Houmas (peuple)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Houma.
Bannière de la Nation Houma

Le peuple amérindien des Houmas est natif de la Louisiane. Ils forment une nation amérindienne, la « United Houma Nation ».

Autrefois, les Houmas vivaient principalement dans trois paroisses louisianaises : la paroisse de Feliciana Ouest, la paroisse de Feliciana Est et la paroisse de la Pointe Coupée.

Aujourd'hui, ils sont essentiellement répartis à l'ouest de l'embouchure du Mississippi.

Les Houmas forment une communauté d'environ 15 000 personnes.

Le peuple des Houmas n'est pas reconnu en tant que nation par le Bureau des affaires indiennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Houmas sont identifiés pour la première fois par l'explorateur Cavelier de La Salle en 1682 près du Mississippi et de la Rivière Rouge du Sud ainsi qu'autour de la future ville de Bâton-Rouge.

Par la suite, l'explorateur Pierre LeMoyne d'Iberville donna d'autres descriptifs complémentaires de ce peuple de fermiers sédentarisés.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Les travaux de l'anthropologue John R. Swanton, qui travailla avec les peuples premiers d'Amérique aux États-Unis, permettent d'avancer deux hypothèses sur l'origine des Houmas qui se disent descendants du peuple "Chakchiuma" :

  • Leur emblème de guerre fut l'Écrevisse de Louisiane (écrevisse rouge) appelée "saktce-ho’ma" qui pourrait avoir donné le nom de "Chakchiuma".
  • Les Houmas se disant descendants des "Chakchiuma" qui pourraient être une déformation linguistique de "Choctaw-Houma", car ils vivaient dans la même région que celle de la Nation Choctaw.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les guerres franco-anglaises[modifier | modifier le code]

Lors du conflit qui opposa les deux grandes puissances européennes, les Houmas prirent le parti des Français. Après la Guerre de Sept Ans et ses conséquences désastreuses pour la Nouvelle-France, les tribus amérindiennes alliées des Français, subirent, en raison de leur alliance, des représailles anglaises. Les Houmas, alliés des Français durent se replier dans le sud de la Louisiane française, dans la Paroisse de Terrebonne et la Paroisse de Lafourche.

La protection de la France[modifier | modifier le code]

Le gouverneur de la Louisiane française, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, intervint pour régler des conflits liés aux territoires de chasse, qui opposaient les Houmas à d'autres peuples.

La Louisiane américaine[modifier | modifier le code]

Après la vente de la Louisiane par Napoléon Ier aux États-Unis en 1803, la société francophone louisianaise continua à vivre selon ses règles et à parler le français pendant presque tout le XIXe siècle. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'État louisianais interdit l'utilisation du français, aussi bien pour les Houmas que pour les Cadiens et les Créoles louisianais.

Les Houmas donnèrent leur nom à la ville de Houma située dans leur région en Louisiane.

La découverte du pétrole fut une nouvelle spoliation, pour les Houmas, sur leurs droits ancestraux. Ils furent expulsés des zones pétrolifères et ne purent profiter de cette manne financière[1].

Langage[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle, les Houmas parlaient un langage proche de celui des Choctaws. Cependant les relations étroites entre ce peuple et les colons français favorisa la diffusion de la langue française[2].

Au cours du XIXe siècle, les Houmas adoptèrent progressivement cette langue et perdirent avec le temps l'usage de leur langue ancestrale.

Au XXe siècle ils constituaient une nation amérindienne francophone. Victimes de la ségrégation aux États-Unis, ils furent interdits d'école par l'État de la Louisiane pendant une grande partie du XXe siècle. Cette injustice favorisa ce repli identitaire et permit le maintien de la langue française parmi les membres de cette communauté amérindienne, avec 40% de locuteurs[3].

Aujourd'hui le peuple Houma revendique son appartenance à la Francophonie au même titre que les Cadiens et les créoles de Louisiane. Cependant les jeunes Houmas francophones se mettent à l'anglais afin de s'intégrer à la société américaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Du Québec à la Louisiane, sur les traces des Français d'Amérique, Géo Histoire, Hors-série, Éditions Prisma, Paris, octobre 2006
  2. Gilles-Antoine Langlois, Jean-Pierre Frey; Des villes pour la Louisiane française ; Éditions L'Harmattan ; Paris : 2003
  3. Louisiana French: L'heritage at risk

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]