Jacques Baynac

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Jacques Baynac, né en 1939 à Agen, est un historien, romancier et scénariste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de résistants (son père fut capitaine dans le groupe Veny dans le Lot-et-Garonne, et son oncle, l'un des dirigeants des jeunesses communistes, fut exécuté au Mont-Valérien en 1942), il a été un temps proche du communisme de conseils. Il a fait ses études d'histoire à l'École pratique des hautes études.

En 1960, refusant de combattre en Algérie, il part six ans à l'étranger. De cette période, au cours de laquelle, selon ses propres dires, il a vu « sept pays sur trois continents »[1] il revient « vacciné contre la révolution sur le modèle léniniste »[2].

De retour en France en 1966, il est employé pendant deux ans (1967-1968) à la librairie La Vieille Taupe de Pierre Guillaume et participe au groupe politique informel du même nom, puis rompt définitivement en 1969 avec Guillaume[3]. Il est à l'origine en octobre 1980 de « la gangrène », article cosigné par les anciens de la Vieille Taupe, qui dénonce alors les dérives devenues ouvertement négationnistes du nouveau groupuscule reconstitué par Guillaume sous ce nom[4].

Il s'est notamment efforcé de démystifier l'histoire de la Révolution russe, et a consacré de nombreuses années à des recherches sur Jean Moulin. Son livre Les Secrets de Jean Moulin, paru en 1998, a créé une polémique et lui a valu trois procès, qu'il a tous gagnés. Dans cet ouvrage, Jacques Baynac établit qu'avant la guerre et au moins jusqu'en juillet 1941, Moulin était au cœur d'un réseau de relations qui comptait des membres de la IIIe Internationale dont Louis Dolivet. Il s'est servi de ce réseau pour entrer en contact avec les mouvements de résistances français avant de se rendre à Londres à l'automne de 1941. D'autre part, les documents Venona déclassifiés par les services secrets américains à la fin des années 1990, ont confirmé que Pierre Cot, avec lequel Jean Moulin est resté en contact pendant la guerre, était, depuis les États-Unis où il s'était réfugié, en rapport direct avec les services soviétiques, allant jusqu'à leur offrir de travailler pour eux, comme l'a montré Thierry Wolton en publiant une partie de ces documents dans L'Histoire interdite (Lattès, 1998).

Il est également producteur et réalisateur de documentaires télévisés. Proche de Pierre-André Boutang, il a durant plus d'une décennie travaillé notamment pour la chaine franco-allemande ARTE.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

  • Sur 1905 (avec Laura Engelstein, René Girault, E. L. Keenan et Avraham Yassour) Champ Libre, Paris, 1974 (ISBN 2-85184-010-X)
  • La Terreur sous Lénine (1917-1924) (avec Alexandre Skirda et Charles Urjewicz), Sagittaire, 1975, réédition Livre de Poche, 2003, 385 p. (ISBN 2-253-94349-5)
  • Jan Valtin (pseudonyme de Richard Krebs), Sans patrie ni frontières ((en)Out Of The Night), postface de Jacques Baynac. (Mémoires), J.-C. Lattès, 1975.
  • Ravachol et ses compagnons, avec Flavio Costantini, 1976.
  • Mai retrouvé. Contribution à l'histoire du mouvement révolutionnaire du 3 mai au 16 juin 1968, Robert Laffont, 1978.
  • Les Socialistes-révolutionnaires (mars 1881 - mars 1917), Robert Laffont, 1979, réédition en 1992 (ISBN 2-221-00388-8)
  • La Révolution gorbatchévienne, Arpenteur, 1989 (ISBN 2-07-078004-X)
  • Les Secrets de l'affaire Jean Moulin, Le Seuil, 1998 (ISBN 2-02-037172-3)
  • Présumé Jean Moulin (1940-1943), Grasset, 2007 ((ISBN 978-2-246-62811-8)
  • L'Amie inconnue de Jean Moulin, Grasset, 2011 ((ISBN 978-2-2467-5741-2)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Kamo, Fayard, 1972
  • Le Roman de Tatiana, Denoël, 1985
  • Le Cheval blême, Denoël, 1998

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

  • 1996 : L'eau et le feu, documentaire sur la pollution en Russie dans la deuxième partie des années 1990.
  • 1996 : L’Énergie du désespoir, documentaire sur la pollution liées au nucléaire et aux déchets radioactifs, en Russie.

Scénariste[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Max Lagarrigue, "Entretien avec Jacques Baynac. Moulin n'a pas été trahi", revue Arkheia, n°20, 2008 et dans La Dépêche du Midi, du 14 février 2007.
  2. Daniel Bermond, « Les Fantômes de Jacques Baynac », L'Histoire, no 318, mars 2007.
  3. Daniel Bermond, « Les fantômes de Jacques Baynac », L'Histoire, n° 318, février 2007, p. 28 ; Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, 2000, 691 p. (ISBN 978-2020354929) p. 186-187.
  4. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, 2000, 691 p. (ISBN 978-2020354929) p. 290.

Lien externe[modifier | modifier le code]