Mohole

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Mohole est le nom d'un forage dont le but était de traverser la croûte terrestre pour atteindre le manteau pour effectuer des prélèvements d'échantillons. C'était censé être la réponse des géologues à la conquête de l'espace.

Le nom Mohole est un hommage au géologue croate Andrija Mohorovičić qui fut le premier à révéler la discontinuité dite de Mohorovičić (le Moho) entre la croûte et le manteau terrestres, hole signifiant "trou" en anglais.

L'idée du projet revient à l'américain Walter Munk en 1957, membre de la National Academy of Science, du comité des sciences de la Terre de la National Science Foundation (NSF) et de l'American Miscellaneous Society (AMSOC) qui finança en partie le projet à partir de 1958.

Un navire, le Cuss I, fut affrété et muni d'un équipement lourd de forage du même type que les forages pétroliers et dont la position était contrôlée par un système de navigation fourni par la société Bendix-Pacific.

Mohole comportait trois phases :

  • un programme de forage expérimental
  • un programme intermédiaire de tests de navires
  • le forage final à travers le Moho

Après quelques tentatives au large de La Jolla en Californie, la phase 1 commença sérieusement à Guadalupe au Mexique en mars et avril 1961. Cinq trous furent percés dont l'un atteignit 183 mètres sous le plancher marin à une profondeur de 3560 mètres. Les roches prélevées dans une première couche à 170 mètres sont de type sédimentaire et ont été datés entre le Miocène et le Pliocène. Au-dessous les roches se révèlent être du basalte. Une équipe russe participa même à cette phase.

Le succès de la première phase entraîna une implication plus grande de la NSF, mais des tensions apparurent avec l'AMSOC qui fut finalement dissoute en 1964. La seconde phase ne sera pas mise en œuvre et le projet s'achève officiellement en 1966, faute de crédits : Mohole devient Nohole (en anglais : pas de trou).

Lors de la phase 3 on devait percer la croûte terrestre depuis le fond de l'océan Pacifique (là où elle est la moins épaisse) afin d'effectuer des prélèvements d'échantillons du manteau qui auraient apporté des réponses aux questions sur l'âge et les mécanismes internes de la Terre.

50 millions de dollars auront été dépensés mais l'expérience aura permis de développer des techniques de stabilisation de navires ainsi équipés ainsi que le système de sonars qui les ont permises.

Les "Moholes" peuvent également présenter un intérêt comme source d'énergie alternative, sur le principe de l'échange de chaleur. Le rendement en l'état actuel de nos technologies n'est cependant pas acquis. L'article sur la géothermie donne un ordre de grandeur de cette forme d'énergie.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Dans son cycle littéraire de science-fiction "La Trilogie de Mars" consacré à la terraformation, Kim Stanley Robinson évoque de gigantesques moholes (plusieurs dizaines de mètres de diamètres) creusés dans la croûte martienne, et dont le but est de réchauffer la planète par un échange de chaleur entre le sous-sol et l'atmosphère (le mohole se comportant comme une immense cheminée).
  • En 1970, un épisode de la série de science fiction Doctor Who, « Inferno » raconte la fin du monde suite au déraillement d'un projet similaire.

Articles connexes[modifier | modifier le code]