Patator
Le patator (aussi appelé « lance-patate ») est un lanceur artisanal, utilisé pour projeter sur une grande distance un projectile[1],[2],[3],[4],[5], le plus souvent une pomme de terre. À cause de la grande vitesse des projectiles, c'est un outil qui peut blesser sévèrement[6].
Sommaire |
Fonctionnement[modifier]
Patator à combustion[modifier]
Le principe réside dans l'expulsion du projectile à travers un canon grâce à l'explosion d'un gaz contenu dans une chambre. Il se présente sous la forme d'un tube qui sert de chambre de combustion sur lequel sont placés un bouchon (à pas-de-vis) et un réducteur qui réduit le diamètre de la chambre au diamètre du canon. Le plus souvent ce type de patator est construit en tubes de différentes matières, qui doivent être très épais pour limiter les risques d'accidents. L'allumage se fait couramment grâce à une étincelle venant d'un générateur de courant haut voltage.
Patator miniature[modifier]
Le patator miniature est un patator de petite taille. L'allumage s'effectue à l'aide d'un générateur de haut voltage. Le principe de fonctionnement est le même que celui d'un patator à combustion classique.
Patator à air comprimé[modifier]
Le fonctionnement du patator à air comprimé est dû à la libération soudaine de pression contenue dans la chambre qui vient pousser le projectile dans le canon. Ce type de patator peut être conçu de différente manières: on peut juste visser une chambre à air (pressurisée) avec une vanne et un canon, certains patators à air comprimé ( P.A.C) sont équipés d'une pièce artisanale appelée QEV ( vanne d'échappement rapide ou Quick Exhaust Valve) et d'un système bolt action qui permet une recharge rapide. Les combinaisons sont infinies et l'ingéniosité du concepteur fera la qualité de l'instrument.
Patator chimique[modifier]
Le patator chimique fonctionne un peu comme un patator à air comprimé à la seule différence qu'on ne fait pas monter la pression dedans en pompant ou en utilisant un compresseur, mais par le biais d'une réaction chimique comme celle du bicarbonate de sodium et du vinaigre qui produit du dioxyde de carbone gazeux pour les plus petits modèles ou encore celle du cola/mentos qui libère le dioxyde de carbone contenu dans la boisson pour les modèles plus gros. Ce type de patator est beaucoup plus petit que les autres ; il est composé d'un assemblage de deux vannes, d'un bouchon et d'un canon. Ce type de patator doit être réalisé exclusivement en métal et doit pouvoir supporter des pressions bien plus élevées qu'un patator classique[7].
Patator hybride[modifier]
Ce dernier type de patator utilise un système à combustion classique, mais au lieu d'effectuer l'explosion à pression atmosphérique, celle-ci se réalise dans une chambre où le mélange est sous pression. Le mélange à l'intérieur de la chambre est réalisé de manière à ce que celui-ci soit "idéal" (rapport carburant-comburant).
Sécurité[modifier]
Il faut garder à l'esprit que le patator est un objet dangereux à plusieurs titres :
- Intoxication par les gaz de combustion
- Blessures dues à l'explosion d'un patator trop peu résistant par rapport à la violence de l'explosion.
- Blessures dues à la retombée du projectile.
- Traumatisme auditif dû au bruit de l'explosion.
Afin de se prémunir contre les risques, il faut respecter quelques règles de sécurité :
- en utilisant des matériaux et colles de qualité ;
- en construisant un patator en métal ;
- en utilisant un allumage à distance ;
- en portant des protections (lunettes de protection, casque antibruits...).
- en ne visant jamais quelque chose ou quelqu'un avec un patator, les dommages causés par le projectile peuvent être sévères, la puissance est largement suffisante pour causer des fractures osseuses
Législation en France[modifier]
|
|
Cet article ou cette section adopte un point de vue régional ou culturel particulier et doit être internationalisé.
Merci de l'améliorer ou d'en discuter sur sa page de discussion !
|
Le patator est considéré par la loi française comme une arme de septième catégorie[8] (tout objet pouvant devenir potentiellement dangereux pour la sécurité publique). La divulgation des plans du patator n'est pas autorisée[9]. La détention ou utilisation du patator n'est pas interdite.
Les risques encourus sont :
- Pour les mineurs : la confiscation du patator et une convocation au commissariat avec les parents.
- Pour les majeurs : la confiscation du patator et une convocation qui peut entraîner des poursuites pénales.
Notes et références[modifier]
- (en) Carl E. Mungan, « Internal ballistics of a pneumatic potato cannon », European Journal of Physics, vol. 30, no 3, mai 2009, p. 453–457 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 15 août 2011)]
- (en) Eric Ayars et Louis Bucholtz, « Analysis of the vacuum cannon », American Journal of Physics, vol. 72, no 7, juillet 2004, p. 961–963 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 15 août 2011)]
- (en) Hazel M. Pierson et Douglas M. Price, « The Potato Cannon: Determination of Combustion Principles for Engineering Freshmen », Chemical Engineering Education, vol. 39, no 2, printemps 2005, p. 156–159 [texte intégral [PDF] (page consultée le 15 août 2011)]
- (en) Michael Courtney et Amy Courtney, « Acoustic Measurement of Potato Cannon Velocity », The Physics Teacher, vol. 45, no 8, novembre 2007, p. 496–7 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 15 août 2011)]
- (en) William Gurstelle, Backyard Ballistics: Build Potato Cannons, Paper Match Rockets, Cincinnati Fire Kites, Tennis Ball Mortars, and More Dynamite Devices, Chicago, Chicago Review Press, 2001 (ISBN 1-55652-375-0) (OCLC 45861947) [lire en ligne] Backyard Ballistics sur Google Livres.
- (en) Ann E. Barker-Griffith, Barbara W. Streeten, Jerrold L. Abraham, Daniel P. Schaefer et Sylvia W. Norton, « Potato gun ocular injury », Ophthalmology, vol. 105, no 3, 1er mars 1998, p. 535–538 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 15 août 2011)]
- Wiki et forum dédiés aux patators
- Le patator ou le flash-ball artisanal, varmatin.com
- L'inventeur d'un "patator" affole la police, LCI , 28 octobre 2009.