Manuae (îles Cook)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Manuae.
Manuae
Carte de Manuae
Carte de Manuae
Géographie
Pays Drapeau des Îles Cook Îles Cook
Archipel Groupe méridional des îles Cook
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 19° 43′ 01″ S 158° 57′ 00″ O / -19.717, -158.9519° 43′ 01″ S 158° 57′ 00″ O / -19.717, -158.95  
Superficie 6 km2
Géologie Atoll
Administration
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Îles Cook

(Voir situation sur carte : Îles Cook)
Manuae
Manuae

Manuae est un atoll présentant deux motu : Ta Au O Tu à l'est et Manuae à l'ouest. Situé à 229 kilomètres au Nord de Rarotonga et 110 à l'Est d'Aitutaki, sa superficie totale est de 6 km² (2,1 km² pour Manuae et 3,9 pour Te Au O Tu).

Sur un plan géologique, l'atoll est la partie émergée du sommet oriental d'un volcan sous-marin dont la base située à 3000 mètres de profondeur fait 56 kilomètres de diamètres. La pointe occidentale correspond aux récifs de l'astronome situés à 13 kilomètres à l'ouest de Manuae.

Depuis les années 1970, l'île est inhabitée

Histoire[modifier | modifier le code]

Tradition(s) orale(s)[modifier | modifier le code]

Il existe concernant le peuplement de l'atoll deux cycles narratifs concurrents, l'un d'Aitutaki, l'autre d'Atiu, reflétant l'ancienne rivalité des deux îles à propos de Manuae.

Selon la tradition orale polynésienne d'Aitutaki, l'île aurait été découverte par Ruatapu. Originaire de Taputapuatea[1], il fit tout d'abord escale sur Mauke et Atiu. A Atiu, un chef du nom de Renga lui donna un couple de kurāmo'o[2] et quelques noix de coco. Il découvrit alors l'atoll où il passa quatre jours. Il y planta les noix de coco et libéra les oiseaux avant de s'installer finalement à Aitutaki. De nombreuses années plus tard il y envoya l'un de ses fils Tupui ainsi que l'épouse de ce dernier. Ils s'installèrent sur l'un des deux motu qu'ils baptisèrent te "'Au O Tupui"[3] (aujourd'hui appelé Te Au o Tu). Deux années plus tard, un certain Rongovei arriva sur l'île accompagné de deux femmes. Tupui décida alors de l'installer sur l'autre motu (Manuae) pourqu'il en devienne l'ariki (roi)[4].

Selon la tradition d'Atiu, Ruatapu trouva l'île déjà peuplée. En effet, elle fut pour la première fois habitée par deux frères originaires d'Atiu. Ils allèrent tout d'abord sur Aitutaki pour y kidnapper des femmes avant de finalement s'installer sur Manuae. Quelques Aitutakiens les poursuivirent pour se venger, mais une fois arrivés sur l'île, ils firent la paix avec les deux frères et décidèrent de rester sur place.

D'autres récits évoquent également l'installation de Mangaians à une date indéterminée. Toujours est-il que l'île était semble-t-il régulièrement visitée par les populations des îles adjacentes, Aitutaki et Aitu essentiellement, afin d'y récolter les noix de coco ou d'y chasser le kuramo'o dont les plumes rouges servaient à la confection du "pare kura"[5], la coiffe des ariki. La rareté de ces plumes en faisait toute la valeur. Selon un autre récit d'Aitutaki, lors de l'une de ces visites, des Aitutakiens furent tués. Les chefs envoyèrent alors sur place une expédition punitive de six grandes pirogues pour capturer la population. Certains furent tués, d'autres ramenés à Aitutaki comme esclaves. D'après Tama Isereala, cet incident aurait eu lieu en 1822 ou 1823[6]

Histoire écrite[modifier | modifier le code]

James Cook visita deux fois Manuae. Son premier passage eut lieu le 23 septembre 1773 lors de sa seconde circumnavigation. Ne voyant apparemment aucune population sur l'île, il ne débarqua pas. Il y repassa au large le 6 avril 1777. Le navire fut cette fois-ci approché par quelques pirogues. Les insulaires lui apprirent qu'ils avaient vu quelques années auparavant deux grandes pirogues. Cook en conclut qu'il s'agissait de la Resolution et l'Adventure, les deux navires de sa précédente expédition. Le second de Cook, le lieutenant King fut envoyé en reconnaissance mais à l'approche des côtes, apercevant les insulaires armés de casse-têtes et de lances il fit prudemment demi-tour. Cook baptisa l'atoll, l'île Sandwich avant de se raviser pour île Hervey[7] ayant décidé de donner ce nom aux îles Hawaii.

Le missionnaire de la LMS, John Williams visita l'île le 7 juillet 1823. À l'époque y vivaient environ 60 personnes. Lorsqu'il y repassa en 1830, Manuae n'était semble-t-il plus peuplée que par une dizaine de personnes (cinq hommes, trois femmes et quelques enfants). Williams les emmena sur Aitutaki.

En 1852, le Capitaine Lamont se rendit à son tour à Manuae. Il y trouva un Européen du nom de George qui y vivait avec ses deux épouses et ses enfants. En 1889, l'île passa comme le reste des Cook sous protectorat britannique avant d'être annexée par la Nouvelle-Zélande en 1901. Les autorités coloniales en firent jusqu'en 1915 une colonie pénitentiaire, Rarotonga n'ayant pas de prison. Les prisonniers ramassaient le copra pour le compte de la Cook Islands Company à qui l'île était louée. L'île passa par la suite sous administration d'Aitutaki.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il peut ici s'agir d'une référence à un lieu de l'île de Raiatea, ou de Rarotonga.
  2. Sous espèce endémique de loriinae, perroquet au plumage bleu et rouge.
  3. Le royaume (pouvoir) de Tupui
  4. Timi Koro, Low Drury, ''The story of the canoe Te Kare roa i Tai which was sailed by Ruatapu" in "Traditions of Aitutaki (part 3)" in JPS, vol.43 (1934). p.171-186
  5. Littéralement "Chapeau rouge" ou "Chapeau de perroquet".
  6. Tama Isereala, "Genealogies of Aitutaki", in JPS, vol.12, 1903. Traduit par J.T. Large.
  7. Du nom de l'un des Lord de l'Amirauté, ce nom fut par la suite donné à l'ensemble du groupe méridional de l'archipel des Cook et ce jusqu'en 1824, date à laquelle le cartographe Johann_Adam_von_Krusenstern rebaptisa l'archipel îles Cook en l'honneur du Capitaine anglais

Annexes[modifier | modifier le code]

Passage de Cook à Manuae le 6 avril 1777[modifier | modifier le code]

Extrait de l'ouvrage "Le troisième voyage de Cook" traduit par Jean Nicolas Démeunier, 1785, vol 1.P. 264-266

Source[modifier | modifier le code]

  • Alphons M.J. Kloosterman, "Discoverers of the Cook Islands and the names they gave", Cook Islands Library and Museum, Bulletin n°1, 1976.
  • Richard Gilson, "The Cook Islands (1820-1950)", USP, 1980