Dolly (brebis)

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Le corps naturalisé de Dolly.

Dolly () est le nom donné à une brebis célèbre pour avoir été le premier mammifère cloné de l'histoire à partir d'un noyau de cellule somatique adulte[1] par l'équipe de Keith Campbell et Ian Wilmut chez PPL Therapeutics, en association avec le Roslin Institute à Édimbourg en Écosse.

Historique[modifier | modifier le code]

Le 2 avril 1996, la manipulation génétique est réalisée par une équipe de chercheurs (Ian Wilmut et Keith Campbell) écossais chez PPL Therapeutics en Écosse à partir de cellules de glande mammaire de la brebis adulte « geniees », dont le noyau cellulaire est transplanté dans l'ovule énucléé d'une autre brebis, nommée Belinda. 277 cellules-œufs furent créées, qui donnèrent naissance à 30 embryons. Un seul d'entre eux put se développer jusqu'à l'âge adulte : Dolly. Pour la première fois, un être viable issu de cette technique de clonage va survivre. Le 23 février 1997, le monde apprend la naissance d'une agnelle, Dolly, obtenue à partir d'une cellule de glande mammaire d'une brebis âgée de 6 ans, dont elle est la copie génétique conforme. La production en séries d'individus possédant le même patrimoine génétique est devenue possible. Le 6 janvier 1998, un physicien américain, Richard Seed, annonce qu'il a l'intention de cloner des êtres humains.[réf. nécessaire]

Les scientifiques écossais ont appelé la brebis Dolly en hommage à Dolly Parton, chanteuse américaine de country dotée d'une poitrine avantageuse, car le clonage a été réalisé à partir de cellules de glande mammaire[2].

Dolly est exposée depuis son décès en 2003 au Musée royal d'Écosse, à Édimbourg.

Discussion sur le clonage de Dolly[modifier | modifier le code]

Le fait que le clonage de Dolly ait eu un tel succès est dû au fait que ce fut le premier mammifère né sans qu'une fécondation d'un ovule par un spermatozoïde ait eu lieu, par la technique de la constitution d'un embryon par fusion en laboratoire d'un noyau cellulaire et d'un ovule énucléé : la brebis ainsi née possède un patrimoine nucléaire identique à un individu déjà existant. Cependant, Dolly n'est pas le clone parfait de Belinda. En effet, dans l'ovule utilisé, comme dans toutes les cellules, se trouvaient des organites, les mitochondries (les « usines énergétiques » de la cellule), qui possèdent leur propre patrimoine génétique. Dolly est donc aussi le fruit de la brebis qui a donné son ovule.

Vieillissement prématuré[modifier | modifier le code]

Les chercheurs se sont vite aperçu qu'elle vieillissait rapidement[3]. L'arthrite prématurée de Dolly a été attribuée au fait que la cellule prise sur Belinda alors âgée de 6 ans disposait de télomères raccourcis. Cela est dû au fait que la longueur des télomères est réduite après chaque division cellulaire. De fait, Dolly avait un patrimoine génétique vieux de 6 ans dès sa naissance. D'autres interprétations indiquent que l'arthrite de Dolly pourrait être due à son mode de vie trop protégée en laboratoire.

Dolly a finalement été euthanasiée en février 2003 suite à ses problèmes d'arthrite précoce et des difficultés respiratoires.

Apport scientifique[modifier | modifier le code]

Le clonage à partir de cellules différenciées d'un organisme adulte constitue une avancée importante :

  • Cela prouve que la régulation de l'expression des gènes est réversible. On s'en doutait depuis des années, mais on n'avait pas de preuve aussi éclatante.
  • Cela représente une possibilité technique très intéressante dans la perspective de la production d'animaux transgéniques (qui possèdent des gènes en plus, par exemple, des gènes qui codent des protéines humaines utilisées à des fins médicales) ou d'animaux présentant des qualités particulières.

Ce phénomène médiatique a été aussi le moyen de diffuser des idées fausses qu'un clone est la copie conforme d'un autre individu. L'identité est celle de l'ADN nucléaire, ce qui implique que le clone n'est donc :

  • ni génétiquement identique à un autre individu : le patrimoine génétique est composé de l'ADN nucléaire contenu dans le noyau des cellules de l'organisme et de l'ADN mitochondrial (ADNmt) contenu notamment dans le cytoplasme de l'ovule (donc aussi dans l'ovule énucléé). À l'origine, les chercheurs pensaient que l'ovule énucléé était un environnement qui devenait neutre au fur et à mesure de l'expression de l'ADN, mais les recherches ont montré que l'ADNmt contribue à la reprogrammation de l'ADN du noyau cellulaire, il interagit avec l'ADN nucléaire et influence donc son expression, et, une fois l'organisme parvenu à maturité, il joue un rôle dans la respiration cellulaire, la production des protéines et l'homéostasie (certaines maladies génétiques sont donc exclusivement mitochondriales). Demeure néanmoins l'identité non négligeable de l'ADN nucléaire.
  • ni une physionomie identique : conséquence du rôle du milieu (dont participe notamment l'ADNmt) dans lequel s'exprime l'ADN, même si une grande ressemblance existe, elle est finalement moindre que celle qui existe entre des jumeaux homozygotes. Autant dire que pour une brebis blanche les traits physionomiquement distinctifs ne sont pas nombreux, ce qui renforce la grande ressemblance entre Dolly et Belinda.

Depuis cette époque, d'autres mammifères tels que chevaux et taureaux ont été clonés[4] et on estime qu'il peut s'agir d'une technique intéressante pour sauvegarder les espèces en voie de disparition.

Impact de Dolly dans la culture[modifier | modifier le code]

  • En 2002, Steve Reich, compositeur de musique contemporaine, créait Three Tales, une œuvre s'inspirant en partie de l'aventure technologique constituée par Dolly, et qu'il met en perspective avec d'autres avancées technologiques cruciales du XXe siècle et leurs conséquences historiques.
  • En 2003, le groupe Ez3kiel cite Dolly dans sa musique " Versus ".
  • En 2006, le chanteur japonais Hyde sort son quatrième album solo Faith, sur lequel se trouve la chanson Dolly, inspirée par la brebis clonée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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