Otto Dietrich

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Otto Dietrich
Otto Dietrich (à droite) aux Accords de Munich avec Adolf Hitler et Neville Chamberlain, en 1938.
Otto Dietrich (à droite) aux Accords de Munich avec Adolf Hitler et Neville Chamberlain, en 1938.
Fonctions
Secrétaire d’État auprès du ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande
26 novembre 1937 –
Prédécesseur Walther Funk
Biographie
Date de naissance 31 août 1897
Lieu de naissance Essen (Empire allemand)
Date de décès 22 novembre 1953 (à 56 ans)
Lieu de décès Düsseldorf (République fédérale allemande)
Parti politique NSDAP
Diplômé de Université de Munich
Université de Francfort
Université de Fribourg

Le docteur Otto Dietrich (Essen, 31 août 1897 - Düsseldorf, 22 novembre 1952) était le chef du service de presse (Reichspressechef) du Reich et un proche de Hitler.

Biographie[modifier | modifier le code]

Première guerre mondiale et études[modifier | modifier le code]

Simple soldat lors de la Première Guerre mondiale, il reçoit la croix de fer (1re classe). Il étudie ensuite dans les universités de Munich, Francfort-sur-le-Main et Fribourg-en-Brisgau, où il obtient un doctorat en sciences politiques en 1921.

Ascension au sein du NSDAP[modifier | modifier le code]

Il adhère à l'idéologie nazie, et devient un membre du NSDAP presqu'immédiatement après sa création en 1919. Le 1er août 1931 il est nommé chef du service de presse du parti nazi, et rejoint la SS l'année suivante. En 1941, il se hisse au grade d'Obergruppenführer, et fait partie des dix-huit Reichsleiters du parti nazi.

Chef du service de presse[modifier | modifier le code]

Secrétaire d'état au ministère de la propagande et attaché de presse d'Hitler, les instructions à la presse pouvaient entrainer une certaine concurrence entre lui et Goebbels. Ses interventions quotidiennes « tagesparole » (thème du jour) ciblent sans détour l'ennemi judéo-bolchevik. Ainsi le 5 juillet 1941 « la plus grande escroquerie de tous les temps est désormais démasquée et révélée: le paradis des ouvriers n'est qu'une gigantesque imposture [...] le Juif a plongé les peuples de l'URSS dans cette misère indescriptible au moyen de son diabolique système bolchévique »[1].

Dietrich garde la confiance du Führer pendant tout le Troisième Reich, jusqu'à ce que Hitler le destitue suite à un différend vers la fin de la guerre. En fait, avec le secret dû à la guerre, Dietrich ne connaissait pas toujours les intentions réelles de Hitler, dont il ne faisait pas partie du "premier cercle".

Après-guerre[modifier | modifier le code]

En l'absence de Goebbels (pour cause de suicide familial), Dietrich aurait bien mieux représenté la propagande nazie au procès de Nuremberg que Hans Fritzsche, bureaucrate subalterne du ministère de la Propagande. On ignore pourquoi il n'y fut pas cité à comparaître, alors qu'il était pourtant prisonnier des Alliés au moment de sa préparation[2]. Dietrich ne comparut donc que dans les seconds procès, lors du procès des ministères, et fut condamné à 7 ans de prison pour crimes contre l'humanité et appartenance à une organisation criminelle, la SS. En captivité il écrit un livre ("Hitler comme je l'ai connu") très critique sur la personnalité de Hitler et dénonçant les crimes commis au nom du nazisme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeffrey Herf, L'Ennemi juif - La propagande nazie, 1939-1945, traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, Calmann-Levy, Paris, 2011 (édition française), ISBN 978-2-7021-4220-2.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Saul Friedländer Les années d'extermination 1939-1945, Points/Histoire éd. Seuil p.269 (ISBN 978-2-7578-2630-0)
  2. François Delpla : Nuremberg face à l'histoire, p. 68. L'Archipel, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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