Patator

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Patator à combustion.

Le patator (aussi appelé « lance-patates ») est un lanceur artisanal, utilisé pour projeter sur une grande distance un projectile[1],[2],[3],[4],[5], le plus souvent une pomme de terre. À cause de la grande vitesse des projectiles, c'est un outil qui peut blesser sévèrement[6].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Patator à combustion[modifier | modifier le code]

Le principe réside dans l'expulsion du projectile à travers un canon grâce à la combustion d'un gaz contenu dans une chambre, généralement issu de quelques pulvérisations d'une bombe de laque à cheveux ou de désodorisant d'intérieur. Il se présente sous la forme d'un tube de gros diamètre, qui sert de chambre de combustion, sur lequel sont placés un bouchon (à pas-de-vis) et un réducteur, qui réduit le diamètre de la chambre au diamètre du canon (plus petit). Le plus souvent ce type de patator est construit en tubes de différentes matières, qui doivent être très épais pour limiter les risques d'accidents. Habituellement, des tubes en PVC de gouttière sont très largement suffisants pour fabriquer ce type d'engin.

L'allumage se fait couramment grâce à une étincelle, venant d'un générateur de courant haut voltage ou d'un circuit flash d'appareil photo jetable modifié. Il existe également des patators dont l'étincelle est produite par un contacteur de briquet électronique modifié. Afin d'éviter les accidents, il est recommandé de toujours laisser l'arrière du gros tube dégagé. En effet, c'est cette partie (la chambre de combustion) qui contient le filetage et le bouchon vissé qui va avec. Lorsqu'un patator est trop chargé, si la patate résiste trop, la pression de la combustion cherchera forcément à se libérer, et c'est généralement le bouchon qui lâchera en premier[7]. Si le tireur se retrouve derrière à ce moment-là, c'est une belle fracture ou une forte douleur à la clé.

Patator miniature[modifier | modifier le code]

Le patator miniature est un patator de petite taille. L'allumage s'effectue à l'aide d'un générateur de haut voltage ou d'un contacteur piezo-électrique. Le principe de fonctionnement est le même que celui d'un patator à combustion classique. La plupart du temps, les tubes sont constitués d'une colle en bâton, pour la chambre de combustion, et d'un stylo, pour le canon.

Ils peuvent tirer de toutes petites rondelles de pomme de terre, mais également des petits pois, des billes de pistolet à billes, etc... Ils sont toujours dangereux, car ils contiennent quand-même du gaz, mais leur petite taille les rend moins difficiles à employer.

Patator à air comprimé[modifier | modifier le code]

Patator à air comprimé avec QEV.

Le fonctionnement du patator à air comprimé est dû à la libération soudaine de pression contenue dans la chambre qui vient pousser le projectile dans le canon. Ce type de patator peut être conçu de différente manières : on peut juste visser une chambre à air (pressurisée) avec une vanne et un canon, certains patators à air comprimé (P.A.C) sont équipés d'une pièce artisanale appelée QEV (vanne d'échappement rapide ou Quick Exhaust Valve) et d'un système bolt action[pas clair] qui permet une recharge rapide. Les combinaisons sont infinies et l'ingéniosité du concepteur fera la qualité de l'instrument.

Ces patators sont par conception moins dangereux que les modèles à combustion, essentiellement parce-qu'ils ne contiennent que de l'air comprimé. Il faut toutefois bien veiller à manipuler la bouteille avec précautions, car si elle venait à se percer, elle pourrait quand-même causer des blessures.

Patator chimique[modifier | modifier le code]

Le patator chimique fonctionne un peu comme un patator à air comprimé, à la seule différence qu'on ne fait pas monter la pression dedans en pompant ou en utilisant un compresseur, mais par le biais d'une réaction chimique, comme celle du bicarbonate de sodium et du vinaigre, qui produit du dioxyde de carbone gazeux pour les plus petits modèles, ou encore celle du cola/mentos qui libère le dioxyde de carbone contenu dans la boisson pour les modèles plus gros. Ce type de patator est beaucoup plus petit que les autres ; il est composé d'un assemblage de deux vannes, d'un bouchon et d'un canon.

Ce type de patator doit être réalisé exclusivement en métal et doit pouvoir supporter des pressions bien plus élevées qu'un patator classique[8]. Il faut également veiller à bien choisir le mélange chimique employé. Certaines personnes, avides de sensations, jouent aux apprentis chimistes et improvisent des mélanges de substances dont les réactions peuvent vite devenir dangereuses.

Patator hybride[modifier | modifier le code]

Ce dernier type de patator utilise un système à combustion classique, mais au lieu d'effectuer l'explosion à pression atmosphérique, celle-ci se réalise dans une chambre où le mélange est sous pression. Le mélange à l'intérieur de la chambre est réalisé de manière à ce que celui-ci soit « idéal » (rapport carburant-comburant).

Très certainement le plus dangereux de tous, ce type de patator est d'une puissance phénoménale, certains n'ayant pas hésité à concevoir des pièces d'artillerie[9] dont certaines sont de la taille d'un vrai canon de 88 mm allemand. Ces engins reçoivent parfois des gaz sous une pression de 30 bar avant d'être mis à feu. Inutile de préciser que si une soudure est défaillante ou si la conception n'est pas de qualité, le propriétaire de ce genre d'engin risque de se faire balayer par une belle explosion.

Ces systèmes sont généralement employés avec des contacteurs électriques commandés à distance, permettant à l'utilisateur de se mettre à l'abri.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Il faut garder à l'esprit que le patator est un objet dangereux à plusieurs titres :

  • Intoxication par les gaz de combustion
  • Blessures dues à l'explosion d'un patator trop peu résistant par rapport à la violence de l'explosion.
  • Blessures dues à la retombée du projectile.
  • Traumatisme auditif dû au bruit de l'explosion.

Afin de se prémunir contre les risques, il faut respecter quelques règles de sécurité :

  • en utilisant des matériaux et colles de qualité ;
  • en construisant un patator en métal, ou dans un plastique résistant (PVC) ;
  • en utilisant un allumage à distance ;
  • en portant des protections (lunettes de protection, casque antibruits...).
  • en ne visant jamais quelque chose ou quelqu'un avec un patator, les dommages causés par le projectile peuvent être sévères, la puissance est largement suffisante pour causer des fractures osseuses

Les projectiles qu'on peut tirer[modifier | modifier le code]

Le patator peut tirer plusieurs types de projectiles sans bourre comme:

  • Des pommes de terre
  • Des pommes

Des projectiles avec bourre comme:

  • Des clous
  • Des confettis
  • Des billes
  • Des canettes

La bourre sert à assurer une étanchéité parfaite entre l'explosion du gaz et l'air libre.

Législation en France[modifier | modifier le code]

Le patator est considéré par la loi française comme une arme de septième catégorie[10] (tout objet pouvant devenir potentiellement dangereux pour la sécurité publique). La divulgation des plans du patator n'est pas autorisée[11]. La détention ou utilisation du patator n'est pas interdite.

Les risques encourus sont :

  • Pour les mineurs : la confiscation du patator et une convocation au commissariat avec les parents.
  • Pour les majeurs : la confiscation du patator et une convocation qui peut entraîner des poursuites pénales.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Dans le dix-huitième épisode de la saison 7 de Dr House, House emmène Numéro Treize à une compétition de patator.
  • L'une des armes utilisées par le héros du jeu vidéo Canis Canem Edit est un patator.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Carl E. Mungan, « Internal ballistics of a pneumatic potato cannon », European Journal of Physics, vol. 30, no 3,‎ mai 2009, p. 453–457 (DOI 10.1088/0143-0807/30/3/003, lire en ligne)
  2. (en) Eric Ayars et Louis Bucholtz, « Analysis of the vacuum cannon », American Journal of Physics, vol. 72, no 7,‎ juillet 2004, p. 961–963 (DOI 10.1119/1.1710063, lire en ligne)
  3. (en) Hazel M. Pierson et Douglas M. Price, « The Potato Cannon: Determination of Combustion Principles for Engineering Freshmen », Chemical Engineering Education, vol. 39, no 2,‎ printemps 2005, p. 156–159 (lire en ligne [PDF])
  4. (en) Michael Courtney et Amy Courtney, « Acoustic Measurement of Potato Cannon Velocity », The Physics Teacher, vol. 45, no 8,‎ novembre 2007, p. 496–7 (DOI 10.1119/1.2798362, lire en ligne)
  5. (en) William Gurstelle, Backyard Ballistics: Build Potato Cannons, Paper Match Rockets, Cincinnati Fire Kites, Tennis Ball Mortars, and More Dynamite Devices, Chicago, Chicago Review Press,‎ 2001 (ISBN 1-55652-375-0, OCLC 45861947, lire en ligne) Backyard Ballistics sur Google Livres.
  6. (en) Ann E. Barker-Griffith, Barbara W. Streeten, Jerrold L. Abraham, Daniel P. Schaefer et Sylvia W. Norton, « Potato gun ocular injury », Ophthalmology, vol. 105, no 3,‎ 1er mars 1998, p. 535–538 (DOI 10.1016/S0161-6420(98)93039-1, lire en ligne)
  7. (en) [vidéo] DIY Potato Cannon Explodes Fail sur YouTube
  8. Wiki et forum dédiés aux patators
  9. (en) [vidéo] ME1-05H Potato Cannon/Howitzer sur YouTube
  10. Le patator ou le flash-ball artisanal, varmatin.com
  11. L'inventeur d'un "patator" affole la police, LCI, 28 octobre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :