Joseph Cassano

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Joseph J. Cassano, dit « Joe » Cassano (âgé de 53 ans en 2008) est un ancien cadre américain dans le domaine de l'assurance. Il a été cadre supérieur de la filiale Financial Products de la société AIG depuis la fondation de cette division en 1987 jusqu'à sa démission en février 2008[1]. Cassano est considéré comme un personnage-clé dans la crise financière de 2008[2]. Le journaliste politique Matt Taibbi l'a surnommé le « Patient zéro de l'effondrement économique global. »[3]

Biographie[modifier | modifier le code]

Cassano grandit dans le quartier de Brooklyn à New York, où son père était policier. Il obtient un diplôme de sciences politiques au Brooklyn College en 1977. Il travaille à la banque d'affaires Drexel Burnham Lambert pendant la période où elle émet des junk bonds.

En 1987, AIG recrute Cassano et en fait l'une des dix personnes les plus importantes de sa filiale « produits financiers », en tant que directeur financier[4]. En 1994, Thomas R. Savage nomme Cassano responsable du groupe de développement des transactions Transaction Development Group. Cassano accepte en 1998 la proposition de J.P. Morgan d'empaqueter des « Credit default swaps » (CDS, dérivés sur événement de crédit) dans des « produits de confiance largement sécurisés » (Broad Index Secured Trust Offering, surnommés Bistros à partir des initiales). Cassano considère ces CDO (obligations adossées à des actifs) comme un événement-clé :  « Ce fut un tournant décisif lorsqu'en 1998 J.P. Morgan nous contacta, nous qui travaillions beaucoup avec, et nous demanda de participer. »[5]

Avant d'être forcé de démissionner en mars 2008, Cassano reçoit 315 millions de dollars : 280 millions en cash et 34 millions sous forme de bonus[6]. Des honoraires mensuels initiaux d'un million de dollars ont été annulés par la suite[7]. Selon Matt Taibbi :

« En fait, Cassano a continué à être appointé et à toucher son million mensuel jusqu'à fin septembre 2008, même après que les contribuables eurent été forcés de verser 85 milliards de dollars pour réparer ses erreurs. Comme on lui demandait en octobre pourquoi l'entreprise continuait à verser à Cassano son million de dollars mensuel malgré son rôle dans l'« effondrement probable de la civilisation occidentale », le chef de la direction (CEO) Martin Sullivan déclara avec sérieux au Congrès qu'AIG voulait « conserver l'expérience de 20 ans de Mr. Cassano » (Cassano, qui se cache apparemment dans sa somptueuse maison près de Harrods à Londres, n'a pu être contacté pour fournir sa version.) »[8]

Lorsque le scandale éclate, les régulateurs financiers des États-Unis et du Bureau des Fraudes Graves (Serious Fraud Office) du Royaume-Uni se mettent à enquêter sur les transactions de Cassano pour déterminer si celles-ci étaient seulement excessives et risquées, ou criminelles[9].

Cassano a contribué politiquement aux campagnes de Chris Dodd, Barack Obama et de la membre républicaine de la Chambre des représentants Nancy L. Johnson[10].

En mars 2009, Cassano est mêlé à une affaire d'e-mails datés de 2006 et dont il était l'auteur, sollicitant des contributions des cadres de AIG pour soutenir la campagne de Dodd, en raison de la situation de nouveau président de la Commission aux Affaires bancaires du Sénat (Senate Banking Committee) de ce dernier[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Morgenson, Gretchen (27 september 27 2008) Behind Insurer’s Crisis, Blind Eye to a Web of Risk. New York Times
  2. Prynn, Jonathan (12 March 2009). Named: The man who broke the banks. Evening Standard
  3. Taibbi, Matt. The Big Takeover, Rolling Stone, Mar 19, 2009
  4. Voreacos, David and Elliot Blair Smith (November 26, 2008). Statements on AIG Probed by Prosecutors, People Say. Bloomberg
  5. Dennis, Brady and Robert O’Harrow Jr. (January 5, 2009). 1998–2005: AIG & the anatomy of the crash. The Washington Post
  6. Cassano retirement agreement via House Committee on Oversight and Government Reform
  7. Daly, Michael (March 17th 2009). Pin AIG woes on Brooklyn boy: Joseph Cassano walked away with $315 million while company staggered.
  8. http://www.midasletter.com/news/09032301_AIG-and-the-Long-Con.php
  9. Palmer, Elizabeth (March 19, 2009). AIG Credit Swapper Under Investigation. CBS News
  10. [1]
  11. [2]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]