Joseph Joubert (moraliste)

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Joseph Joubert

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Joseph Joubert

Activités Moraliste
Naissance 7 mai 1754
Montignac, France
Décès 4 mai 1824 (à 69 ans)
Paris, France
Langue d'écriture Français
Genres Essai, aphorisme

Joseph Joubert, né à Montignac (Périgord) le 7 mai 1754 et mort à Paris le 4 mai 1824, est un moraliste et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

À partir de l'âge de 14 ans, il suivit les cours du collège religieux de l'Esquile de Toulouse, où il enseigna lui-même par la suite, jusqu'en 1776.

En 1778, il se rendit à Paris où il se lia avec Louis de Fontanes et Chateaubriand, rencontra D'Alembert et devint le secrétaire de Diderot. Il vécut entre Paris, auprès de ses amis, et sa maison de Villeneuve-sur-Yonne en voisin du comte et de la comtesse de Sérilly dont il dira qu'elle a eu "le plus beau des courages, le courage d'être heureuse"

Pendant la révolution, il recueillit la jeune comtesse de Beaumont dont la famille avait été victime de la Terreur et qui survivait cachée par une famille de paysans les Paquereau. Il lui voua toute sa vie une amitié amoureuse. Après la chute de Robespierre, la comtesse retourna à Paris où elle devint le grand amour de Châteaubriand. Délaissée par l'écrivain et usée par les épreuves, elle s'éteignit à Rome en 1803 à l'âge de 35 ans. En apprenant sa mort, Joseph Joubert écrivit  : "Châteaubriand la regrette sûrement autant que moi mais elle lui manquera moins longtemps".[1]

Il apporta son soutien à sa voisine Anne-Louise de Sérilly dont le mari avait péri sur l'échafaud. S'étant remariée avec son cousin François de Pange, elle s'était retrouvée veuve une seconde fois quelques mois plus tard. Mère de quatre enfants, elle accepta de convoler une troisième fois avec un ami, le vieux marquis Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac ce qui suscita les critiques de son entourage et notamment de Germaine de Staël.

"Que puis-je vous dire Madame ? lui écrivit Joubert, Monsieur de Pange avait un grand mérite; Monsieur de Montesquiou a de plus une grande réputation. Je veux que vous soyez heureuse; je crois que vous n'avez pu l'être et je crois que vous le serez... J'aimais celui que vous aimiez : je l'aimais à cause de lui et surtout à cause de vous ; il vit toujours dans les pensées. Je respecterai sa mémoire, je garderai son souvenir. Je serai fidèle au passé mais j'honore votre avenir..."[2]

De son vivant, Joubert ne publia jamais rien, mais il écrivit de nombreuses lettres, ainsi que des notes et des journaux où il reportait ses réflexions sur la nature de l'homme, sur la littérature, et sur d'autres sujets, dans un style poignant, volontiers aphoristique.

À sa mort, sa veuve confia ses notes à Chateaubriand, qui en fit publier un choix sous le titre Recueil des pensées de M. Joubert en 1838. Des éditions plus complètes allaient suivre, ainsi que celles de la correspondance. La tombe de Joseph Joubert se trouve au cimetière de Montmartre.

Sa bibliothèque se trouve désormais dans des archives privées où se trouve une petite partie des archives du prince François-Xavier de Saxe.

Société des Amis de Joseph Joubert[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison Joseph-Joubert.

En 1985, dans le cadre du LVIe Congrès de l'Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, à l'initiative des Amis du Vieux Villeneuve, a eu lieu à Villeneuve-sur-Yonne le premier colloque consacré à Joseph Joubert, sa vie, ses amitiés, sa pensée ainsi que ses influences sur le travaux d'autres intellectuels, au terme duquel fut proposée par Rémy Tessonneau et accepté par les participants la fondation des Amis de Joseph Joubert[3]. Le but de cette association est de « faciliter la publication authentique et intégrale des écrits de Joubert, et de conduire une recherche progressive, concertée et solidaire, afin d'en exprimer toutes les significations[3] ». Depuis lors, la Société des Amis de Joseph Joubert a déjà organisé 4 colloques, dont le dernier s'est tenu les 2 et 3 octobre 2010[3].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L'art est de cacher l'art. »
  • « Enseigner, c'est apprendre deux fois. »
  • « Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil. »
  • « Il n'y a plus aujourd'hui d'inimitiés irréconciliables, parce qu'il n'y a plus de sentiments désintéressés : c'est un bien né d'un mal. »
  • « Tous les hommes viennent de peu, et il s'en faut de peu pour qu'ils ne viennent de rien. »
  • « L'ambition est impitoyable : tout mérite qui ne la sert pas est méprisable à ses yeux. »
  • « Il faut ne choisir pour épouse que la femme qu'on choisirait pour ami, si elle était un homme. »
  • « Ce n'est pas l'abondance, mais l'excellence qui fait la richesse »
  • « Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques. »
  • « Le but de la discussion ne doit pas être la victoire, mais l'amélioration. »
  • « Il y a des sciences bonnes dont l'existence est nécessaire et dont la culture est inutile. Telles sont les mathématiques. »
  • « La raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter, le cœur seul nous dit ce qu'il faut faire. »
  • « Le plus beau des courages, celui d'être heureux. »
  • « Il est indigne des grandes âmes de faire part des tourments qu'elles éprouvent. »
  • « Quiconque s'agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi. »
  • « On ne sait ce qu’on voulait dire que lorsqu’on l’a dit. »
  • « Il faut quand on agit, se conformer aux régles, et quand on juge, avoir égard aux exceptions »
  • « Tout s'apprend, même la vertu. »
  • « Ces insupportables parleurs qui vous entretiennent toujours de ce qu'ils savent et ne vous entretiennent jamais de ce qu'ils pensent. »
  • « Le soir de la vie apporte avec soi sa lampe. »
  • Les révolutions sont des temps où le pauvre n'est pas sûr de sa probité, le riche de sa fortune, et l'innocent de sa vie.

Principales éditions[modifier | modifier le code]

  • Recueil des pensées de M. Joubert, publié par Chateaubriand, Le Normant, Paris, 1838 Texte en ligne
  • Pensées, essais, maximes et correspondance de J. Joubert, précédés d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travaux, recueillis et mis en ordre par M. Paul Raynal, Le Normant, Paris, 1850 ; 1861 Texte en ligne
  • Pensées, introduction et notes par Victor Giraud, avec la Notice historique du frère de Joubert [Arnaud Joubert], Bloud, Paris, 1909
  • Carnets, textes recueillis sur les manuscrits autographes par André Beaunier, Gallimard, Paris, 1938 ; 1994
  • Pensées et Lettres, organisation par Raymond Dumay et Maurice Andrieux, Grasset, 1954
  • Correspondance de Louis de Fontanes et de Joseph Joubert : (1785-1819), texte intégral publié pour la première fois d'après les documents autographes avec une introduction et des notes par Rémy Tessonneau, Plon, Paris, 1943
  • Essais : 1779-1821, édition intégrale et critique de textes en partie inédits recueillis et présentés par Rémy Tessonneau, A.G. Nizet, Paris, 1983
  • Correspondance générale : 1774-1824, édition établie par Rémy Tessonneau, William Blake and Co., Bordeaux, 3 volumes, 1996-1997
  • Quatre carnets, édition établie et annotée par David Kinloch et Philippe Mangeot, University of London, Institute of romance studies, Londres, 1996,
  • Edith de Pange, Le chevalier de Pange ou la tragédie des trois frères, Metz, Editions Serpenoise,‎ 2011.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Actes du colloque Joseph Joubert; [publié par L'Association bourguignonne de Soc. sav.] 56e Congrès, Villeneuve-sur-Yonne, Amis du Vieux-Villeneuve, 1986
  • Actes du colloque Joseph Joubert, Vallée-aux-Loups, Amis du Vieux-Villeneuve, 1988
  • Actes du colloque Joseph Joubert, Montignac, Amis du Vieux-Villeneuve, 1991
  • Actes du 4° colloque Joseph Joubert, Sens, Amis de Joseph Joubert, 2010
  • « Georges Perros / Joseph Joubert », Europe, no 983, mars 2011