Le Loup des steppes
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Le Loup des steppes (Der Steppenwolf) est un roman écrit par Hermann Hesse et publié pour la première fois en 1927. Chef d’œuvre de la littérature du XXe siècle, interdit sous le régime nazi, ce roman a marqué son époque et reste aujourd'hui une des œuvres essentielles de Hesse.
Sommaire |
L'histoire [modifier]
Le Loup des steppes raconte l’histoire de Harry Haller, un homme désabusé, tiraillé entre un besoin d'isolement, presque de sauvagerie, un aspect de lui même qu'il nomme « le loup des steppes », et l’intégration dans la société, qu'il recherche malgré tout encore et toujours.
La découverte d'un fascicule décrivant sa propre histoire, ainsi que sa rencontre avec Hermine, qui le prend sous son aile, vont l'obliger à sortir de son existence recluse et à se confronter aux multiples aspects de sa personnalité. Il entame ainsi un parcours initiatique (thème cher à Hermann Hesse) qui le fera passer par toutes les facettes possibles de son existence. Il apprendra à jouir de la vie et à utiliser l'humour pour se distancier de l'absurdité du monde et progresser.
Les personnages [modifier]
- Harry Haller : personnage principal.
- Hermann : meilleur ami de Harry (seulement mentionné tout au cours de l'œuvre).
- Hermine : jeune femme rencontrée par Harry dans un état second dans un bar, qui va le prendre en charge pour lui redonner le goût de la vie dans ce monde.
« Si tu étais un garçon, dis-je, tout interdit, tu devrais t'appeler Hermann.
— Qui sait, fit-elle en plaisantant, peut-être le suis-je et n'est-ce qu'un déguisement.
— T'appelles-tu Hermine ?
Elle fit oui, radieuse, heureuse que j'eusse deviné. »
- Pablo : saxophoniste ami de Hermine, que va rencontrer Harry.
- Maria : jeune femme, sorte de demi-mondaine que va côtoyer Harry.
- Gustave : ami d'enfance de Harry qu'il retrouve à la fin du roman.
Extrait [modifier]
« Celui qui a goûté aux autres journées, à ces journées funestes marquées par des crises de goutte ; à ces journées où une névralgie épouvantable, térébrante, venue se loger derrière les prunelles des yeux, jette un maléfice sur toute activité visuelle et auditive, la transformant diaboliquement de joie en torture ; à ces journées d'agonie de l'âme, à ces âpres journées de vide intérieur et de désespoir où, au beau milieu d'un monde détruit, exploité par les sociétés anonymes, l'univers des hommes et leur prétendue culture apparaissent à chaque seconde dans leur splendeur de pacotille, mensongère et vulgaire, grimaçant comme un personnage répugnant dont l'image se concentre dans l'esprit malade jusqu'au comble du désespoir. Celui qui a goûté à cet enfer éprouve beaucoup de satisfaction à vivre des journées normales, en demi-teinte, semblable à celle qui venait de s'écouler. Il est assis, reconnaissant, près du poêle chaud ; en lisant le journal du matin, il constate, reconnaissant, qu’aujourd’hui encore aucune guerre n’a été déclarée, qu'aucune dictature nouvelle n’a été instaurée, qu'aucune affaire particulièrement véreuse n'a été découverte dans le monde politique ou économique ; il accorde, reconnaissant, les cordes de sa vielle rouillée et entame un hymne empreint de retenue, d'enthousiasme modéré, allant presque jusqu'à la gaieté, qui lasse la vague divinité à laquelle il s'adresse, une divinité satisfaite, placide, douce, légèrement étourdie par le bromure. Et, dans cette atmosphère épaisse et tiède d'ennui béat, d'indolence suscitant une immense gratitude, cette vague divinité qui hoche la tête avec lassitude et ce vague être humain qui chante son psaume d'une voix étouffée, se ressemblent comme deux jumeaux. »
— Tiré du premier chapitre du Loup des steppes
Adaptations et références [modifier]
- Le livre a été adapté au cinéma en 1974 par Fred Haines avec Max von Sydow dans le rôle principal.
- Le morceau Steppenwolf du groupe de rock Hawkwind fait référence au roman.
- Le titre du roman a été repris par le groupe de rock Steppenwolf.