995, Pages 295-316 (Résumé)
  6. Page UNESCO sur Tongariro, consultée 2011/07/02

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Naveh, Z., Interactions of landscapes and cultures ; Landscape and Urban Planning ; Volume 32, Issue 1, April 1995, Pages 43–54, doi:10.1016/0169-2046(94)00183-4
  • Conzen, M. 1993, The historical impulse in Geographical writing about the United States 1850 1990, in Conzen, M., Rumney, T. and Wynn, G. 1993, A Scholar's Guide to Geographical Writing on the American and Canadian Past, The University of Chicago Press, Chicago, p. 3 90.
  • (en) Denevan William M. 1992, The Americas before and after 1492: Current Geographical Research, 'Annals of the Association of American Geographers', Vol. 82, No. 3, p. 369–385.
  • (en) Elkins, T. H. 1989. Human and Regional Geography in the German-speaking lands in the first forty years of the Twentieth Century, in J. Nicholas Entrikin & Stanley D. Brunn (eds). Reflections on Richard Hartshorne's The nature of geography, Occasional publications of the Association of the American Geographers, Washington DC. 17-34.
  • (en) James, P. E. and Martin, G. 1981, All Possible Worlds: A history of geographical ideas, John Wiley & Sons, New York.
  • (en) Sauer, C. 1925, The Morphology of Landscape, University of California Publications in Geography, 22:19-53.