John Rabe

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Buste à la mémoire de John Rabe, devant sa résidence à Nankin.

John Heinrich Detlef Rabe (23 novembre 1882 - 5 janvier 1950) est un homme d'affaires allemand qui s'efforça de protéger les habitants de Nankin lors du massacre de 1937 perpétré par les Japonais. La zone de sécurité qu'il parvient à mettre en place permettra de sauver 200 000 Chinois de Nankin[1]. Il est appelé par l'historienne spécialisée Iris Chang, « l'Oskar Schindler de Chine »[2]. Il est connu en Chine sous le nom du « Bouddha vivant de Nankin » (« 南京活佛 »).

Biographie[modifier | modifier le code]

John Rabe naît le 23 novembre 1882, à Hambourg. Après une carrière de plusieurs années dans les affaires en Afrique, il part en 1908 pour la Chine, où il travaille entre 1910 et 1938 pour Siemens à Shenyang, Pékin et Tianjin, puis à Shanghai et plus tard à Nankin.

En juillet 1937, six ans après l'invasion de la Mandchourie, l'armée impériale japonaise pénètre à nouveau sur le territoire de la République de Chine, déclenchant la seconde guerre sino-japonaise. En décembre 1937, la ville de Nankin, alors capitale de la Chine, est bombardée puis envahie. Rabe crée avec d'autres ressortissants étrangers, comme Georges Rosen, Robert Wilson et Minnie Vautrin, un comité et une zone internationale pour fournir aux civils de Nankin nourriture et abri. Lui et les administrateurs de la zone internationale entreprennent de circonscrire le massacre perpétré par les soldats nippons en protégeant de leur mieux les civils. Ses efforts aboutissent à la création d'une zone de sécurité, qui sauve de la mort plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le nombre de Chinois sauvés grâce à John Rabe est estimé à environ 250 000[3].

Il est rapatrié en Allemagne par son entreprise en février 1938. Membre du parti nazi, il profite de ses contacts pour se rendre en avril à Berlin où il donne quelques conférences sur les atrocités de Nankin, notamment au Bureau des Affaires étrangères d'Alfred Rosenberg. Lors d'une cérémonie confidentielle, il reçoit la médaille de la Croix-Rouge allemande sur recommandation de l'ambassadeur d'Allemagne à Nankin et du nazi Ernst Bohle.

Il écrit en juin à Hitler en offrant de lui transmettre un film tourné par le missionnaire John Magee et des photographies des atrocités, et lui demandant d'user de son influence pour persuader les Japonais d'arrêter les massacres. Pour toute réponse, il est détenu et interrogé par la Gestapo, puis libéré grâce à l'intervention de Siemens AG.

La maison de Rabe à Nankin, devenue partie intégrante du mémorial John Rabe

Après la guerre, il est dénoncé comme nazi et arrêté par les Soviétiques, puis remis aux Britanniques. Il est finalement exonéré de toute charge par les forces d'occupation. Néanmoins, il perd son travail et survit après guerre grâce à des colis mensuels de nourriture et d'argent envoyés par les habitants de Nankin.

Il meurt d'une crise cardiaque le 5 janvier 1950. En 1997, sa dépouille est transférée de Berlin à Nankin où elle est accueillie avec les honneurs. Il repose désormais à l'emplacement du mémorial du massacre.

Depuis décembre 2006, il y a un centre de recherche nommé Rabe dans l’ancienne résidence à Nankin de John Rabe. Le Service autrichien à l'étranger fut invité à y envoyer des jeunes volontaires autrichiens de la paix.

Travaux historiques et souvenirs[modifier | modifier le code]

  • Le journal de John Rabe, retrouvé en 1996 par Iris Chang, a été traduit en anglais par John E. Woods et publié sous le titre The Good man of Nanking (Knopf, 1998).
  • Un documentaire intitulé John Rabe, le Schindler de Nankin a été tourné en 2007[4].
  • L'histoire de John Rabe a été évoquée dans deux films. Il est le personnage central de John Rabe, le juste de Nankin, film franco-sino-allemand de 2010 sorti en avril 2011, réalisé par Florian Gallenberger, où son rôle est interprété par Ulrich Tukur. Et l'un des personnages de City of Life and Death, film chinois réalisé par Lu Chuan et dans lequel il est interprété par John Paisley.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nazi qui sauva les Chinois de Nankin, héros de cinéma, in Le Monde, 12 mars 2008, page 33
  2. Selon Iris Chang, auteur du Viol de Nankin, cité dans Le nazi qui sauva les Chinois de Nankin, héros de cinéma, in Le Monde, 12 mars 2008, page 33
  3. Diana Lary, The Chinese People at War: Human Suffering and Social Transformation, 1937-1945, Cambridge University Press, 2010, page 21
  4. Look back in anger | The Japan Times Online

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]