Giovanni Giustiniani

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D'origine génoise, ancien podestat de Caffa, Giovanni Giustiniani (? - 29 mai 1453) est un des seuls renforts que reçoit Constantinople avant sa prise par les Ottomans dirigés par Mehmed II. Finançant lui-même son expédition car Gênes refuse de s'engager militairement contre l'Empire ottoman, il arrive le 28 janvier 1453 à la tête de deux navires et 700 hommes (400 Génois et 300 Grecs venus des îles de la mer Égée), il est très bien accueilli par Constantin XI. Selon l'historien Critobule d'Imbros, il serait venu à Constantinople après que Constantin lui a promis de lui céder Lemnos en cas de victoire[1]. En réalité, il semble plutôt que l'empereur lui promet l'île de Lemnos après qu'il est arrivé à Constantinople[2] Quoi qu'il en soit, il reçoit lors du siège la responsabilité de la défense des murailles terrestres de la ville qu'il inspecte rigoureusement et fait restaurer si besoin est. Il demande notamment à Gabriele Trevisano de restaurer les douves proches du rempart des Blachernes.

Lui et 400 de ses hommes se battent durant la grande partie du siège au niveau de la Porte Sant-Romain, le point de la capitale byzantine le plus exposé aux Turcs. Il se bat avec un grand courage pendant toute la durée du siège et est légèrement blessé le 27 mai, ce qui ne l'empêche pas de reprendre rapidement son poste. Toutefois, il a vers la fin du siège un malentendu avec l'amiral byzantin Lucas Notaras. Il voulait amener la faible artillerie byzantine dans son secteur ce que Notaras refuse, prétextant qu'elle est plus utile sur les murailles insuffisamment protégées bordant la Corne d'Or[3]. Toutefois, Constantin XI finit par trancher en faveur de Giustiniani. Finalement le soir du 28 mai 1453, lors de l'assaut final des Turcs, Giustiniani est mortellement blessé. La nature de la blessure diffère selon les sources. Steven Runciman parle d'une balle de couleuvrine ou d'un carreau d'arbalète au niveau du sternum. Georges Sphrantzès cite une blessure au pied, Laonikos Chalcondylès parle d'une blessure à la main, Léonard de Chio affirme qu'il est blessé à l'aisselle par une flèche tandis que Critobule d'Imbros reprend la thèse de la balle de couleuvrine dans le sternum[4].

Il est transporté dans sa tente avant d'être embarqué à bord d'un navire qui part peu après pour Chios malgré les exhortations de Constantin qui le supplie de rester. Il meurt très certainement lors du trajet. Son départ provoque un vent de panique parmi les défenseurs et notamment parmi les Génois ce qui contribue à l'écroulement de la défense de la ville. De nombreux chroniqueurs du siège portent un jugement très dur à propos de Giustiniani du fait de son départ, toutefois, il a globalement fait preuve d'un grand courage et d'une grande efficacité dans la défense de la ville.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Kenneth Setton, The Papacy and the Levant, American Philosophical Society, 1976, p.112
  2. Runciman 2007, p. 134
  3. Kenneth Setton, op. cit., p.122-123
  4. Runciman 2007, p. 204-205

Références[modifier | modifier le code]

  • Lina Murr Nehme, 1453, chute de Constantinople, Paris, François-Xavier de Guibert,‎ 2003 (ISBN 978-2-86839-816-1, LCCN 2003361373)
  • Steven Runciman (trad. Hugues Defrance), La Chute de Constantinople 1453, Lonrai, Tallandier, coll. « Texto »,‎ 2007 (ISBN 978-2-84734-427-1)