Fiodor Raskolnikov

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Fiodor Raskolnikov

Fiodor Fiodorovitch Raskolnikov (Фёдор Фёдорович Раскольников)[1] (1892-1939) est un homme politique russe qui a joué un rôle important à l'époque de Lénine et de Staline et a également laissé d'importants mémoires sur cette époque.

Il est le père de Mouza Raskolnikova (1940-1986), historienne spécialiste de l'antiquité[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fiodor Fiodorovitch Raskolnikov, de son vrai nom Fiodor Ilin (Фёдор Ильин), fit une grande partie de sa carrière dans la marine, et fut successivement vice-commissaire du peuple à la marine en 1918, commandant de la flotte de la Volga-Caspienne en 1920 puis de la Baltique puis premier ambassadeur en Afghanistan en 1921-1923[3].

Il dirigea ensuite plusieurs groupes dans l'édition et la culture, et s'opposa à Maxime Gorki qui dirigeait une puissante maison d'édition à Petrograd, s'occupait de propagande à travers des revues éditées sous l'égide du pouvoir soviétique. Il reprit ses fonctions d'ambassadeur En Estonie à partir de 1930 puis au Danemark et en Bulgarie.

Rappelé à Moscou lors des grandes purges de 1938, il refusa de rentrer en Union soviétique en apprenant son limogeage et choisit de s'exiler en France. Ayant vivement attaqué Staline dans ses écrits, il fut pourchassé et trouva la mort l'année suivante à l'hôpital de Nice et, bien qu'on ait plusieurs versions de sa fin, il est probable qu'il fut défenestré à l'initiative des services spéciaux russes[4].

Sur les voies de combat[modifier | modifier le code]

Dans son important ouvrage de Mémoires qui porte ce titre "Sur les voies de combat", paru longtemps après sa mort en 1964, il évoque les événements auxquels il a participé, ses relations d'abord confraternelles avec Maxime Gorki à Petrograd en 1919 où il rencontre sa secrétaire Moura Zakrevskaïa-Benckendorff, la future comtesse Bondberg qu'il reverra plus tard dans les années 1934-36 où il pense que Gorki et son fils Maxime [5] ont été assassinés. Le premier pour une sombre histoire de jalousie, la femme de Maxime "Nadejda Alexeiévna Pechkova" étant la maîtresse de Yagoda qui aurait par jalousie résolu l'exécution de son mari.

Quant à Gorki, Fiodor Raskolnikov reprend les soupçons apparus peu après sa mort selon lesquels c'est sur l'ordre de Staline que son ami Krioutchkov l'aurait empoisonné. Sa femme Catherine Pechkova n'a jamais voulu s'expliquer sur ce point, mais on sait que Staline a fait pression sur Gorki pour qu'il rapatrie en Russie des documents compromettants et dont il voulait se servir comme pièces à conviction pour les procès de Moscou[6].

Fiodor Raskolnikov avait d'ailleurs été victime en France de trois tentatives de cambriolage pour récupérer ses archives compromettantes pour certains dignitaires russes en poste à l'étranger dans les années 1925-1935, qui furent éliminés par la suite, tentatives dont la dernière réussie peu avant la disparition de Fiodor Raskolnikov.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. orthographié parfois en français Fédor Raskolnikof
  2. Voir P. Botteri, "Ricordo di M. Raskolnikov", Quaderni di stora, 1987
  3. Pour une biographie plus détaillée sur cette époque, voir A.R. Konstantinov, "Fiodor Fiodorovitch Raskolnikov", éditions de Moscou, 1964
  4. Voir sa dernière lettre à Staline datée du 17 août 1939, reproduite dans la biographie Histoire de la baronne Boudberg pages 283-288
  5. Maxime Alexeiévitch Pechkov(1897-1934), fils de Gorki et de sa première femme Ekaterina Pavlovna Pechkova
  6. Voir par exemple la biographie Histoire de la baronne Boudberg où Nina Berberova raconte comment Staline fit pression jusqu'à ce qu'elle lui restitue les documents que Gorki lui avait confiés avant de revenir en Russie en 1933

Voir aussi[modifier | modifier le code]