Crowfoot

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Chef Crowfoot, vers 1885

Crowfoot (vers 1830-25 avril 1890), Pied-de-corbeau en français ou Isapo-Muxika (Issapóómahksika en pied-noir, signifiant « Grand pied des Corbeaux[1] »), était un chef de la nation siksika au Canada. Il est né au sein des Kainais, mais sa mère se remaria avec un Siksika suite au décès de son père lorsqu'il n'était âgé que de cinq ans. Son frère de lait, Three Bulls ou No-okska-stumik, pris sa place en tant que chef après son décès au printemps 1890.

Biographie[modifier | modifier le code]

Isapo-Muxika est né vers 1830 au sein de la nation kainai (les Gens-du-Sang ou Blood Indians) près de la rivière Belly dans le Sud de l'actuelle Alberta. Il fut nommé Astohkomi (Shot Close) à la naissance. Lorsqu'il n'avait que cinq ans, son père fut tué par des Corbeaux (Crows). Sa mère se remaria à un homme de la nation siksika (pied-noir ou blackfoot) et il fut rebaptisé Kyi-i-staah (Bear Ghost) et, plus tard, reçut le nom de son père, Istowun-eh’pata (Packs a Knife)[2]. Après avoir démontré sa valeur au combat et, particulièrement, lors d'une attaque contre les Corbeaux où il frappe un tipi, il reçut finalement son nom d'adulte, Isapo-Muxika, qui avait été porté par un de ses ancêtres[1],[2]. Il continua d'être un guerrier respecté et participa à 19 combats et fut blessé six fois avant l'âge de 20 ans incluant une blessure par balle qui ne fut jamais retirée[2]. Il est également connu pour avoir tué un grizzli à l'aide d'une lance[1].

Une fois adulte, Isapo-Muxika délaissa la guerre pour s'adonner à l'élevage des chevaux[2]. En 1865, à la mort du chef de sa bande, No-okskatos (Three Suns), il devint un chef mineur au sein de la tribu et dirigeait une bande d'une vingtaine de huttes. Sa bande fut d'abord connue sous le nom de Grosses-Pipes (Big Pipes), mais fut renommée Mocassins[1],[2]. Isapo-Muxika se forgea une bonne réputation auprès des Blancs et des Métis allant jusqu'à leur porter assistance et à convaincre le reste de sa tribu de ne pas attaquer leurs convois[2]. Une épidémie de vérole en 1869 et 1870 eut raison de plusieurs chefs pieds-noirs et Isapo-Muxika devint ainsi un des trois chefs principaux. En 1872, il ne restait que deux chefs : lui et Natos-api (Old Sun)[2].

En 1873, Isapo-Muxika perdit son fils aîné lors d'un raid contre les Cris. Il lança une importante offensive contre les Cris au cours de laquelle un guerrier cri fut tué. Il s'agit là du dernier exploit de guerre d'Isapo-Muxika qui fit la paix avec les Cris par la suite. Il rencontra d'ailleurs un Cri, Pitikwahanapiwiyin (Pītikwahanapiwīyin en cri ou Poundmaker), qui ressemblait à son fils ; il décida de l'adopter et lui donna le nom de Makoyi-koh-kin (Wolf Thin Legs)[2]. Ce dernier devint plus tard chef de sa nation[1].

Crowfoot s'adressant au marquis de Lorne lors d'une assemblée d'Indiens à Blackfoot Crossing, en Alberta, le 10 septembre 1881 (Sydney Prior Hall (en))

En 1877, lors des négociations pour la signature du traité no 7 entre la Couronne et plusieurs nations autochtones dont les Pieds-noirs, Isapo-Muxika est vu comme un allié et occupe un rôle important[1]. Cependant, une fois sa tribu placée dans une réserve, il se décourage face au gouvernement canadien, mais empêche tout de même les siens de prendre part à la Rébellion du Nord-Ouest en 1885 voyant que le combat était perdu d'avance[1].

Isapo-Muxika décéda le 25 avril 1890 près de Blackfoot Crossing (en) en Alberta des suites de maladie dont il a souffert pendant les dix dernières années de sa vie[1] ,[2].

Héritage[modifier | modifier le code]

Isapo-Muxika a été identifié par le gouvernement canadien comme étant une personne d'importance historique nationale.

Crow Foot, le fils de Sitting Bull, fut nommé en son honneur.

Un documentaire d'une durée de 10 minutes de l'Office national du film du Canada (ONF) intitulé The Ballad of Crowfoot (« La ballade de Crowfoot ») dirigé par Willie Dunn et sorti en 1968 raconte la situation des Autochtones au Canada au travers la vie d'Isapo-Muxika. Il s'agit en fait d'un montage de photographies d'archives et d'une ballade de Willie Dunn qui est un Micmac[3]. Ce film est l'un des premiers de l'ONF à être dirigé par un Autochtone et a reçu plusieurs prix dont le Gold Hugo pour le meilleur court métrage au festival international du film de Chicago de 1969.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Crowfoot dans l'Encyclopédie canadienne, page consultée le 18 février 2013
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Isapo-Muxika dans le Dictionnaire biographique du Canada, page consultée le 16 février 2013
  3. (en) Willie Dunn, The Ballad of Crowfoot, l'Office national du film du Canada, 1968, consulté en ligne le 18 février 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hugh Aylmer Dempsey, Crowfoot: chief of the Blackfeet, Edmonton, AB, Hurtig Publishers,‎ 1972, 226 p. (ISBN 0888301243)
  • (en) Hugh Aylmer Dempsey, The early West, Edmonton, AB, Historical Society of Alberta,‎ 1957, 36 p.
  • (en) Carlotta Hacker, Crowfoot, Don Mills, Ont, Fitzhenry & Whiteside,‎ 1977, 63 p. (ISBN 0889022380)
  • (en) Ethel Brant Monture, Famous Indians, Toronto, Clarke, Irwin & Co.,‎ 1960, 160 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The Ballad of Crowfoot, de Willie Dunn, Office national du film du Canada, 1968 [présentation en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]