Histoire du quotidien

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L’histoire du quotidien (Alltagsgeschichte en allemand) est un courant historiographique allemand.

En contre-pied par rapport aux écoles historiques classiques (Histoire science sociale), l’histoire du quotidien s’attache à étudier les activités des « petites gens », la vie sociale des personnes anonymes. Ces sujets prennent dès lors le rôle d’acteur de l’histoire, avec une mise en perspective de leurs souffrances. En effet, l’étude des formes d’oppression subies intéressent au-delà de la simple recherche historique. Il en est ainsi pour la période nazie, dont l’étude par la recherche de l’histoire du quotidien permet un éclairage précis des processus de domination qui y ont eu cours et met en relief le rôle actif que beaucoup d’Allemands ont joué en faveur du nazisme.

L’histoire du quotidien s’inscrit en faux par rapport aux thèses d’une inéluctable rationalisation de l’histoire. Ce changement de vision s’intéresse à l’histoire vécue, de l’industrialisme et de la bureaucratisation. Or, l’histoire du quotidien a pu apparaître aux yeux de l’école de l’histoire science sociale comme une discipline sans perspective, ne se fondant pas totalement dans la pratique scientifique en se focalisant excessivement sur les petites gens.

Enfin, il ne s’agit pas de dissocier les études de cas, les pratiques sociales des macrothéories de l’évolution historique. Si elle s’inspire de la micro-histoire, l’histoire du quotidien doit allier ses prosopographies de masse à une reconstitution, plus transversale, des processus historiques globaux, en formulant l’hypothèse que les « institutions », les « théories » et tout ce qui vient d’en haut, rendent incompréhensibles et déforment les réalités « d’en bas ». Il faut donc privilégier l’étude du cadre local (village, quartier populaire).

Historiens[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alf Lüdtke, Histoire du quotidien, Paris, Edition De la Maison des sciences de l’homme, 1994 (1989).