La Solitude du coureur de fond (film)

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La Solitude du coureur de fond

Description de cette image, également commentée ci-après

Solitude du coureur…

Titre original The Loneliness of the Long Distance Runner
Réalisation Tony Richardson
Scénario Alan Sillitoe d’après sa nouvelle éponyme
Acteurs principaux

Tom Courtenay (Colin Smith)
Michael Redgrave (Ruxton Towers)

Sociétés de production Woodfall Film Productions
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Drame
Sortie 1962
Durée 104 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Solitude du coureur de fond (The Loneliness of the Long Distance Runner) est un film britannique réalisé par Tony Richardson, sorti en 1962.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Colin Smith est un jeune révolté, qui, à la suite d’un vol commis dans une boutique, est placé dans un centre d'éducation surveillée. Pratiquant la course de fond, il s’évade en rêveries de son morne quotidien durant ses courses solitaires. Il gagne sa notoriété dans l'établissement grâce à ses performances de coureur et prend le parti de suivre les ambitions qu’a pour lui Ruxton Towers, le directeur du centre…

Thèmes et contexte[modifier | modifier le code]

  • Ce film est une adaptation de la nouvelle d'Alan Sillitoe La Solitude du coureur de fond.
  • Le titre du film pourrait donner son nom au syndrome de « la solitude du coureur de fond » : l'enfant ou l'adulte refusant délibérément de réussir parce qu'il pense, à tort ou à raison (dans le film, c'est à juste titre), que sa réussite va faire le jeu de ceux qui l'ont opprimé. Réussir serait donc trahir son milieu d'origine et, même si l'échec doit le vouer à une vie pénible, c'est la solution qu'il choisira. On voit fréquemment cela chez les jeunes issus de milieux défavorisés qui, avec un certain sadomasochisme, semblent se faire une gloire de leurs échecs en s’arrêtant juste au moment de toucher la ligne d'arrivée. Ils croient que réussir serait comme se couper « des leurs », ceux qu'ils aiment, comme s’ils les méprisaient, eux qui n'ont pas réussi et ils se sacrifient en signe de loyauté. Une image symbolique du film : celle de Smith qui refuse d'avancer, les mains sur les hanches.

Point de vue de la critique[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Bory[1] : « Le beau titre. Comme tous les beaux titres, il satisfait d’abord à son harmonie propre. Satisfaction qui relève du « charme » poétique. Puis viennent les interprétations. Elles sont au moins deux comme pour toute poésie. Au premier degré nous demeurons sur le plan des apparences, de la réalité pure et simple : il s’agit bien d’un coureur de fond qui, tout le long de sa course épuisante, se trouve seul, livré à ses seules ressources physiques et morales. […] Au deuxième degré, sur le plan du symbole : tout au long de sa vie, assimilée à une épreuve sportive, tout homme est ce coureur solitaire, surtout quand il a choisi la révolte. Tout le film de Richardson se bâtit sur l’étroit enlacement de deux suites de scènes en accord avec cette double interprétation ;[…] La réussite de ce film tient beaucoup à l’étonnante présence de Tom Courtenay. D’un physique plutôt ingrat — qui évoque l’oiseau tombé du nid, le petit animal frileux — il joue avec une étonnante variété. […] Excellente bande sonore où la musique, loin de faire double emploi avec l’image, joue en contraste grinçant (les cantiques sur une des images de passage à tabac) ou indique le sentiment suggéré par le mouvement de la caméra (jazz, par exemple, pour souligner la joie ou le burlesque) ; habilité du montage greffant l’une sur l’autre les deux suites d’images d’une façon dépouillée arbitraire. […] Mais la caméra travaille à suggérer par son mouvement les mouvements sur lesquels l’histoire se déroule. […] Elle s’efforce, court, souffle, halète, s’éblouit en accord avec Smith, ou s’immobilise (plan général) pour mieux s’étendre sur les paysages lorsque les quatre jeune chiens, au bord de la mer, gesticulent à la limite de l’horizon ou que le coureur s’élance dans la vaste fraîcheur de l’aube. »

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Dervis Ward : le détective
  • Topsy Jane : Audrey
  • Julia Foster : Gladys
  • John Brooking : Green
  • John Bull : Ronalds
  • James Cairncross : Monsieur Jones
  • Peter Duguid : le docteur
  • Ray Austin : Craig

Distinctions[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • 2009 : La Solitude du coureur de fond, 1 DVD Dvd icon.svg PAL Zone 2, Doriane Films

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de l'essai Des yeux pour voir de Jean-Louis Bory, Éditions 10/18, Ramsay Poche Cinéma, Paris, 1971, ISBN 2-85956-949-9