Curcuma caesia

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Le Curcuma noir (Curcuma caesia) est une plante vivace avec un rhizome bleu-noir[1], native du Nord-Est[2] et Centre de l'Inde. Le Curcuma noir est aussi trouvé plus rarement dans les montagnes Papi Hills (en) du district d'East Godavari et dans le district West Godavari, ainsi que le district du Khammam de l'État du Sud Andhra Pradesh.

Introduction[modifier | modifier le code]

Le rhizome du Curcuma noir a un intérêt économique important grâce à ses propriétés médicinales. Dans l'Ouest du Bengale, le rhizome est utilisé en Kali Puja, d'où l’appellation de la plante par le nom Kali Haldi. Par étymologie, Kali est le féminin de Kala, la couleur noire donnant son nom au Curcuma noir. Cette espèce est considérée en voie de disparation par l'Office des Forêts d'Inde à cause de son commerce illégal.[citation nécessaire] durgsingh kumpawat

Noms communs[modifier | modifier le code]

Hindi: काली हल्दी Kali Haldi, Nar Kachura, कृष्ण केदार Krishna kedar; Manipuri: Yaingang Amuba or Yaimu; Marathi: काला हल्दी Kala-haldi; Telugu: Nalla Pasupu; Kannada: kariarishina, naru kachora; Bengali: Kala haldi; Mizo: Aihang, Ailaihang; Assamese: kala haladhi; Nepalese: कालो हलेदो Kaalo haledo; Malayalam: Kari manjal; Sanskrit: Rajani, Nishaa, Nishi, Raatri; Malay: Black Haldi, Black curcuma, Kunyit Hitham, Temu Hitham; Arabic: Gadwâr Aswad; French: Zédoaire Noir; German: Schwarze Zedoarwurzel; Italian: Zedoaria Nera; Turkish: Kara Cadvar

Morphologie[modifier | modifier le code]

Le rhizome est tubéreux avec une odeur de camphre sucré; environ 2–6 cm de diamètre, la taille et la forme sont variables. Il est aplati latéralement et couvert de racines adventives, de cicatrices et nœuds; de plus, il montre des rides circulaires longitudinales sur la surface lui donnant une apparence de zones noueuses et inter-nouées. La surface est d'un brun pâle, et bleu-noir à l’intérieur (comme la peau des dieux Hindous: Kali, Rama, Krishna, et Shiva ). Il a des arrangements circulaires de feuilles réduites à des écailles, qui donne l'impression erronée d'une pousse en forme de cercles concentriques. Sur la surface, on trouve les longues racines adventives fibreuses. Les feuilles sont par groupe de 10-20, chaque feuille est large, oblongue, lancéolée et glabre. La partie du milieu de la feuille a des nuages d'une couleur profonde pourpre. Le pétiole est ivoire et s'entoure sur lui-même formant un pseudo-axe. La variation est parallèle et typique des monocotylédones. L'inflorescence est en forme de piques de 15–20 cm de long, qui apparaît bien avant l'ouverture de la feuille, les bractées sont vertes, les bractées de coma sont rouges profondes, puis rouge crimson en vieillissant. Les fleurs sont plus petites que les bractées, jaune pâle à bord rougeâtre. Le Calyx est obtu et long de 10–15 mm, à 3 dents, et la Corolle est longue et tubulaire, la lèvre est jaune pâle - 3 lobes semi-elliptiques. Le rhizome ressemble un peu à celui gris du Curcuma Aeruginosa[3].

Constituants chimiques[modifier | modifier le code]

Les recherches sur les composés volatiles huileux du rhizome de Curcuma caesia donnent l'identification de 30 composés, représentant 97,48 % des huiles essentielles, avec camphre (28,3 %), ar-turmérone (12,3 %), (Z)-ocimène (8,2 %), ar-curcumène (6,8 %), 1,8-cinéole (5,3 %), élémène (4,8 %), bornéol (4,4 %), bornyl acétate (3,3 %) et curcumène (2,82 %).[citation nécessaire]

Utilisations médicinales[modifier | modifier le code]

Les rhizomes sont utilisés pour frictionner le corps après un bain Turque. Au Bengale, il est utilisé comme le curcuma frais. Les rhizomes sont souvent utilisés par les tribus Baiga, Sahariya, Agariya, Gond, Korku, ainsi que d'autres tribus des communautés de Mandla, Balaghat, Chhindwara, Anooppur, et Dindori; districts de l'État Madhya Pradesh pour traiter la pneumonie, la toux, et les coups froids chez l'enfant, et pour la fièvre et l'asthme chez l'adulte. Dans l'Inde du Nord-Est, la poudre de rhizome est utilisée par les femmes tribales sur leur visage lors des fiançailles et mariages. Le rhizome frais est écrasé et appliqué comme une pâte sur le front pour soulager la migraine; et appliqué sur le corps contre les entorses et bleus. Dans le district de Lohit, les tribus Arunachal Pradesh et Kanti appliquent la pâte du rhizome frais sur les morsures de serpent et piqûres de scorpion[4]. Les rhizomes auraient peut-être des propriétés actives contre les leucodermes, l'épilepsie, le cancer et le sida. Les Gonds de Bastar l'appliquent sur les hydrocèles en cataplasme de feuille de Betel[5]. La prise orale de petite quantité de rhizome en pâte serait utile pour expulser les gaz de l'estomac et guérir les problèmes de menstruation.

Occulte[modifier | modifier le code]

Le Curcuma noir aurait des pouvoirs magiques. Au Chattisgarh, des tribus font des pâtes du rhizome avec de l'urine de vache et appliquent la mixture sur le front, et comme la tribu des Bindis y ajoutent aussi du sang, pour les pratiques Vasikaran et Tantra[6]. Certaines tribus croient que le rhizome agit comme un talisman qui éloignerait les mauvais esprits. D'autres croient que le rhizome à la forme de la déesse Kali et en portent toujours un sur eux. Certaines organisations Hindous vendent le rhizome en pâte pour l'utilisation du Tilak, avec la croyance que cela enlève toute forme de magie noire.

Culture et récolte[modifier | modifier le code]

La culture et la récolte sont similaires à celles du curcuma de cuisine. Dans les champs, les rhizomes sont lavés, ensuite mis dans des chaudrons avec couvercle et bouillis 30 minutes jusqu’à que la mousse déborde et qu'une forte odeur s'en dégage. On enlève les rhizomes quand 1/3 de l'eau a disparu. Ils deviennent mous et changent de couleur en passant du bleu-noir au marron clair ou foncé. Ensuite, ils sont séchés au soleil, de 10 à 15 jours, jusqu'à leur durcissement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) S. Syamkumar, « Molecular marker based genetic diversity analysis of Curcuma species from India », Scientia Horticulturae, vol. 112, no 2,‎ mars 2007, p. 235–241 (DOI 10.1016/j.scienta.2006.12.021)
  2. (en) P. N. Ravindran, K. Nirmal Babu et K. Sivaraman, Turmeric : The Genus Curcuma, CRC Press, coll. « Medicinal and Aromatic Plants - Industrial Profiles »,‎ 26 février 2007, 1e éd., 504 p. (ISBN 978-0-8493-7034-2), p. 11
  3. Indian Herbal remedies, par CP Khare
  4. http://nopr.niscair.res.in/bitstream/123456789/7881/1/NPR%206(4)%20334-340.pdf
  5. http://botanical.com/site/column_poudhia/66_hydrocele.html
  6. http://ecoport.org/ep?SearchType=earticleView&earticleId=943&page=-2

Lien externe[modifier | modifier le code]