Nicolas Leblanc

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Nicolas Leblanc

Nicolas Leblanc, né à Ivoy-le-Pré (Cher) le et mort à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) le , est un chirurgien et chimiste français. Il est surtout reconnu pour avoir mis au point un procédé d'extraction de la soude ou carbonate de sodium à partir du sel marin, donc à partir d'eau de mer. Le procédé Leblanc est considéré comme l'acte fondateur des industries chimiques au siècle industriel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de chirurgie, ce Berrichon natif de la région d'Issoudun est l'élève du chimiste Jean D'Arcet père, encore nommé Jean Darcet. Leblanc devient en 1780 médecin chirurgien au service de la maison d'Orléans. Son altesse le prince duc d'Orléans subventionne ses recherches visant à obtenir de la soude (comme on appelait le carbonate de sodium à l'époque) à partir du sel marin sous le contrôle de son maître en chimie et s'associe pour l'exploitation du procédé avec lui et les sieurs Henri Shée et Dizé, le premier administrateur des deniers de la maison d'Orléans et le second préparateur de chimie au collège de France.

Statue de Nicolas Leblanc, dans la cour du Conservatoire national des arts et métiers de Paris.

En 1789, Nicolas Leblanc obtient du carbonate de sodium. L'usine créée à Maison-de-Seine aujourd'hui Saint-Denis (à côté du Port Saint-Denis, au bord de la Seine), est une fabrique de soude artificielle active en 1791. Leblanc s'assure la paternité de son invention par un brevet d'invention en 1791. Elle nécessite le soutien financier du duc d'Orléans pour produire 200 à 300 kg de soude par an. Mais la Révolution survient, et très vite, la séquestration des biens du duc d'Orléans et en conséquence de la fabrique de soude, condamne la production. La mort du duc d'Orléans sur l'échafaud en 1793 marque la fermeture et le dépeçage de l'usine induisant à terme la ruine de Leblanc, contraint de rendre public son procédé et indemnisé de façon dérisoire pour son préjudice. La situation peut être analysée différemment sur le moment : pour poursuivre son activité, Leblanc répond à l'appel du comité de salut public qui invite au sacrifice généreux de toute espèce de secret pour la patrie. Il autorise la publication du procédé.

Mais puisque le financement de l'usine n'est pas toujours assuré, il vit alors de divers menus travaux. En 1794, il est contraint de procéder à l'inventaire du laboratoire de Lavoisier, en vue de la vente de ses appareils.

Les aléas de l'activité industrielle provoquent la ruine du directeur Leblanc. C'est un vieillard désespéré qui se suicide en 1806.

Le procédé Leblanc prend une grande ampleur vers 1830, il est utilisé jusque dans les années 1870, puis supplanté par le procédé Solvay. Une importante fabrique de soude artificielle selon le procédé Leblanc est en particulier dirigée par le fils de Jean Darcet, Jean-Pierre-Joseph d'Arcet, sur le site de l'université actuelle de Paris X Nanterre.

Nicolas Leblanc est le père de César-Nicolas-Louis Leblanc (1787-1835), professeur de dessin au Conservatoire des Arts et métiers et dessinateur de machines.