Joseph Vallot

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Joseph Vallot en 1892

Henri Marie Joseph Vallot est un astronome, géographe, naturaliste, alpiniste et mécène français, né le 16 février 1854 à Lodève (Hérault) et mort en 1925 à Nice.

Issu d'une famille fortunée, il ne connaîtra jamais de problème financier et sa fortune lui permettra de payer la plus grande partie de la construction de son observatoire. Cependant les scientifiques ne le considèreront jamais comme véritablement un des leurs mais au mieux pour un homme riche se distrayant avec la science, alors que ses travaux exercés dans divers domaines : botanique, glaciologie, construction, géologie, photographie, médecine, physiologie, cartographie, alpinisme, météorologie, spéléologie, … ont été reconnus comme ayant un intérêt scientifique important.

Ses travaux[modifier | modifier le code]

Il découvre le mont Blanc en 1875 lorsqu’il se rend à un congrès de géologie qui se tient à Chamonix. Entre lui et la montagne il y a alors comme un véritable coup de foudre. À cette époque, malgré les quelques observations scientifiques menées par le naturaliste genevois, Ferdinand de Saussure, tout reste encore à découvrir sur la vie en altitude, le mouvement des glaciers, et de nombreuses autres questions. Il réalise sa première ascension en 1881 et rapidement décide de faire construire un observatoire-laboratoire où il pourra se livrer à de nombreuses expériences scientifiques, à une époque où les médecins estimaient comme très dangereux pour la santé de s’endormir à une si haute altitude, certains prédisant même la mort.

En 1887, pour prouver qu’il est possible de vivre, dormir, manger et travailler à une si haute altitude, Vallot et ses guides passent trois jours et trois nuits sous une tente au sommet du mont Blanc. À leur descente, ils reçoivent un accueil triomphal. Cette même année, Vallot effectuera cinq fois l’ascension. Les trois années suivantes, il continue ses observations tout en négociant avec la municipalité de Chamonix et la compagnie des guides, les conditions de la construction d’un refuge-laboratoire sur le site du rocher des Bosses situé à seulement 450 mètres en dessous du sommet. Il obtient 800 francs de la municipalité et 200 francs des guides et investit lui-même 5 500 francs.

En 1890, 110 guides et porteurs montent en huit jours sur leur dos (15 à 30 kg chacun) les matériaux nécessaires à la construction d’une cabane de 5 mètres sur 3 avec deux pièces, la première servant de refuge et la deuxième de laboratoire. Ce premier observatoire est réalisé à une altitude de 4 362 m et achevé fin août 1890. Un deuxième refuge, la cabane Vallot, réservé aux guides et aux ascensionnistes est construit plus tard en 1892 un peu plus loin à 4 365 m.

L’année suivante en 1891, la communauté des scientifiques, mandate un des leurs, Jules Janssen (1824-1907), pour construire un « observatoire de l’État » au sommet même du mont Blanc. Janssen a largement dépassé les soixante ans et boîte, c’est donc sur un traîneau tiré par une douzaine de guides qu’il atteint le sommet. L’équipe est accueilli à l’observatoire Vallot. Ce dernier qui connaît bien la montagne estime que l'observatoire Janssen s'enfoncera dans la neige et disparaîtra à moyen terme. Après la mort de Janssen en 1907, l'observatoire s'abîme rapidement et démonté en 1910 ses planches seront utilisées pour chauffer le refuge Vallot.

L'observatoire Vallot est quant à lui agrandi au cours des années 1891 et 1892. En 1898, un nouvel observatoire est construit sur une surface de 60 m² comprenant huit pièces. Ce nouveau bâtiment prend en compte l'expérience acquise sur les deux premiers bâtiments pour améliorer le confort de Joseph Vallot et celui de ses invités, avec une double paroi de bois pour les murs, quatre paratonnerres, le corps du bâtiment entièrement revêtu de feuilles de cuivre pour assurer une étanchéité absolue et un bon échauffement intérieur lorsque le soleil brille, Il y fait aussi installer un salon chinois meublé d'un canapé incrusté de nacre, de tapis brodés, de meubles laqués et de bibelots précieux.

Joseph Vallot a aussi travaillé sur un projet de train qui devait amener les touristes sur le sommet du mont Blanc et sur le premier projet de téléphérique de l’aiguille du Midi dont la première section Les Pélerins - La Para sera inaugurée en 1924[1], constituant le premier téléphérique de France. Une seconde section jusqu'aux Glaciers sera achevée après sa mort en 1927 et une troisième jusqu'au col du Midi, entamée dans les années 1930, restera à l'état de ligne de service.

Mordu de photographie, il a ramené de très nombreux clichés remarquables de ses expéditions en montagne. Le Musée alpin de Chamonix conserve de nombreux documents le concernant et a reconstitué le salon chinois de son observatoire.

Joseph Vallot va aussi aider son cousin l’ingénieur Henri Vallot, à réaliser, à partir de 1892, la carte au 1/20 000ème du massif du Mont-Blanc et ceci sans bénéficier des moyens modernes (hélicoptères, avions et satellites)[2]. Ce travail sera achevé après sa mort par son petit cousin Charles Vallot qui lancera la fameuse collection des guides Vallot, véritables guides des alpinistes. Henri Vallot encouragera la vocation de Paul Helbronner qui réalisera la triangulation de l’intégralité des Alpes françaises.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Son épouse se prénommait Gabrielle et sa fille Madeleine, cette dernière détint à son époque le record des ascensions du mont Blanc. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 36).

Son legs[modifier | modifier le code]

Refuge Vallot[modifier | modifier le code]

Article détaillé : refuge Vallot.

Aujourd’hui, ce refuge n’est pas gardé et n’accueille plus les alpinistes. Il appartient aujourd’hui au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et reste utilisé par des scientifiques qui étudient la physiologie en altitude (étude des comportements). C’est une véritable petite maison, comprenant tout ce qui est nécessaire pour passer une nuit : cheminée, poêle, petite cuisine, réserve de bois. On peut également y découvrir le matériel de météorologie de Joseph Vallot. Une annexe métallique est en revanche accessible en permanence et permet aux alpinistes de se reposer ou de se réfugier par mauvais temps.

Exposition[modifier | modifier le code]

En 1998-1999, à Chamonix, a eu lieu une exposition  : « Joseph, Henri, Charles et les autres... Les Vallot à Chamonix », Chamonix / Michel Eggs au Musée alpin de Chamonix[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Berne, « TPH de l'aiguille du Midi, dit des Glaciers - Chamonix-Mont-Blanc », sur Remontees-mecaniques.net (consulté le 21 septembre 2011)
  2. (fr) « Carte du Mont Blanc dressée par Joseph et Henri Vallot », Documents anciens, Au pays du Mont Blanc (consulté le 2009-11-03)
  3. (fr) « Chamonix réhabilite le créateur de l'observatoire VallotJoseph Vallot a été dénigré par la communauté scientifique de l'époque », Tribune de Genève,‎ 23 mai 1998 (consulté le 2009-11-03)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Vallot est l’abréviation botanique officielle de Joseph Vallot.
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