Crise financière irlandaise (2008-2011)

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Cet article détaille la crise financière de l’Irlande de 2008-2011 et les effets qu’elle a eu sur le pays. Pour les problèmes relatifs aux banques irlandaises, voir l’article Crise bancaire irlandaise (2008-2011).

La crise financière irlandaise (2008-2011), qui a émergé avec la crise financière de 2008, est une crise politique et économique majeure dans l’histoire de l’Irlande, et qui est en partie responsable de la récession subie par le pays pour la première fois depuis les années 1980. Le gouvernement irlandais a officiellement annoncé l’entrée du pays dans la récession en septembre 2008. Le taux de chômage augmenta sensiblement les mois suivants. Selon le Central Statistics Office, l’Irlande fut le premier pays de la zone euro à connaître une récession[1].

Le nombre de chômeurs demandant des allocations chômage était de 326 000, le plus haut niveau mensuel depuis 1967 et la création de cette statistique[2]. Au milieu de la crise, qui a coïncidé avec les problèmes relatifs aux banques irlandaises, le parti au pouvoir, le Fianna Fáil, a chuté à la troisième place dans un sondage conduit par The Irish Times. Le parti s'est placé derrière le Fine Gael et le Parti travailliste, ce dernier dépassant le Fianna Fáil pour la première fois.

Les conditions difficiles ont poussé Modèle:Nomnre dans les rues de Dublin le 21 février 2009, ainsi que diverses autres actions de grève. Le principal index de l'Irish Stock Exchange (ISE), qui avait atteint un pic à 10 000 points en avril 2007, a chuté à 1 987 points en février 2009, son plus bas niveau depuis 14 ans[3]. Depuis le milieu de l'année 1995, il n'était jamais tombé sous les 2 000 points[3].

Origine[modifier | modifier le code]

La forte croissance de l'économie irlandaise durant les années 1997-2007 qui a fait surnommer le pays le Tigre celtique, était due à un faible impôt sur les bénéfices et les faibles taux d'intérêts pratiqués par la Banque centrale européenne, entre autres facteurs. Cela a provoqué une expansion du crédit et, à terme, la bulle immobilière irlandaise qui a explosé en 2007. Les banques irlandaises, déjà très exposées au marché immobilier irlandais, ont été fortement affectées en septembre 2008 par les débuts de la crise financière mondiale de 2007-2010.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La situation des finances publiques s'est compliqué durant l'année 2008. Le déficit public s'est accru, de nombreuses entreprises ont fait faillite, et le chômage est parti à la hausse. Le niveau index boursier irlandais ISE a chuté fortement. De nombreux travailleurs immigrés ont quitté le pays.

La Anglo Irish Bank[modifier | modifier le code]

La Anglo Irish Bank a été très exposée à la bulle immobilière irlandaise. En décembre 2008, une controverse sur des prêts secrets a fait chuter fortement le prix de l'action de la banque. L'index ISE est tombé le 24 septembre 2009 à un niveau jamais vu depuis 14 ans, probablement déstabilisé par la démission surprise, la veille, de l'ancien directeur de la Anglo Irish Bank, Anne Heray, du bureau de l'Irish Stock Exchange[4].

Récession et chômage[modifier | modifier le code]

L'économie irlandaise est entrée dans une sévère récession en 2008, puis dans une dépression en 2009[5]. L'Economic and Social Research Institute, un think tank irlandais, a prédit alors une baisse du PIB pour 2010 de l'ordre de 14 %[6]. Au premier trimestre de 2009, le niveau du PIB était en baisse de 8,5 % par rapport au premier trismestre de l'année précédente[7]. Le taux de chômage passa de 8,75 %[8] à 11,4 %[9],[10]. L'économie irlandaise sortit de la récession au troisième trimestre de 2009, avec un PIB en augmentation de 0,3 %[11].

Marché immobilier[modifier | modifier le code]

Avec l'explosion de la bulle, l'immobilier résidentiel et d'entreprise a connu un véritable effondrement, avec une baisse sensible de la valeur des biens, ainsi que du nombre des ventes.

Des promoteurs immobiliers tels que Liam Carroll ont été fortement touchés. À cause de la crise financière, certaines banques commerciales irlandaises ont aussi été impactées, dont ACC.

Émigration[modifier | modifier le code]

Le Central Statistics Office, organisme national de statistique, a estimé que 34 500 personnes ont quitté le pays entre avril 2009 et avril 2010, le chiffre le plus haut depuis 1989. Cependant, seuls 27 700 parmi ces personnes sont des citoyens irlandais. À noter également que cette émigration s'est moins dirigé vers le Royaume-Uni, l'Union Européenne et les États-Unis, destination traditionnelle de l'émigration irlandaise[12].

Impact politique[modifier | modifier le code]

Après la nomination de Brian Cowen comme Taoiseach, le parti au pouvoir, le Fianna Fáil était encore crédité dans les sondages de près de 41 %, leur niveau atteint lors des élections générales de 2007. Le soutien au parti a commencé à chuter à partir de septembre 2008. Le 13 février, le journal The Irish Times a publié un sondage plaçant le Fianna Fáil en troisième position, derrière les deux partis d'opposition, le Fine Gael et le Parti travailliste[13],[14].

Le 27 février, un sondage a révélé que seul 10 % de la population soutenait l'action gouvernamentale. La moitié des personnes interrogées se disaient même favorables à l'organisation immédiate d'éléctions générales[15]. Le Fianna Fáil a emporté 24 % des voix aux élections locales de juin 2009, continuant sa lente perte de crédibilité auprès de l'opinion publique à mesure que le pays plongeait davantage dans la crise. En septembre 2009, le soutien au parti au pouvoir tomba à 17 %.

Le gouvernement annonça la tenue d'élections pour le printemps 2011, mais finit par ravancer la date au 25 février 2011 suite à de fortes revendications. Le premier ministre (Taoiseach) Brian Cowen fut remplacé comme leader du pari par Micheal Martin. Aux élections, le Fianna Fáil a recueilli 17 % des votes, faisant baisser leur nombre de sièges de 71 à 20, un niveau historiquement bas. Les deux partis d'opposition, le Fine Gael et le Parti travailliste, ont obtenu un gain sensible de sièges, sans pour autant atteindre une majorité absolue, ce qui a entrainé la constitution d'un gouvernement de coalition.

Intervention du FMI et de l'UE[modifier | modifier le code]

Le 21 novembre 2010 le gouvernement fait une demande à l'UE d'aide pour faire face aux besoins de financement suite au sauvetage des banques irlandaises par le gouvernement. L'UE et le FMI mettent alors en place un programme de soutien de 67 milliard d'euros, dont 17,5 milliard provenant du FMI et le reste provenant du MESF et FESF[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. CSO - Central Statistics Office Ireland
  2. "Huge protest over Irish economy" BBC 2009-02-21.
  3. a et b (en) « ISEQ falls to 14-year low », RTÉ,‎ 24 février 2009 (consulté le 24 février 2009)
  4. (en) « Anglo Irish Bank offices were searched », RTÉ,‎ 24 février 2009 (consulté le 24 février 2009)
  5. (en) « Ireland 'technically' in depression - The Irish Times - Wed, May 20, 2009 » (consulté le 26 mai 2009)
  6. ESRI predicts 14% economic decline over three years
  7. (en) Kelleherpau, « National Accounts NIE quarte... » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2009-06-30
  8. Unemployment reaches 11% in Ireland
  9. (en) Henry McDonald, « Ireland's unemployment rises to 11.4% », The Guardian, London,‎ 29 April 2009 (lire en ligne)
  10. (en) « Irish unemployment at fresh highs », BBC News,‎ 1 April 2009 (lire en ligne)
  11. (en) Quentin Fottrell, « Irish GDP Rises 0.3 % but Crisis Lingers », Wall Street Journal,‎ 17 December 2009 (lire en ligne)
  12. « http://www.cso.ie/releasespublications/documents/population/current/popmig.pdf » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-12 Population and Migration Estimates April 2010, Central Statistics Office
  13. (en) « Labour surge past FF in latest poll », RTÉ,‎ 12 février 2009 (consulté le 13 février 2009)
  14. (en) « Fianna Fáil support collapses as Labour overtakes it for first time », The Irish Times,‎ 13 février 2009 (consulté le 13 février 2009)
  15. (en) « 10 % satisfied with Govt performance », RTÉ,‎ 26 février 2009 (consulté le 26 février 2009)
  16. (en) http://ec.europa.eu/economy_finance/eu_borrower/ireland/index_en.htm

Articles connexes[modifier | modifier le code]