Fête religieuse celtique

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Dans la religion des Celtes, il y a quatre fêtes religieuses majeures qui sont mentionnées de façon récurrente dans les textes mythologiques irlandais : Samain, Imbolc, Beltaine et Lugnasad. Elles ont un caractère obligatoire pour tous les membres de la société et se célèbrent sous l’autorité de la classe sacerdotale, principalement les druides. L’année celtique se décompose en deux saisons : une saison sombre qui commence à Samain et une saison claire qui débute à Beltaine[1].

Note : cet article est exclusivement consacré aux fêtes religieuses des Celtes de l’antiquité, pas aux rites du néo-druidisme contemporain.

Les quatre fêtes religieuses[modifier | modifier le code]

Samain / Samonios[modifier | modifier le code]

Samain, (Samonios en gaulois), qui a lieu le 31 octobre de notre calendrier, est une fête de transition, elle célèbre la fin de l’année et le début de la nouvelle, ainsi que le passage de la saison claire à la saison sombre (fin des conquêtes et des rafles pour les guerriers et la fin des travaux agraires pour les agriculteurs-éleveurs). Les festivités durent une semaine, elles commencent trois jours avant Samain et se terminent trois jours après. Cette période est une parenthèse dans le calendrier : elle n’appartient pas à l’année qui s’achève ni à celle qui va commencer ; c’est une durée autonome, hors du temps, « un intervalle de non-temps »[2].

Samain, dont le nom signifie « réunion », est une fête obligatoire qui donne lieu à des rites druidiques, des assemblées, des beuveries et des banquets rituels ; son caractère religieux la place sous l’autorité de la classe sacerdotale des druides. C’est une fête de passage pendant laquelle des héros, ou des hommes exceptionnels, peuvent se rendre dans le Sidh (généralement à l’invitation d’une Bansidh), et y séjourner.

Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, de par sa définition, elle est propice aux évènements magiques et mythiques. Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu’on la retrouve en Gaule sous la mention Tri nox Samoni (les trois nuits de Samain), durant le mois de samonios (approximativement le mois de novembre), sur le calendrier de Coligny[3].

C'est une période spéciale où le passage entre le monde des dieux et celui des humains est ouvert.

Sa survivance est Halloween et sa christianisation la Toussaint et/ou la Fête des Morts.

Imbolc[modifier | modifier le code]

La fête d’Imbolc a lieu vers le 1er février – mois qui correspond à celui d’anagantios selon le calendrier de Coligny. C’est une fête de purification qui prend place à la fin de l’hiver, le nom signifie d’ailleurs « lustration ».

En Irlande la célébration de sainte Brigitte à cette date conduit à penser qu’Imbolc se déroulait sous le patronage de la déesse préchrétienne Brigit et qu’un culte de la fécondité pouvait y être lié[4].

Sa survivance est probablement la chandeleur et sa christianisation la fête de Sainte Brigitte

Beltaine[modifier | modifier le code]

Beltaine (Bealtaine ou Beilteine) est chronologiquement la troisième des quatre grandes fêtes religieuses de l’année celtique. Elle est le pendant de Samain et marque le début de la saison estivale et a lieu le 1er mai (giamonios, selon le calendrier de Coligny). C’est le passage de la saison sombre à la saison claire, avec tous les changements que cela implique : reprise de la chasse, de la guerre, des razzias, des conquêtes pour les guerriers, début des travaux agraires et champêtres pour les agriculteurs et les éleveurs.

Au niveau religieux, c’est une fête sacerdotale, dont le nom signifie « feu de Bel ». En Gaule elle est en rapport avec Belenos et sa parèdre Belisama (« la Très Brillante »). En Irlande, c’est à cette date que sont arrivés les différents occupants de l'île, si on se réfère au Lebor Gabála Érenn (les Livres des conquêtes de l'Irlande). Les récits insistent sur les feux allumés par les druides, prononçant des incantations magiques pendant que l’on fait passer le bétail entre ces feux, afin de le protéger des épidémies[5]. Dans la vie de Saint Patrick [6] Saint Patrick allume un feu pascal avant le feu de Beltaine, ce qui est strictement interdit, mais personne ne peut l'éteindre.

Sa survivance est possiblement la plantation du Mai et sa christianisation est peut être le feu pascal.

Lugnasad (Lammas)[modifier | modifier le code]

Lugnasad, dont le nom signifie « assemblée de Lug », est dédiée à Lug, le dieu primordial des Tuatha Dé Danann. Elle a lieu le 1er août, pendant la période des récoltes. C’est de la fête du roi dans sa fonction de redistributeur des richesses et d’équité, sous l’autorité des druides. C’est aussi l’occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d’entendre des poètes et des musiciens, d’organiser des jeux et des courses[7]. En Italie, cette fête correspond au 15 août et est connue sous le nom de Ferragosto[8].

Sa survivance sont possiblement les foires à chevaux situés au mois d'août et sa christianisation est probablement la Saint-Pierre-aux-Liens.

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, éditions Payot,‎ février 1993, 169 p. (ISBN 2-228-88621-1)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1957 aux PUF. Paul-Marie Duval distingue la mythologie gauloise celtique du syncrétisme dû à la civilisation gallo-romaine.
  • Albert Grenier, Les Gaulois, Paris, Petite bibliothèque Payot,‎ août 1994, 365 p. (ISBN 2-228-88838-9)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1970. Albert Grenier précise l’origine indo-européenne, décrit leur organisation sociale, leur culture et leur religion en faisant le lien avec les Celtes insulaires.
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997 (ISBN 2-228-89112-6).
  • Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux :
    • Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986 (ISBN 2-85882-920-9) ;
    • La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8) ;
    • Les Fêtes celtiques, Rennes, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire »,‎ avril 1995, 216 p. (ISBN 9782737313158)
      Ouvrage consacré aux quatre grandes fêtes religieuses : Samain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad.
  • Philippe Jouët, Aux sources de la mythologie celtique, Yoran embanner, Fouesnant, 2007 (ISBN 9782914855372).
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins » , Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6).
  • Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, Paris, Marabout,‎ octobre 2009, 470 p. (ISBN 978-2-501-05410-2).
  • Consulter aussi la bibliographie sur la mythologie celtique et la bibliographie sur la civilisation celtique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour le calendrier des Celtes, voir Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, pages 509 et 552.
  2. Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, page 142, éditions Marabout, Paris, 2009, (ISBN 978-2-501-05410-2).
  3. Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, pages 35 à 82.
  4. Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, pages 83 à 98.
  5. Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, pages 99 à 111.
  6. Vita sancti Patricii, par Muirchu moccu Machtheni, livre d'Armagh, VIIe s.
  7. Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, pages 113 à 163.
  8. Nouvelles de Synergies européennes, Quand les celtes mesuraient le temps, par Elena Percivaldi, n°37, octobre-décembre 1998, page 13