Mont Blanc du Tacul

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Mont Blanc du Tacul
Face Nord du mont Blanc du Tacul depuis l'aiguille du Midi avec la vallée Blanche à ses pieds et le Mont Blanc sur la droite.
Face Nord du mont Blanc du Tacul depuis l'aiguille du Midi avec la vallée Blanche à ses pieds et le Mont Blanc sur la droite.
Géographie
Altitude 4 248 m
Massif Massif du Mont-Blanc
Coordonnées 45° 51′ 24″ N 6° 53′ 16″ E / 45.85667, 6.88778 ()45° 51′ 24″ Nord 6° 53′ 16″ Est / 45.85667, 6.88778 ()  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Ascension
Première 8 août 1855 par un ou plusieurs membres de l'expédition de Charles Hudson, Edward Shirley Kennedy, Edward John Stevenson, Christopher et James Grenville Smith, Charles Ainslie et G. C. Joad
Voie la plus facile Versant NW (PD- à AD, selon conditions) depuis le téléphérique de l'aiguille du Midi

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Mont Blanc du Tacul

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Mont Blanc du Tacul

Le mont Blanc du Tacul est un sommet du massif du Mont-Blanc, situé entre l'aiguille du Midi et le mont Maudit, en Haute-Savoie, culminant à 4 248 mètres. Son épaule (4 028 m) se trouve sur une voie d'accès au mont Blanc.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du sommet avec des congères.

Le mont Blanc du Tacul ressemble à un large trapèze enneigé. Il se situe en Haute-Savoie dans le massif du Mont-Blanc et fait partie des sommets des Alpes de plus de 4 000 mètres dont il est le vingt-quatrième plus haut. Au nord du sommet se trouve l'aiguille du Midi, dont il est séparé par le col du Midi (3 532 m), au sud le mont Maudit, dont il est séparé par le col Maudit (4 035), à l'est les aiguilles du Diable puis le glacier du Géant et à l'ouest l'aiguille de Saussure (3 839 m) puis le glacier des Bossons qui monte jusqu’à son sommet. Il possède une cime secondaire, le sommet oriental (4 247 m), qui est la sortie du pilier Gervasutti[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le mont Blanc du Tacul depuis la pointe Helbronner (face est)

Le sommet du mont Blanc du Tacul a été officiellement gravi pour la première fois le 8 août 1855 par un ou plusieurs membres de l'expédition de Charles Hudson, Edward Shirley Kennedy, Edward John Stevenson, Christopher et James Grenville Smith, Charles Ainslie et G. C. Joad, lors d'une tentative pour atteindre le mont Blanc sans guides[2],[3] : partis de Courmayeur le matin du 7 août, ils franchirent le col du Géant, traversèrent le glacier du Géant, et bivouaquèrent au Rognon sous l'aiguille du Midi ; le lendemain ils levèrent le camp malgré le mauvais temps : « Nous étions alors juste aux pieds de l'aiguille du Midi et du mont Blanc du Tacul, surplombant le glacier des Bossons. Nous eûmes une dure ascension de trois heures pour gravir la pente de neige, dont la partie la plus raide est près du sommet, dont nous mesurâmes précisément la pente, à 52 °, grâce à notre goniomètre. Après avoir franchi par un pont de neige, une crevasse qui coupait la pente dans sa partie la raide, notre homme de tête continua un peu plus loin, et du sommet du mont Blanc du Tacul, aperçut les monts Maudits et le mont Blanc »[4]. Ils renoncèrent alors à poursuivre à cause du temps.

Il est cependant possible que des guides de Courmayeur aient atteint le sommet, lors de tentatives précédentes pour atteindre le sommet du mont Blanc en 1854 et 1855[5] : les 30 et 31 juillet 1855, une expédition montée par J.H. Ramsay avait atteint par cet itinéraire le mur de la côte, vers 4 404 m d'altitude, sans apparemment prendre la peine de franchir au passage les sommets du Tacul et du mont Maudit.

En 1929, le couloir Gervasutti a été conquis pour la première fois par les Italiens D. Filipi, Piero Ghiglione et Francesco Ravelli et, en 1934, en ligne directe par Giusto Gervasutti et Renato Chabod. En 1936, Gabriele Boccalate gravit le pilier est-nord-est du mont Blanc du Tacul (pilier Boccalate) en compagnie de Nini Pietrasanta. Dans les années 1950, Hermann Buhl gravit le couloir Gervasutti en deux heures seulement en solitaire. En 1968, ce même couloir a été descendu pour la première fois à ski par Sylvain Saudan[6].

Voies d'ascension[modifier | modifier le code]

Face Nord du mont Blanc du Tacul depuis l'aiguille du Midi, septembre 2008

L'épaule du mont Blanc du Tacul est sur une des voies Normale du mont Blanc dite des « Trois Monts »[7].

Son ascension se fait généralement par sa face Nord qui mène à son épaule plus en remontant l'arête Nord. Quelques rochers mènent au sommet, cette voie étant également accessible via le téléphérique de l'aiguille du Midi[8].

Le versant Est comporte de nombreux couloirs (Gervasutti, Jager, du Diable, etc.) de niveau D et qui sont régulièrement skié par les amateurs de pente raide[9].

De nombreuses goulottes strient également ses faces dont les plus renommées sont la Gabarrou-Albinoni, la Modica-Noury et le Supercouloir[10].

Sa facette Nord, le triangle du Tacul regorge de goulottes « école », faciles d'accès et très fréquentées[11].

Par la traversée des aiguilles du Diable, cette grande course d'altitude comporte des passages rocheux (du 4 et du 4+) de la neige et de la glace[12].

Enfin, le fameux pilier Gervasutti[13] se trouve sur ce versant.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Goedeke, 4000 des Alpes, Libris, coll. « Les Guides Libris »,‎ juin 2007, 178 p.
  2. Charles Henri Durier, Joseph Vallot, Le Mont-Blanc, rééd. La Fontaine de Siloé, 2000 lire en ligne, p.298
  3. François Labande, La Chaîne du Mont-Blanc : Guide Vallot. Sélection de voies, t. 1 : À l'ouest du col du Géant, Éditions Arthaud,‎ 1987
  4. « We were now placed immediately between the bases of the Aiguille du Midi and the Mont Blanc du Tacul, overlooking the Glacier des Bossons. We had now a rather stiff climb of three hours in order to ascend the snow-slope, the steepest part of which is near the top, and which by accurate measurement made with our goniometer we found inclined at an angle of 52 degrees. After passing by mean of a snow-bridge, a crevasse which crossed the slope at its steepest part, and in a longitudinal direction, our leading man proceeded a short distance further, and from the summit of the Mont-Blanc du Tacul he had a view of the Monts Maudits and of Mont Blanc. » Charles Hudson, Edward Shirley Kennedy, Where there's a will there's a way : an ascent of mont Blanc by a new route and without guides, 1856 lire en ligne, p.16
  5. Helmut Dumler, Willi P. Burkhardt, The High Mountains of the Alps, Diadem, 1994, p. 219
  6. Richard Goedeke, 4000 des Alpes, Libris, coll. « Les Guides Libris »,‎ juin 2007, 178 p.
  7. Topo du mont Blanc par les Trois Monts
  8. Topo de la voie Normale du Tacul
  9. Topo des couloirs du Tacul
  10. Topo des goulottes du Tacul
  11. Topo des goulottes du Triangle du Tacul
  12. Jean-François Hagenmüller, François Marsigny, François Pallandre, L'alpinisme : des premiers pas aux grandes ascensions, édition Glénat, coll. « Montagne randonnée », 2009, p.100 (ISBN 2723462153)
  13. Topo du pilier Gervasutti