Sémelparité et itéroparité

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La sémelparité et l’itéroparité sont deux stratégies de reproduction opposées. Une espèce est dite sémelpare si ses individus ne se reproduisent qu’une fois au cours de leur vie, et itéropare s’ils se reproduisent plusieurs fois. Parmi les végétaux, les plantes annuelles vivent un an et sont généralement sémelpares. Les vivaces ont une vie plus longue et sont généralement itéropares[1].

Chez les espèces sémelpares, la mort qui suit la reproduction fait partie d’une stratégie visant à mettre toutes les ressources disponibles dans l’acte reproductif.

Généralités[modifier | modifier le code]

Sémelparité[modifier | modifier le code]

Les saumons du pacifique du genre Oncorhynchus sont pour la plupart sémelpares. Ici, Oncorhynchus nerka.

Le terme sémelpare vient du latin semel, « une fois » et du verbe pario (parere), « enfanter ». Certains parlent de reproduction « Big Bang », étant donné que les événements reproductifs de ces derniers sont prolifiques et fatals[2]. Un exemple classique d’organisme sémelpare est le saumon du Pacifique du genre Oncorhynchus qui vit de nombreuses années dans l’océan avant de retourner vers les eaux douces où il est né afin d’y frayer puis de mourir. On retrouve d’autres animaux sémelpares chez de nombreux insectes comme certains papillons, les cigales ou les éphémères ; chez les mollusques comme la seiche ou la pieuvre et de nombreux arachnides. La sémelparité est beaucoup plus rare chez les vertébrés, mais en plus du saumon on y retrouve l’éperlan et le capelan, quelques reptiles et amphibiens et certains marsupiaux[3].

Parmi les plantes sémelpares on retrouve les plantes annuelles, comprenant les céréales et la plupart des légumes, et d’autres ayant une durée de vie plus longue comme l’agave et certaines espèces de bambous[4].

Itéroparité[modifier | modifier le code]

Avec ses nombreuses portées, le cochon est un bon exemple d’organisme itéropare.

Le terme itéropare vient du verbe latin itero (iterare), « recommencer » et du verbe pario (parere), « enfanter ». Un exemple d’organisme itéropare est l’humain : bien que de nombreuses personnes puissent choisir de n’avoir qu’un seul enfant, leur organisme reste capable de reproduire de nombreuses fois. Les vertébrés itéropares incluent tous les oiseaux, la plupart des reptiles, mammifères et poissons. Parmi les invertébrés on retrouve la plupart des mollusques et de nombreux insectes comme les moustiques ou les blattes. La plupart des plantes vivaces sont itéropares.

Analyse des stratégies[modifier | modifier le code]

L’analyse de ces stratégies se base essentiellement sur deux concepts majeurs : la valeur reproductive (en) de Ronald Aylmer Fisher et le concept de coût de reproduction de George C. Williams qui poursuit les travaux de Fisher[5].

Un organisme possède un total d’énergie disponible limité et doit donc le répartir entre de nombreuses fonctions : la croissance, la reproduction et la maintenance. Toute énergie dépensée dans l’une de ces fonctions fera défaut à une autre. De plus, l’énergie allouée à ces fonctions peut être modifiée à tout moment pour des raisons externes à l’organisme lui-même : raréfaction de la nourriture disponible, changement brusque de température, etc…

Enfin, au niveau de la reproduction elle-même et de ses conséquences, il faut encore comparer le bénéfice accordé par un acte reproducteur présent et réussi au coût engendré par les futurs actes : dans certaines conditions il sera préférable d’accroître ou, à l’opposé, d’abandonner l’investissement parental, le seul but étant d’augmenter au final la valeur sélective.

C’est ce compromis perpétuel − ou stratégie d’histoire de vie (en) − entre les différentes fonctions qui peut amener une espèce à basculer d’une stratégie à l’autre. On pense d’ailleurs aujourd’hui que la sémelparité représente une évolution de l’itéroparité : les environnements plus ou moins hostiles étant la source de cette convergence évolutive[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Nicholas J. Gotelli, A Primer of Ecology, Sunderland,‎ 2008 (ISBN 9780878933181)
  2. (en) Robert E. Ricklefs et Gary Leon Miller, Ecology, Macmillan,‎ 1999 (ISBN 071672829X)
  3. (en) Natalia O. Leiner, Eleonore Z. F. Setz et Wesley R. Silva, « Semelparity and Factors Affecting the Reproductive Activity of the Brazilian Slender Opossum (Marmosps paulensis) in Southeastern Brazil », Journal of Mammalogy, American Society of Mammalogists, vol. 89, no 1,‎ février 2008, p. 153–158 (lien DOI?, lire en ligne)
  4. (en) Truman P. Young et Carol K. Augspurger, « Ecology and evolution of long-lived semelparous plants », Trends in Ecology and Evolution, vol. 6,‎ 1991, p. 285–289 (lien DOI?, lire en ligne)
  5. a et b Olivier Lourdais, Coûts de la reproduction, gestion des ressources et fréquence des épisodes reproducteurs chez la vipère aspic (Vipera aspis), Université de Poitiers,‎ 19 novembre 2002

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald Aylmer Fisher, The Genetical Theory of Natural Selection, Oxford University Press,‎ 1930, 318 p. (ISBN 9780198504405)
  • (en) George Christopher Williams, Adaptation and Natural Selection: A Critique of Some Current Evolutionary Thought, Princeton University Press,‎ 1966, 307 p. (ISBN 9780691026152)
  • De Wreede, R.E, and T. Klinger. Reproductive strategies in algae. pp. 267–276 in: Plant Reproductive Ecology: Patterns and Strategies. J.L Lovett-Doust & L.L Lovett-Doust (eds). Oxford University Press.
  • Fritz, R.S., N.E. Stamp, and T.G. Halverson. 1982. Iteroparity and semelparity in insects. The American Naturalist 120:264-68.
  • Ranta, E., D. Tesar, and V. Kaitala. 2002. Environmental variability and semelparity vs. iteroparity as life histories. Journal of Theoretical Biology 217:391-398.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]