Jean Lecoultre

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Jean Lecoultre

Jean Lecoultre, né le 9 juin 1930 à Lausanne est un peintre suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Émile Julien, employé de banque originaire du Chenit, et d'Elise Jeanne Motta d’origine piémontaise. La famille habite le quartier de la Pontaise avant de déménager à Mon Repos lorsque Lecoultre a 6 ans. Il y découvre le faux-semblant en jouant dans la tour du parc, imitation du XIXe siècle d’une ruine moyenâgeuse. À la fin de l’école obligatoire, Lecoultre veut entrer à l'École des beaux-arts. «Je ne savais pas pourquoi, ou avais-je déjà un vague sentiment de ce qui allait être mon métier? Je ne sais plus, et ça n'a pas d'importance. De toute manière, mes parents se sont opposés à ce projet.» Fils unique, il est très surveillé et son père souhaite naturellement qu’il suive sa voie.

En 1945, il entre donc à l'École de commerce de Lausanne. Il y fait la connaissance de René Berger, alors professeur d’Anglais, et futur conservateur du Musée des beaux-arts. Celui-ci comprend tout de suite que cet élève n’est pas comme les autres et le pousse à écrire. «Il aimait ma passion pour la poésie, pour Baudelaire, les surréalistes et surtout pour la revue Minotaure, éditée par Albert Skira à Genève, que j’avais découvert par hasard à la bibliothèque de municipale.» Jean Lecoultre écrit alors «Clefs Peintes» un recueil de poèmes surréalistes. Titre annonçant étrangement sa future profession, et sa passion pour Paul Klee, qu’il n’éprouvera que quelques années plus tard. Plusieurs poèmes ont pour sujet le peintre dans son atelier et le processus créatif.

Diplômé de l’École de commerce en 1948, Lecoultre devient ensuite employé chez Swissair, à Genève, au service du contentieux. Même si ce thème n’est que très peu traité dans sa peinture, il est passionné par l’aviation (il obtiendra une licence de pilote privé en 1965). «C'était l'époque des DC-3 bimoteurs, et, quand je suis parti, il y avait déjà les DC-6, les premiers long-courriers entre Cointrin et New York.» Dans cet univers administratif, Jean Lecoultre dessine sur des papiers volants, des blocs-notes. Puis, il apprend quelques rudiments techniques chez le peintre Georges Aubert.

En 1951, il part pour Madrid, cessant dès lors toute activité administrative pour se consacrer exclusivement à la peinture. Pourquoi Madrid et pas Paris? «Parce que tous les jeunes artistes allaient à Paris et qu’un sentiment ténu dans mon inconscient m’indiquait que je devais aller à Madrid» À Madrid, Jean Lecoultre se passionne pour Francisco de Goya et Diego Vélasquez au musée du Prado, mais aussi pour le cinéma en général et les films noirs américains en particulier. Puis il rencontre Acacia Jerez Aguilar, et l’épouse en 1952.

Les toiles de Lecoultre sont, pour la première fois, exposées en 1952 à la galerie de la Paix à Lausanne. La même année, Jean Lecoultre participe à une exposition collective à Madrid à laquelle prend part Antonio Saura. Il se lie d'amitié avec le peintre, ainsi qu’avec son frère le cinéaste Carlos Saura. En préface au catalogue d'une expo importante de son collègue vaudois, en 1994, Antonio Saura écrit: «Sa peinture, à ses débuts, constitua pour moi un stimulant parce qu'elle répondait techniquement à une modernité manifeste; et, depuis, sa personnelle et cyclique métamorphose des formes n'a pas cessé de provoquer de continuels soubresauts. Dans son œuvre actuelle, si énigmatique, réside un mystère très différent de l'autre, le lointain, tous deux se ravivant mutuellement dans le désarroi du présent.» Est-ce l’Espagne qui transforme radicalement le style du peintre aux alentours de 1953? Toujours est-il que c’est à Madrid que Lecoultre trouve de nouvelles voies. Sa peinture quitte les couleurs et les formes de Paul Klee pour des toiles plus tranchées, sombres, parfois violentes déjà. En 1955, il obtient la bourse fédérale des Beaux-Arts. De retour à Lausanne en 1957, pour des raisons familiales, l’Espagne reste son inspiration principale jusqu’en 1962.

Au début des années soixante le style du peintre subit une transformation décisive. Le paysage est aboli, le portrait déconstruit, l’élément végétal disparaît presque complètement, la lumière devient plus artificielle. Cette rupture vient d’un changement de technique, mais pas seulement, on l’a compris. Lecoultre n’est d’ailleurs pas le seul artiste à ressentir des besoins de rupture et de modernité à cette époque, l’histoire de l’art s’en souvient. À cette période, Lecoultre expose tant en Espagne qu’en Suisse romande, à Berne et à Zurich, à Paris ainsi qu’à Tokyo. D’années en années, le peintre n’hésite pas à abandonner certaines techniques très éprouvées par lui, pour s’attacher à de nouvelles.

« Composants dérivés 6 » (2005)

Jean Lecoultre a parallèlement un œuvre gravé important. Dès 1955, il apprend l’eau-forte et la pointe sèche. Puis en 1967, il collabore, aux côtés de Pietro Sarto, aux Presses artistiques de Pully et reçoit en 1969 le Prix genevois de la Jeune Gravure. Il est exposé aux «Graveurs suisses» de Stockholm et la «7e Biennale de la Gravure de Tokyo et Kyoto» en 1970, ainsi qu’à la «Triennale de la Gravure de New Delhi» en 1971.

De 1973 à 1975, il est membre de la Commission fédérale des beaux-arts et son destin national se renforce encore lorsqu’il représente la Suisse à la Biennale de Venise en 1978. Importantes expositions à Madrid, Barcelone, Cuenca et à la Fondation Gianadda de Martigny en 2002.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récentes expositions[modifier | modifier le code]

  • 2011: ELAC, Renens.
  • 2007: Galerie Ditesheim, Neuchâtel.
  • 2006: Galerie Gigon, Paris.
  • 2005: Castello della Lucertola, Apricale, rétrospective de l'œuvre gravé et lithographié.
  • 2004: Alice Pauli, Lausanne.
  • 2002: Centro Cultural del Conde Duque, Madrid ; Fundacion Antonio Perez, Cuenca ; Centre d'Art présence Van Gogh, Art contemporain, Saint-Rémy-de-Provence ; Fondation Pierre Gianadda, Martigny, rétrospective.

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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