Nizar ben al-Mustansir

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Nizâr ben al-Mustansir[1] surnommé Al-Mustafâ li-Dîn Allâh[2] est né le 26 septembre 1045[3] au Caire. Son père est Al-Mustansir bi-llah huitième calife fatimide et dix-huitième imam ismaélien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est devenu calife et imam en 1036, à l'âge de sept ans. Il est resté sous l'emprise de ses vizirs. À sa mort, en 1094, son dernier vizir Badr al-Jamali, au pouvoir depuis 1073, est parvenu à remettre de l'ordre en Égypte. Cependant l'empire continue à décliner. Les Seldjoukides prennent la Syrie et certaines parties de l'Arabie.

En 1062, Al-Mustansir bi-llah confie à Nizâr une mission, à la tête de des armées fatimides, dans le port de Damiette[4].

En 1078, Hassan ibn al-Sabbah est au Caire. La cour est divisée sur le choix du successeur d'Al-Mustansir Billah sur le trône califal. Nizâr serait le successeur désigné par son père, mais le vizir Badr al-Jamali aurait préféré que ce soit son jeune frère Al-Musta'li. En 1090, Hassan ibn al-Sabbah prend parti pour celui qui serait l'héritier légitime Nizâr[5]. Il part pour la Perse où il prend la forteresse d'Alamut, près de Qazvin.

Badr al-Jamali meurt à la fin de l'année 1094. Son fils Al-Afdhal lui succède dans ses fonctions de vizir avec le titre de Shahanshah. À la mort du calife, peu de temps après[6], Al-Afdhal va imposer la candidature d'Al-Musta'li, qui n'a que vingt ans, faisant de Nizâr son ennemi irréconciliable[7]. Al-Musta'li est marié à la fille d'Al-Afdhal[4]. Al-Afdhal justifie cette nomination. Il aurait prétendu qu'Al-Mustansir avait changé d'avis, il aurait présenté comme argument le témoignage de la sœur d'Al-Mustansir[8]. Nizâr se réfugie alors à Alexandrie où il a quelques soutiens. Il prend alors le titre de Mustapha li-Din Allah et installe une mission de propagande ismaélienne. Hassan ibn al-Sabbah qui mène la diffusion de l'ismaélisme en Perse l'assure de son soutien. Avec l'aide du gouverneur d'Alexandrie Nasr ad-Dawla Aftakin, qui jalouse Al-Afdhal, Nizâr parvient à repousser Al-Afdhal une première fois jusque dans les faubourgs du Caire. Al-Adfal reprend les armes et vient faire le siège d'Alexandrie. La ville se rend peu de temps après. Nasr ad-Dawla Aftakin est condamné à mort et exécuté[9]. Nizâr est fait prisonnier et amené au Caire où son frère Al-Musta'li le fait emmurer[10].

Nizâr meurt dans sa prison en 1097[4]. Son fils `Alî ben Nizâr al-Hâdî aurait été assassiné en même temps que son père. Seul le petit-fils de Nizâr aurait échappé à la mort emmené par des serviteurs de confiance en Perse se réfugiant auprès de Hassan ibn al-Sabbah à Alamut. Il est élevé avec soin par Hassan ibn al-Sabbah, grand-maître de la secte des Assassins, en grand secret perpétuant l'ismaélisme nizârite[11]. Ceux qui ont suivi Al-Musta`li, constituent les Mustaliens.


Notes[modifier | modifier le code]

  1. Nizâr ben al-Mustansir bi-llah en arabe : nizār ben al-mustanṣir bi-llāh, نزار بن المستنصر بالله
  2. Al-Mustafâ li-Dîn Allâh en arabe, al-muṣṭafā li-dīn allāh, المصطفى لدين الله, l'élu de la religion de Dieu
  3. 10 rabi` al-awwal 436 A.H. d'après (en) M. Th. Houtsma, First Encyclopaedia of Islam, BRILL (ISBN 9004082654, lire en ligne, présentation en ligne), p. 941, article Nizâr b. al-Mustansir.
  4. a, b et c (en) « Al-Nizar (1095-1097) », sur http://www.ismaili.net/
  5. Muḥammad ibn ʻAbd al-Karīm Shahrastānī, Diane Steigerwald, Majlis : discours sur l'ordre et la création, Presses Université Laval,‎ 1998 (ISBN 9782763776408, lire en ligne)
  6. L'article (en) « Al-Nizar in Alexandria », sur http://www.ismaili.net/ donne 1095 comme date de ces évènements. (en) M. Th. Houtsma, First Encyclopaedia of Islam, BRILL (ISBN 9004082654, lire en ligne, présentation en ligne), p. 768, article Al-Mustansir bi'llâh donne 10 janvier 1094 (18 dhu'l-hijja 487 A.H.) ce qui est incohérent : 10 janvier 1094 ⇔ 19 dhu'l-hijja 486 A.H. et 29 décembre 1094 ⇔ 18 dhu'l-hijja 487 A.H. Le même ouvrage est moins précis mais plus cohérent dans l'article (en) M. Th. Houtsma, First Encyclopaedia of Islam (lire en ligne), p. 146, article Al-Afdhal b. al-Djamali où il situe la mort d'Al-Mustansir entre novembre 1094 et janvier 1095.
  7. Christine Millimono, La secte des Assassins: XIe-XIIIe siècles : des "martyrs" islamiques à l'époque des croisades, Editions L'Harmattan (ISBN 9782296075979, lire en ligne)
  8. Ayman Fuʼād Sayyid, La capitale de l'Egypte jusqu'à l'époque fatimide Al-Qāhira et Al-Fusṭāṭ : essai de reconstitution topographique, Orient-Institut der Deutschen Morgenländischen Wissenschaft,‎ 1998 (ISBN 9783515057165, lire en ligne)
  9. (en) Moshe Gil, Ethel (trad. Ethel Broido), A History of Palestine, 634-1099, Cambridge University Press,‎ 1992, 968 p. (ISBN 0521599849, lire en ligne, présentation en ligne), p. 826
  10. (en) M. Th. Houtsma, First Encyclopaedia of Islam (lire en ligne), p. 941, article Nizâr b. al-Mustansir
  11. Aref Tamer, « La Qasida Safiya », Dar El-Machreq,‎ 1967

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Janine & Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2004, 1056 p. (ISBN 978-2-130-54536-1), p. 623-624, article Nizaris