Eugénie de Guérin

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Gravure d'Eugénie de Guérin
Eugénie de Guérin (1805-1848)

Femme de lettres française, Eugénie de Guérin (née le 29 janvier 1805 au château du Cayla[1], près d'Albi — morte le 31 mai 1848[1]) est la sœur aînée du poète Maurice de Guérin, avec qui elle entretint une correspondance.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Eugénie de Guérin quitta rarement son lieu de naissance, excepté pour de courts séjours dans les villes environnantes (Albi, Gaillac, Toulouse). En novembre 1838, elle se rendit à Paris pour le mariage de son frère Maurice avec Caroline de Gervain. Elle y demeura six mois, logée chez le couple et chez Mme de Maistre, dont elle était la guide spirituelle au château de Coques, et dont son frère était tombé amoureux. Rentrée au Cayla le 8 juillet 1839, elle assista à la mort de son frère onze jours plus tard. Ce sera l'événement le plus marquant de sa vie.

Elle note dans son Journal (à la date du 30 septembre 1839) :

Je voudrais que le ciel fût tout tendu de noir,
Et qu'un bois de cyprès vînt à couvrir la terre ;
Que le jour ne fût plus qu'un soir.

Elle ne se remettra jamais de cette séparation et mourra neuf ans plus tard, inconsolée.

Son journal[modifier | modifier le code]

À partir de 1834, elle commença à rédiger un journal destiné à son frère. Elle l'achèvera en 1841, notant ses impressions, ses lectures, la vie quotidienne d'une jeune femme dans la première moitié du XIXe siècle. Elle est fortement marquée par le christianisme, notamment par L'Imitation de Jésus-Christ, un ouvrage de piété très lu à l'époque. Si bien que Jules Barbey d'Aurevilly, ami de la famille Guérin, pourra écrire : « Le Journal d'Eugénie, c'est l'Imitation qui a passé par le cœur de la femme. » (Lettre à Guillaume-Stanislas Trébutien du 25 août 1854)

Une édition fragmentaire de ses œuvres est publiée en décembre 1855, grâce à Guillaume-Stanislas Trébutien et Jules Barbey d'Aurevilly, sous le titre de Reliquae. Le même Trébutien éditera son Journal (1862) et ses Lettres (1864). En 1934, à l'initiative de Mgr Barthès, est publié le texte complet du journal.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Poèmes
L'Ange joujou,
Baiser d’enfant
Ma Lyre
Litanies de la tristesse
Que mon désert est grand !.

Généalogie[modifier | modifier le code]

La famille Guerin en Albigeois est originaire d'Auvergne[2].

  • Noble Pierre de Guerin, seigneur de Senthies et de Rhinodes s'établit en Albigeois vers 1540. Il fit son testament en faveur de Jean, son fils le 29 mars 1578 et mourut dans son château de Laval la même année. Il avait épousé le 4 mars 1553 Isabeau de Lisle, fille de Raimond de Lisle, seigneur de la Valette dont il eut entre autres :
  • Jean de Guerin, seigneur de Senties, capitaine d'une compagnie de gens à pied qu'il commanda avec succès contre les ennemis du roi, défendit aussi le bourg de Loubers suivant une attestation des jurats de cette ville du 10 avril 1590. Il commanda à Andillac qui étaient ordonnées dès le 25 août 1588, fit son testament le 31 octobre 1603 et mourut dans son château du Cayla. Il avait épousé par contrat le 17 avril 1583 Jeanne de la Peyre, fille de Antoine de la Peyre gouverneur du Puy Cely dont il eut :
  • Georges de Guerin, seigneur de Senties et de Cayla. Il fit son testament le 11 novembre 1642, après avoir été marié par son père le 25 août 1613 à Fleurette de Verdun. Il eut au moins 3 enfants :
  1. Guillaume de Guerin, seigneur de Cayla et de Senties, maintenu dans la noblesse, avec ses frères, par M. de Bezons, intendant du Languedoc le 26 novembre 1668.
  2. Jean de Guerin
  3. George de Guerin

Eugénie de Guérin est descendante de cette famille dont la généalogie reste à compléter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Abel Lefranc - Maurice de Guérin d'après des documents inédits, Librairie ancienne Honoré Champion, Paris, 1910
  2. Tableau généalogique historique de la noblesse - Tome 4 par le comte de Waroquier de Combles (1787)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Duhamelet, La vie et la mort d'Eugénie de Guerin, 1948.
  • Mgr Émile Barthès, Eugénie de Guérin, Paris et Albi, 2 vol.,1929.
  • Trébutien, Journal et lettres d'Eugénie de Guérin, Paris 1863.
  • Jean-Louis Dega, À propos du prénom Eugénie chez les Guérin du Cayla, les Lacombe de Saint-Michel et Honoré de Balzac, dans « L'Amitié Guérinienne », n° 167, été 1995, p. 7-12.
  • Émile Landon, Étude sur Eugénie de Guérin, revue Le Chercheur, 1889.
  • Ernest Zyromski, Eugénie de Guérin, Paris, Armand Colin, 1921.

Liens externes[modifier | modifier le code]