Hermarque de Mytilène

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Hermarque de Mytilène
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Philosophe grec

Antiquité

Hermarchus pushkin.jpg
Naissance
IIIe siècle av. J.-C.
Décès
-250 av. J.-C.
École/tradition
Principaux intérêts
Influencé par
A influencé
Polystrate, Polyclès, Denys l'épicurien

Hermarque de Mytilène est un philosophe épicurien qui naquit au IVe siècle av. J.-C.[1] et mourut au IIIe siècle av. J.-C. (vers -250). Il succéda à Épicure en tant que premier scholarque du Jardin.

Bien qu’il ait joué un rôle important, qu’il ait acquis une grande notoriété, et qu’il ait beaucoup écrit, toutes ses œuvres ont été perdues. Il nous est connu essentiellement par Diogène Laërce[2] et par Cicéron[3].

Le nom de ce philosophe, d'abord écrit par erreur Hermachus, a été rétabli dans sa véritable forme par Villoison, dans ses Anecdota Graeca[4]

Biographie[modifier | modifier le code]

Hermarque était le fils d'un homme indigent dénommé Agémarque (Agémortos), métèque [5], résidant à Mytilène, capitale de l'île de Lesbos. Hermarque étudia la rhétorique durant sa jeunesse (D.L., X, 24). Sa rencontre avec Épicure se fit probablement vers 310 av. J. -C, pendant le séjour du philosophe sur l'île de Lesbos. Néanmoins, Hermarque ne se rallia sans doute pas immédiatement aux thèses d'Épicure, comme le démontre une lettre où ce dernier l'enjoint d'abandonner la rhétorique pour se consacrer à la philosophie[6]. On ne sait très exactement quand Hermarque décide de finalement le rejoindre.

Voici le fragment de cette lettre que les commentateurs modernes ont attribuée à Épicure exhortant son disciple Hermarque : « ouvre un passage naturel vers notre communauté, et tu te détourneras des discours des rhéteurs, afin d'entendre une partie des opinions que nous soutenons. après quoi, nous l’espérons vivement, tu frapperas très bientôt aux portes de la philosophie (..) »

Philodème nous indique que le nom de son aimée était Demetria.

Selon Sénèque, Ep., 52, 4, Métrodore, son condisciple, n'était pas un découvreur de la vérité ; il était de ceux qui ont besoin d'aide, mais qui, une fois aidés, savent marcher sur les pas du maître et le suivre. A Hermarque, tout au contraire, un guide ne suffisait pas : il lui fallait « un moniteur et, pour ainsi dire, un dresseur ».

On sait qu’Épicure avait choisi Métrodore comme successeur ; mais ce dernier mourut avant lui. Cicéron, dans le De finibus, nous rapporte une lettre à Hermarque faite par Épicure mourant, et souligne les incohérences entre les paroles et les actes d'Épicure : assailli par d’atroces souffrances… : « Tout cela est pourtant compensé par la joie que me donne le souvenir de mes dogmes, et des découvertes que j'ai faites. Vous (Hermarque), cependant, pour marque de l'amitié que vous avez toujours eue pour moi et pour la philosophie dès votre jeunesse, souvenez-vous d'avoir soin des enfants de Métrodore. » Et plus loin : « Mes cruelles douleurs, dit-il, sont compensées par ma joie ». Je [c'est Cicéron qui parle] reconnais, Épicure, les paroles d'un philosophe ; mais vous avez oublié ce que votre système vous obligeait à dire. Si les dogmes dont le souvenir vous donne de la joie sont vrais, s'il y a quelque raison dans vos découvertes et vos écrits, vous ne pouvez avoir de joie, puisque rien en vous ne peut plus être rapporté au plaisir du corps, et que vous avez toujours dit que c'est au corps seul qu'on rapporte la joie et la douleur. « J'ai, dit-il, la joie du passé. De quel passé ? Si c'est d'un passé qui ait rapport au corps, je vois que vos douleurs vous paraissent compensées par vos découvertes, et non par le souvenir de vos plaisirs corporels. Si c'est d'un passé qui ait rapport à l'esprit, vous vous contredites ; car vous avez toujours nié qu'il pût y avoir aucun plaisir qui n'eût rapport au corps. Mais pourquoi recommandez-vous ensuite les enfants de Métrodore ? et dans cette attention, que je trouve si bienveillante et si fidèle, le corps entre-t-il pour quelque chose[7] ?».

À sa mort (270 av. J.-C.), Épicure, en raison de la disparition prématurée de Métrodore, lui légua sa bibliothèque et le fit usufruitier de ses biens immobiliers (dont Hermarque ne pouvait hériter, puisqu’il était métèque), à charge pour lui de veiller, en accord avec les héritiers, au bien-être de la communauté dont il aurait la direction spirituelle. Ce testament figure de façon détaillée dans Diogène Laërce, X, 17, 24. Il devenait ainsi le premier scholarque du Jardin[8].

Philodème, voulant probablement stigmatiser sa piété et celle des amis du jardin, nous précise qu’il prenait soin d’Épicure, qu’il l’ensevelit et veilla à tout ce qu’il avait laissé.

Il assura cette charge jusqu'à un âge avancé, et assura la transition entre les épicuriens qui avaient connu Épicure et la génération suivante ; selon Diogène Laërce, (Vies, X, 25), il mourut de paralysie après avoir été un excellent homme, et nomma Polystrate à la tête de l’école.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Elles nous sont connues par Diogène Laërce :

  • Έπίστολίκα περί Εμπεδοκλεους : Contre Empédocle, en 22 livres ; Porphyre nous a conservé (De l'abstinence, I, 7-12), un long extrait de cet ouvrage, visiblement consacré à l’origine du droit dans la société primitive. Ce passage ne nous fournit pas l'argumentation complète : Il n'y est pas question de la consommation de viande, mais seulement du respect de la vie des animaux. Pourquoi respecter la vie humaine et non la vie animale ? « Si l'on avait pu, comme avec des hommes, conclure avec les animaux un pacte garantissant qu'ils ne nous tueraient ni ne seraient tués par nous sans discernement, il eût été fort simple d'étendre jusqu'à eux le domaine du droit, puisque celui-ci tendait à assurer la sécurité. Mais il n'y avait aucun moyen d'associer à la loi les êtres non doués de raison ; telle étant la nature des animaux, organiser, conformément à l'intérêt, la sécurité vis-à-vis des êtres animés autres que l'homme n'était pas plus possible que vis-à-vis des êtres inanimés. Seule la liberté de les tuer, que nous avons désormais acquise, nous assure toute la sécurité possible » (trad. Bouffartigue). [3]
  • Περί των μαθηματων : Des sciences
  • Προς Πλατωνα : Contre Platon
  • Προς Αρίστοτελην : Contre Aristote.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Fragments[modifier | modifier le code]

  • Dans D. Delattre-J. Pigeaud (éds), Les Épicuriens, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2010, on trouvera la première traduction française des témoignages relatifs à Hermarque et des fragments conservés de ses œuvres (p. 159-183).
  • Ermarco. Frammenti, éd. trad. & comm. Francesca Longo Auricchio, Naples, Bibliopolis, 1998.
  • Der Epikureer Hermarchos, éd. K. Krohn, Berlin, Weidmann, 1921.
  • Porphyre. De l’abstinence I, éd. J. Bouffartigue & M. Patillon, Paris, Les Belles Lettres, 1977, 14-24 (notice) & 46-52 (texte & trad.). [5]
  • Opere di Epicuro, trad. M. Isnardi-Parente, Turin, Classici UTET, 1974, 535-553.
  • V. GOLDSCHMIDT, La doctrine d’Épicure et le droit, Paris, Vrin, 1977 (les p. 287-297 fournissent une trad. le. de Porphyre, Abst., I, 7-12).
  • A.A, LONG & D.N. SEBLEY, The Hellenistic Philosophers, I, Cambridge, 1987, 129-132 (trad. ang]. du même passage de Porphyre).

Travaux[modifier | modifier le code]

  • H. VON ARNIM, art. « Hermarchos », in Pauly-Wissowa, Realenzyklopâdie der klassischen Altertumwissenschaft, VIII, Stuttgart, 1912, 721-722.
  • J. BERNAYS, Theophrastos’ Schrift über Frömmmigkeit, Ein Beitrag zur Religionsgeschichte, Berlin, Hertz, 1866.
  • J,M. BOYD, « Porphyry, De abstinentia I, 7-12 », The Classical Quaterly, XXX, 1936, 188-191.
  • T. COLE, Democritus and the sources of Greek anthropology, American Philol. Assoc., Western Reserve University, 1967, chap. V, 70-79.
  • I. GALLO, Ermarco e la polemica epicurea contro Empedocle », in P. COSENZA (éd.), Esisienza e destino, nel pensiero greco arcaico, Naples, Ed. Scient. Ital., 1985, 33-50 (publ. de l’univ. de Salerne).
  • M. GIGANTE, Ricerche Filodemee, 2, Naples, Macchiarolo, 1983, 247-259.
  • V. KRUSE-BERDOLDT, Kopienkritische Untersuchungen zu den Porträts des Epikur, Metrodor und Hermarch (Diss.), Göttingen, 1975.
  • R. MUELLER, « Konstituierung und Verbindlichkeit der Rechtsnormen bei Epikur », in Syzetesis. Studi sull’Epicureismo greco e romano offerti a M. Gigante, Naples, 1983, 153-183.
  • D. OBBINK, « Hermarchus, Against Empedocles », The Classical Quarterly, n. s., XXXVIII, 1988, 428-435.
  • R. PHILIPPSON, « Die Rechtsphilosophie der Epikureer », Archiv fùr Geschichte der Philosophie, XXIII, 1910, 289-337 & 433-446 ; repris in Studien zu Epikur und der Epikureen, Hildesheim, G. Olms, 1983, 27-89.
  • P.A. VANDER WAERDT, « Hermarchus and the epicurean genealogy of morals », Transactions and Proceed of the Amer. Philol. Assoc., CXVIII, 1988, 87-106.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. A. Angeli propose la date de -325. Rien ne permet de le confirmer, mais la naissance d'Hermarque a sûrement eu lieu dans ces eaux-là
  2. Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres : X, 17, 24 (Vie d’Épicure)
  3. De Finibus, II, 30
  4. , II, p. 159, 290. [1]
  5. Dans l’Antiquité grecque : Étranger domicilié en Grèce, qui n'avait pas droit de cité.
  6. cf. Les Inscriptions épicuriennes de Diogène d'Oenoanda
  7. Cicéron, De finibus bonorum et malorum, II, XXX
  8. « Par ce testament, je donne tous mes biens à Amynomaque de Batté[15], fils de Philocrate, et à Timocrate de Potamos, fils de Démétrios, selon la donation faite à chacun et inscrite dans le Métroon, aux conditions suivantes : ils donneront le jardin et les biens y attenant à Hermarque de Mytilène, fils d’Agémarque, à ceux qui philosophent avec lui, et à ceux qu’Hermarque pourra choisir comme ses successeurs dans la direction de l’école, pour y vivre en philosophant. De même, à tous ceux qui philosopheront sous mon nom, afin qu’ils conservent avec Amynomaque et Timocrate, dans la mesure du possible, l’école qui est dans mon jardin, je le leur donne comme un dépôt, à eux, et à leurs successeurs, de la façon qui sera la plus sûre, afin que ceux-là aussi à leur tour conservent le jardin exactement comme eux. Mes disciples le leur transmettront. »
  9. Le texte du Projet de traduction et de Philodème cherche à rendre disponible en anglais les traités esthétiques du philosophe épicurien Philodème et poète (ca. 110-35 avant J.-C.), une figure de proue dans la transmission de la philosophie grecque à l'intelligentsia de la Rome d'Auguste. Son travail est connu de la survie de sa bibliothèque personnelle, ce qui a été enterré à Herculanum lors de l'éruption du Vésuve en 79 ap. Environ 1 000 rouleaux de papyrus carbonisés ont été découverts en 1752, mais parce que les textes ont été endommagés et horriblement difficile à lire, les travaux Philodème »ont longtemps été négligés. Élèves romaine Philodème »incluse Virgile et Horace éventuellement; ses traités esthétiques, uniques dans l'antiquité, certainement influencé leur pratique poétique. Il s'oppose audacieusement le consensus universel ancienne que le but de l'art est l'amélioration morale de l'audience, en préconisant que le grand art vise plutôt à plaisir intellectuel dans l'appréciation de sa forme et son contenu, qui sont inséparables. Il a appliqué cette théorie aussi à la musique, la poésie et la prose artistique. [2]