Xerox

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Xerox

alt=Description de l'image Xerox.png.
Création 1938 à Rochester
Slogan The Document Company.
Siège social Drapeau des États-Unis Norwalk, Connecticut (États-Unis)
Activité Gestion électronique des documents, Gestion du Document, Conseil et Services
Produits Copieurs, Multifonctions, Imprimantes, Services
Effectif 143 100 (en 2013)
Site web www.xerox.com
Chiffre d’affaires 21,4 milliards de dollars (2013)
Station Xerox Alto, 1ère interface graphique (1973)

Xerox est une entreprise américaine, basée dans le Connecticut, principalement reconnue comme étant l’inventeur du photocopieur xérographique (sur papier ordinaire) et le premier fabricant d'imprimantes. Son laboratoire, le PARC, inventa les interfaces à fenêtres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les photocopieurs, puis l'informatique[modifier | modifier le code]

C’est à la fin des années 1940 qu’une petite manufacture de produits photographiques de Rochester (New York) du nom de Haloid décide d’exploiter l’invention faite 10 ans plus tôt par Chester Carlson, la xérographie. La conception du premier photocopieur, le XeroX Model A, et le succès des modèles suivants amènent la compagnie à changer son nom en 1958 pour Haloid Xerox, puis le 18 avril 1961, devenant simplement Xerox. Le dernier X de Xerox fut ajouté à l’origine pour donner au nom un aspect similaire à celui d’une autre entreprise célèbre de Rochester, Kodak.

L’essor de Xerox provient principalement de son exploitation du brevet de reproduction xérographique, permettant la photocopie de documents sur papier ordinaire. Ce brevet lui en donnant une exploitation exclusive du procédé sur vingt ans, elle s’est d’emblée organisée pour survivre au-delà de cet horizon prévisible.[réf. nécessaire]

Xerox a pour cette raison toujours consacré une large place à la diversification et à l’innovation, bien que ne sachant pas toujours comment rentabiliser ses acquisitions[1], ni retenir leurs meilleurs éléments, ni commercialiser ses inventions. On peut suspecter que la marge très importante que souhaitait conserver la compagnie a conduit ses produits informatiques pourtant révolutionnaires (Alto, Star) à ne pas s'imposer sur le marché.[réf. nécessaire]

En 1972, au centre de recherche Xerox à Palo Alto - le Xerox PARC - Alan Kay et l'équipe d'Adele Goldberg inventent en effet :

  • le langage smalltalk, qui pousse la programmation objet bien au delà du langage pionnier Simula 67
  • le réseau ethernet permettant la communication indifférenciée d'ordinateurs et de périphérique dans un réseau unique
  • l’interface graphique moderne et les icônes qui peuvent être contrôlées par la souris, inventée en 1963 par Douglas Engelbart.

Ces idées seront exploitées dans des machines expérimentales comme l’Alto, plus tard commerciales comme le Star. Mais ces machines révolutionnaires sont à la fois trop chères et trop lentes avec les technologies et les coûts de l’époque (voir loi de Moore).

Xerox et Apple[modifier | modifier le code]

En novembre 1979 a lieu la visite d'une équipe Apple autour de Jobs au PARC. Des trois techniques présentées (qui ne sont pas encore des technologies), Jobs avouera trente ans plus tard en avoir négligé deux, fasciné qu'il était par la seule interface graphique. La possibilité de manipuler visuellement les informations contenues dans un ordinateur est encore très nouvelle à l'époque. Pour Jobs, c'est la révélation, il vient de trouver la pièce manquante : l'OS doit être masqué pour l'utilisateur, via une interface graphique.

Il retourne au PARC le mois suivant, cette fois-ci accompagné de plusieurs membres de l'équipe de direction, et convainc les responsables du Parc de laisser Apple utiliser la technologie. « il leur a expliqué directement qu'ils avaient une technologie géniale, mais que Apple saurait la rendre suffisamment abordable pour changer le monde », expliqua Steve Wozniak (cofondateur d'Apple). Il n'y aura pourtant pas de partenariat : Apple se contentera d'implémenter ces idées de son côté, puis plus tard de recruter quelques-uns des chercheurs du PARC.

Les idées du PARC essaimèrent alors dans ce qu'on a nommé l'informatique alternative (Apple, GEM[2], Atari, Amiga... mais aussi le Modula Computer de Niklaus Wirth), et furent chez Xerox à l'origine de stations de PAO.

Jobs a convaincu les responsables de Xerox, qui ne prenaient pas les recherches du PARC très au sérieux, de laisser Apple développer ce que la direction considérait comme un simple gadget. Un accord est d'ailleurs signé et Xerox investit un million de dollars en actions Apple[3]. En revanche, alors que Xerox se soucie peu de défendre ses droits, Apple sera impitoyable sur tout ce qui ressemble trop à l'interface "Apple"[4].

En 1990 la société Xerox intente un procès à Apple pour violation du Copyright, Xerox affirmant que certains éléments du Macintosh, dont l'interface graphique, auraient été copiés sans accord préalable. Descriptif de la plainte

Rank Xerox[modifier | modifier le code]

le logo de la filiale Rank Xerox

Créée en 1956 comme une co-entreprise avec la société cinématographique The Rank Organisation, Rank Xerox était le nom de la filiale européenne de Xerox, étendue par la suite à l'Asie et l'Afrique.

Le nom de Rank Xerox n'est plus utilisé depuis 1997, suite au rachat par Xerox des 20% de parts détenus par Rank dans la co-entreprise[5].

Actualités[modifier | modifier le code]

Imprimante A4 noir et blanc Xerox Phaser 4600, 52 pages par minute[6], sans l'option recto verso.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Nommée Présidente-directrice générale de Xerox en août 2001, Anne Mulcahy exercera ses fonctions jusqu'en juillet 2009[7].

En juin 2002, l’entreprise a dû reconnaître avoir manipulé les chiffres de sa comptabilité. La manipulation concernerait 1,9 milliard de dollars, et se serait surtout pratiquée en Amérique latine. Ces déclarations ont entraîné une chute importante à la bourse de New York qui a été amplifiée par les recommandations à la vente de Merrill Lynch.

La presse compare cet épisode dans la vie de Xerox avec ceux des sociétés Enron, qui a fait faillite après des manipulations comptables entraînant le cabinet d’audit Arthur Andersen, et WorldCom. Des personnes et sociétés influentes telles que Dresdner Allianz ont évoqué un effondrement des places financières américaines en raison de l’impact négatif de telles nouvelles et conseillent donc un retrait des investissements consentis aux États-Unis.

Années 2010[modifier | modifier le code]

En décembre 2014, Atos acquiert pour 1,05 milliard de dollars, soit 840 millions d'euros, une partie de l'activité d'outsourcing informatique de Xerox, acquise via l'achat de ACS, cette activité regroupant près de 10 000 employés[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Scientific Data Systems, devenu Xerox Data Systems, fut un temps partenaire de CII), et la XDS 940 fur commercialisée cous le nom de CII 10070, tandis que son système Siris 7 développé en France était acheté par Xerox
  2. La première version de GEM était si semblable à celle du premier Mac qu'Apple n'eût aucun mal à gagner un procès en contrefaçon contre la petite société Digital Research qui l'avait mis au point pour le PC d'IBM. GEM fut condamné à des modifications de produit si profondes que celui-ci perdit toute compétitivité
  3. Biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson - Chapitre 8 : « Le Xerox PARC »
  4. Ce n'est alors pas le cas de Windows 1 ni de Windows 2, interfaces indigentes présentés prudemment comme simple verrue de présentation surajoutée à un DOS qui est monotâche; par ailleurs Microsoft collabore avec Apple en développant des versions d'Excel et de Word pour le Mac. Le procès aura lieu avec Windows 3, mais Microsoft est alors devenue un géant pouvant se payer les meilleurs avocats, et Apple est déboutée
  5. (en) « Xerox Is Buying Out a Partner », NY Times,‎ 7 juin 1997 (lire en ligne)
  6. http://download.support.xerox.com/pub/docs/4600/userdocs/any-os/fr/fr-FR_UG.pdf
  7. (en) « Executive Profile - Anne Mulcahy », sur Bloomberg Businessweek (consulté le 29 décembre 2014)
  8. Xerox to sell IT outsourcing arm to France's Atos for $1.05 billion, Subrat Patnaik et Liana Baker, Reuters, 19 décembre 2014
  9. Informatique : Atos veut tripler de taille aux États-Unis, Le Monde, 9 décembre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]