Coq gaulois

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Coq gaulois
Coq gaulois doré
Coq gaulois doré

Espèce Poule (Gallus gallus domesticus)
Région d’origine
Région Drapeau de la France France
Caractéristiques
Plumage doré-saumoné
Autre
Utilisation reproduction
Ponte
Poids des œufs min. 60g
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La Gauloise Dorée est une race de poule française, probablement la plus ancienne et celle qui serait génétiquement la plus proche des coqs sauvages. Au-delà de l’oiseau, la Gauloise est incarnée par le Coq Gaulois[1], souvent considéré comme un symbole national de la France, sans que cela ait un caractère officiel comme c'est le cas pour le pygargue à tête blanche pour les États-Unis. En latin gallus signifie à la fois coq et gaulois[2].

Le coq figure au sommet de très nombreux clochers, en raison du coq des Évangiles et non d'un symbole national. Il surmonte aussi bon nombre de monuments aux morts érigés après la Première Guerre mondiale.

L'emblème du Mouvement wallon, de la Communauté française de Belgique et de la Région wallonne est également le coq gaulois, cependant il est représenté combattant plutôt que chantant[3].

L'animal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gallus gallus domesticus.

Description[modifier | modifier le code]

La Gauloise Dorée est de taille modeste. La poule pond régulièrement au printemps et durant l'été des œufs blancs d'au moins 60 grammes.

En dépit de sa domestication, cette race a conservé une partie de son caractère sauvage. En particulier la poule peut voler sur plusieurs dizaines de mètres à 5-6 mètres au-dessus du sol sans difficulté.

La gauloise dorée a bien failli disparaître au sortir de la Seconde Guerre mondiale mais connait un nouvel essor grâce aux élevages amateurs.

Standard[modifier | modifier le code]

Symbole de la France[modifier | modifier le code]

Origine du symbole[modifier | modifier le code]

Suétone, dans sa Vie des douze Césars, fit remarquer qu'en latin, coq et gaulois se disaient tous deux gallus mallus ortinigus[4]. Au début du Bas Moyen Âge (XIIe), les ennemis de la France réutilisèrent le calembour par dérision, faisant remarquer que les Français (tout particulièrement leur roi Philippe Auguste) étaient tout aussi orgueilleux que l'animal de basse-cour.

On pense que le coq était avant tout un symbole chez les Véromandues, un peuple gaulois de l'ancienne Gaule Belgique, avant de s'imposer comme emblème à toutes les nations gauloises. Cette hypothèse vient d'une pièce de monnaie, découverte dans leur région d'implantation, sur laquelle on voit un coq, "dans le paroxysme du mouvement, dressé sur ses ergots, le cou tendu, battant des ailes et chantant".

Emblème politique et patriotique[modifier | modifier le code]

Coq gaulois, monument dédié aux Girondins, Esplanade des Quinconces, Bordeaux. Œuvre signée Achille Dumilâtre et Victor Rich, réalisée entre 1893 et 1902
Coq gaulois triomphant au sommet du Mémorial des soldats et marins de la Charente-Inférieure édifié à La Rochelle en 1913.

Bien que des tentatives aient eu lieu pour en faire le symbole de la France à la fin de l’époque médiévale, c'est à partir de l'époque de la Renaissance que le coq commence à symboliser le roi de France, puis son royaume[5]. Sous le règne des Valois et des Bourbons, l'effigie des Rois est souvent accompagnée de cet animal censé représenter la France dans les gravures, sur les monnaies. Même s'il reste un emblème mineur, le coq est présent au Louvre et à Versailles.

Le coq gagna une popularité particulière à l'occasion de la Révolution française et de la monarchie de Juillet, où il fut introduit en remplacement de la lys dynastique.

Ainsi, à la période révolutionnaire, on le voit figurer sur un écu, orné du bonnet phrygien, sur le sceau du Premier consul et l'allégorie de la fraternité porte souvent un bâton surmonté d'un coq.

Napoléon Bonaparte substitue l'Empire à la République et dès lors l'aigle remplace le coq car pour l'Empereur : « Le coq n'a point de force, il ne peut être l'image d'un empire tel que la France ».

Après une période d'éclipse, les "Trois Glorieuses" de 1830 réhabilitent l'image du coq français et le Duc d'Orléans, c’est-à-dire Louis-Philippe, signera une ordonnance indiquant que le coq devrait figurer sur les drapeaux et les boutons d'uniformes de la garde nationale.

L'aigle impérial retrouve sa place avec Napoléon III, comme signe de la permanence de l'Empire.

Après cela, le coq ne retrouva jamais une véritable autorité au niveau politique. On peut seulement trouver quelques références éparses, telles que :

  • le sceau de la IIe République représentant la figure de la Liberté tenant un gouvernail marqué du coq ;
  • sous la IIIe République :
    • la grille du Palais de l'Elysée fut ornée d'un coq, "la grille du coq" que l'on peut voir encore actuellement ;
    • le coq apparaît occasionnellement sur des timbres[6] ;
    • les pièces de 10 Francs et de 20 Francs (en or) frappées de 1899 à 1914 portent un coq au revers ;
  • sous la IVe République :
    • les pièces de 10 Francs, de 20 Francs et de 50 Francs frappées de 1950 à 1958 portent un coq au revers ;
  • sous la Ve République :
    • la pièce de 10 Francs (Joaquin Jimenez) frappée en 1986 porte un coq à l'avers.


L'insigne des maires[modifier | modifier le code]

L'insigne des maires

Créé par un décret du 22 novembre 1951, l'insigne officiel des maires aux couleurs nationales est conforme au modèle ci-après : « Sur un fond d'émail bleu, blanc et rouge portant « MAIRE » sur le blanc et « R.F. » sur le bleu ; entouré de deux rameaux de sinople, d'olivier à dextre et de chêne à senestre, le tout brochant sur un faisceau de licteur d'argent sommé d'une tête de coq d'or barbée et crêtée de gueules. » [7]

Le port de l'insigne officiel des maires aux couleurs nationales, dont l'usage est facultatif, est réservé aux maires dans l'exercice de leurs fonctions et ne dispense pas du port de l'écharpe lorsque celui-ci est prescrit par les textes en vigueur[8].

Monuments aux morts français surmontés d'un coq[modifier | modifier le code]

Le coq gaulois est un des motifs assez fréquents parmi les ornements des monuments aux morts de France. Ce symbole patriotique n'est pas privilégié dans une région plutôt que dans une autre. Il peut être représenté :

  • de face ou de côté
  • les ailes plus ou moins déployées
  • en train de chanter ou pas
  • perché éventuellement sur une sphère dominant le sommet pyramidal de l'édifice en forme d'obélisque.

Sur les monnaies[modifier | modifier le code]

Plusieurs pièces de monnaie ont porté le coq ; la plus récente était la Dix francs République (1986) de Joaquin Jimenez.

Emblème sportif[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, le coq gaulois a eu un regain de popularité important avec les compétitions sportives (en particulier le football et le rugby), où il est l'emblème incontesté de la nation française. Cependant, sa présence sur les logos et autres maillots des équipes et fédérations est souvent discutée. Ainsi lorsqu'en 1997, le CNOSF décide de retirer le coq du logo officiel, certaines personnalités célèbres (dont la plus indignée était Alain Mimoun) s'élevèrent pour dénoncer cette atteinte aux valeurs de la France. Beaucoup de sportifs ne cachent pas que porter un maillot frappé du coq constitue un honneur supplémentaire.

Logos de fédérations françaises de sport
  • Logo de la Fédération française de football. Il maintient deux caractéristiques identitaires traditionnelles : le coq emblématique et les couleurs nationales. Le logo représente « un coq issu de la forme arrondie d’un ballon délié, en même temps qu’il évoque le dynamisme du football français. Les rubans qui le composent sont le symbole de la continuité entre le passé et l’avenir, mais aussi la mise en perspective des valeurs de fête et d’enthousiasme que suscite le football. »
  • Le logotype de l’Équipe de France de football reprend les mêmes codes symboliques que celui de la FFF, mais voit son coq revêtir la couleur Or afin d’établir le lien avec le blason que l’on retrouve sur le maillot des Bleus.
  • Logo de la Fédération française de rugby à XV
  • Logo de la Fédération française de rugby à XIII
  • Logo de la Fédération française d'escrime (remplacé en 2010, sans le coq)
Logos d'entreprises commerciales
Mascottes (coqs personnifiés)

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Façade du cinéma Pathé de Montpellier avec l'emblème du coq.

En 1905, la société de cinéma française Pathé Frères crée son logo représentant un coq gaulois. Le coq reste aujourd'hui encore son emblème avec un changement de design intervenu en mars 1999. Le coq s'appelle "Charlie" (en référence au fondateur Charles Pathé) et fait figure de mascotte pour la société, proclamant fièrement le nom de l'entreprise avec l'utilisation de phylactères ("Pathé"). Il apparaît dans diverses poses et est censé symboliser la fière histoire de l'entreprise. Bien que légèrement irrévérencieux, Charlie sert d'unification au sein de l'entreprise et de marque "porte-parole" dans la sphère publique.

Tourisme en France[modifier | modifier le code]

  • Le logo de la Fédération nationale des Gîtes de France représente la carte de France. « Tout comme la cheminée qui fume, les fenêtres ouvertes illustrent un foyer habité chaleureux, ouvert sur la vie et sur les autres. Le coq, symbole du jour qui se lève, reste l’emblème d’un pays recouvrant lentement sa santé ; il témoigne de la volonté de toujours regarder vers l’avenir. Au fil des années, il s’est égayé mais les bases fondamentales restent les mêmes, traces d’un véritable enracinement[9]».
  • Le 1er logo du label "Station Verte de Vacances" (en usage de 1964 à 2006) représente un coq sur fond vert avec un soleil. Cette association française des "Stations Vertes de Vacances", créée en 1964, regroupe des communes touristiques de l'espace rural et de la montagne ayant signé une Charte de qualité. Elles doivent obligatoirement présenter un attrait naturel, assurer l'accueil et le séjour des touristes dans un environnement préservé.
  • Le logo de National Tours (tour-opérateur et voyagiste créé en 1985, spécialisé dans le tourisme en autocar), représente un coq.

Assurances[modifier | modifier le code]

Le logo de GPA Assurances (Groupe des populaires d'assurances) comporte un coq.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles
  • Comte Maxime de Sars. "Petite Histoire de Saint-Quentin"
  • Delavenne, Magalie. Le Coq dans le sport. Bordeaux : CRDP. Texte en ligne
  • Pastoureau, Michel. « Le Coq gaulois », Les Lieux de Mémoire, Pierre NORA.
  • Pastoureau, Michel. « Les couleurs du Stade », Vingtième siècle, juillet 1990.
  • Richard, Bernard. "Le coq gaulois, emblème des Français ?", chapitre IX des "Emblèmes de la République", CNRS Editions, 2012.
Monographies
  • Barret, Ns (de Lyon). Chant du coq des vieux Gaulois, dédié à Philippe Ier, roi des Français. Lyon : impr. de D.-L. Ayné, 1830, 4 p.
  • Camuset, Roland. Histoire du Coq Sportif, 1989.
  • Cartier, Patrice. D'où vient le coq gaulois ? Qui a inventé la pizza ? : petit guide des symboles qui font l'Europe. Paris : De La Martinière jeunesse, 2008. ISBN 978-2-7324-3825-2
  • Colas, Henri. Les Chants du coq gaulois, avec musique. Paris : Bloud et Gay, 1916, 248 p.
  • Ducrocq, Théophile. Le Coq prétendu gaulois. Paris : A. Fontemoing, 1900, 16 p. Extrait de la ″Revue générale du droit″.
  • Ducrocq, Théophile. Le Coq prétendu gaulois, suivi d'un rapport à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et complément à la légende du coq dit gaulois, usurpant le revers de nos nouvelles monnaies d'or, 2e éd. Paris : A. Fontemoing, 1908, 38 p.
  • Maury, Arthur. Les Emblèmes et les drapeaux de la France : le coq gaulois. Paris, A. Colin, 1904, 354 p.
  • Méry, Joseph. Le Chant du coq gaulois : au profit des veuves et orphelins des braves morts pour la liberté. Paris : tous les marchands de nouveautés, 1830, 8 p.
  • Papin, Yves D. Le Coq, histoire, symbole, art, littérature. Hervas, 1993.
  • Pastoureau, Michel. Les Emblèmes de la France. Paris : C. Bonneton, 1998, 223 p. ISBN 2-86253-172-3
  • Périquet, Jean-Claude. Des poules : l'histoire, l'anatomie, l'élevage et la diversité / ill. de Yann Le Bris, Isabelle Arslanian et Michel Sinier. Nantes : Éd. du Gulf Stream ; Paris : France UPRA sélection, 2003, 67 p. (Sauvegarde). ISBN 2-909421-24-4. Jean-Claude Périquet est le président de la fédération française des associations d'éleveurs de volailles et de palmipèdes.
  • Poncet, Alice. Poème national de la grande guerre, chanté par le coq gaulois et l'alouette française. Lamalou-les-Bains : éditions de la ″Revue du Languedoc et des jeux floraux″, 1916, 149 p.
  • Richard, Bernard. "Les emblèmes de la République", chap. IX, CNRS Editions, 2012.
  • (Proclamation du gouvernement provisoire, pour le maintien du coq gaulois et des trois couleurs, commençant par ces mots :) République française. Citoyens de Paris, le coq gaulois et les trois couleurs.... Paris, Impr. du gouvernement, février 1848.
  • Couplets, patriotiques pour la remise du drapeau civique donné par le roi à la garde nationale de Condom. (Signé : Par un chasseur de la [...]e compagnie.) Le Coq Gaulois. Paroles de M. Ayma,... musique de Meillan. Condom, 1831.
  • Hommage d'un patriote aux défenseurs de la nation. Le Coq gaulois, chant patriotique. Chaumont : imp. de Cavaniol, 1871.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. le Gauloise Dorée Club de France, club d'éleveurs de Gauloise Dorée.
  2. Hans Bierdermann (trad. Françoise Périgaud, Gisèle Marie et Alexandra Tondat), Encyclopédie des symboles [« Knaurs Lexikons der Symbole. »], Le Livre de Poche, coll. « Encyclopédie d'aujourd'hui », 161 p. (ISBN 2-253-13010-9)
  3. http://www.wallonie-en-ligne.net/Encyclopedie/Thematiques/Notices/DrapeauW.htm
  4. (fr) Drapeau wallon - Wallonie-en-ligne - Institut Destrée
  5. Sandrine Restelli-Imbert, Marie-Christine Braillard, Hélène Cavalié, Des oiseaux… de la fin du Moyen Âge au XXIe siècle, Digne-les-Bains, Musée départemental d’art religieux, 2011, catalogue de l’exposition Des oiseaux, cathédrale Saint-Jérôme de Digne-les-Bains et prieuré de Salagon, Mane, juillet 2011-avril 2012. ISBN 978-2-86004-005-1. p. 29
  6. (en) The Gallic Rooster - Site de l'Ambassade de France aux États-Unis
  7. Article D2122-5 du code général des collectivités territoriales
  8. Article D2122-6 du code général des collectivités territoriales
  9. Le logo Gîtes de France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Le « Standard officiel des volailles de grandes races » (Poules, oies, dindons, canards et pintades), édité par la SCAF.
  • Le « Standard officiel des poules de races naines », édité par le BCF.