Chenjiagou

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Chenjiagou 陈家沟
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Henan
Subdivision Wenxian
Démographie
Population 3 000 hab. (2005)
Géographie
Coordonnées 33° 35′ 14″ N 109° 09′ 19″ E / 33.58731, 109.15535 ()33° 35′ 14″ Nord 109° 09′ 19″ Est / 33.58731, 109.15535 ()  
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Chenjiagou (chinois : 陈家沟 , pinyin : Chénjiāgōu, lit. « les collines de la famille Chen »[1]) est considéré comme l'un des lieux de naissance du Tai-chi-chuan. Depuis des siècles, de grands maîtres de Tai-chi-chuan sont nés à Chenjiagou. Des pratiquants célèbres, comme Yang Luchan, sont venus se former dans ce village. Aujourd'hui, Chenjiagou est devenu un lieu de pèlerinage pour les adeptes de cet art martial.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le village est situé en Chine, dans la province du nord Henan sur les rives du Fleuve jaune[2]. Situé sur la colline de Qingfeng, à l'est du district de Wenxian, limitrophe de la Rivière jaune au sud et des monts Taihang Shan au nord, il se trouve à 5 km de Jiaozuo (焦作 ; pinyin : Jiāozuò)[3]. En 2005, la population de ce village agricole s'élevait à 3 000 habitants environ.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chenjiagou est considéré comme le lieu de naissance du Tai Chi chuan. À l'origine, ce village avait pour nom Changyang. Il changea son nom plus tard quand un natif de Zezhou, Chen Bu, pratiquant de Tai chi, s’y installa ainsi que sa famille si bien que presque tous les habitants de ce village en seraient ses descendants. Il fut donc renommé à partir du nom de sa population Chen et des collines (gou) qui entouraient le site. La famille Chen, porte-drapeau du style Chen depuis quatre cents ans, continue à enseigner le Tai Chi Chuan à Chenjiagou.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Chenjiagou, comme la Chine rurale dans son ensemble, a souffert grandement de la Révolution culturelle. Avant la révolution culturelle, le village abritait de nombreuses belles demeures, des temples bouddhistes et des statues. La révolution culturelle obligea les propriétaires terriens à vendre leurs biens et le temple fut transformé en école. Dans les années 1960, la situation économique était telle que les villageois connurent la famine[4].

Aujourd'hui, il s'agit d'un village pauvre principalement peuplé de fermiers propriétaires de petits lopins de terre. Ils y cultivent le blé, le maïs, le soja et les patates douces. Après avoir utilisé leurs récoltes pour leurs propre consommation, ils vendent le reste pour acheter des épices, des engrais et d'autres produits de premières nécessité. Outre l'agriculture, l'enseignement du Tai chi est la seule source potentielle de revenu[5].

À partir des années 1980, les premiers pratiquants étrangers firent leurs apparitions à Chenjiagou. C'étaient des ressortissants japonais à la recherche du berceau du Tai chi. Depuis, le village est devenu un lieu de pèlerinage pour les adeptes du tai-chi-chuan du monde entier.

Ainsi, quatre écoles, dirigées par des maîtres, accueillent des étudiants étrangers ou chinois. L'entraînement destiné aux étudiants non chinois a été adapté et rendu moins difficile. Le prix des stages est aussi plus chers pour les étudiants étrangers que pour les Chinois[6]. Néanmoins, la localisation éloigné de Chenjiagou rend les voyages difficiles. Ainsi, selon le maître Chen Xiowang, une vingtaine d'étudiants étrangers viendraient chaque année à Chenjiagou et pour un séjour très court[7].

On prétend que dans le passé, 80 % des habitants de Chenjiagou étaient des adeptes du tai chi. Un proverbe affirme ainsi qu’« une fois l’eau de Chenjiagou bue, vous serez capable de pratiquer un ou deux mouvements de la boxe de l’ombre » (« He he chen guo sui, dou hui qiao qiao tui »). Néanmoins, seul 60 % de la population pratique aujourd'hui le tai chi.

Compte tenu de son histoire, le village abrite un musée des Arts martiaux de Chenjiagou qui contient une exposition sur les différents maîtres du tai chi style Chen. Devant cet édifice a été notamment érigée une statue en bronze de Chen Wangting, considéré comme le fondateur du tai-chi style Chen.

statue de Chengwanting
Chen Wangting

Des plaques commémoratives donnant des informations sur certains maîtres du tai chi ont également été dressées par des fans chinois ou étrangers en guise de respect[8].

À partir de 1992, grâce à Wang Xian et à Chen Zhaopi, les premières rencontres du taiji quan internationales ont été organisées au cœur du village de Chenjiagou[9]. Face au succès de ces manifestations, ces rencontres se déroulent depuis 2000 dans la ville voisine de Jiaozuo, plus grande et plus moderne. En 2009, 3 050 athlètes issus d’écoles dirigées par les plus grands maîtres de taiji quan et originaires de plus de 38 pays sont venus se confronter à Jiaozuo[10].

Personnalités célèbres[modifier | modifier le code]

Le Taiji quan est d'abord resté au sein de la famille Chen (traditionnellement enseigné uniquement au fils aîné et à la belle-fille). De nombreux maîtres du style Chen sont donc originaires de Chenjiagou. Néanmoins, d'autres pratiquants devenus célèbres ont pour particularité d'être venus dans ce village pour se perfectionner.

  • Chen Changxing (1771-1853) lieu de naissance Chenjiagou: c’est à partir de lui que la pratique du tai chi, réservée aux membres de la famille Chen, est enseignée à des étrangers comme Yang Luchan.
  • Yang Luchan, (1799-1872), fondateur du style Yang, il a étudié le taiji auprès de Chen Changxing pendant son séjour dans le village ;
  • Chen Fake (1887-1957) ;petit-fils de Chen Changxing, Chen Fake est le premier maître à avoir enseigné le Taiji Quan style Chen de manière publique.
  • Chen Pinsan (ou Chen Xin) (1849-1929), lieu de naissance Chenjiagou, auteur du Taiji quan Tushuo (traduit en anglais par The illustrated canon of Chen family) qui décrit les mouvements du xiao jia(petite forme) .
  • Chen Zhaopi (1893-1972), lieu de naissance Chenjiagou. Il est considéré comme l'homme qui déclencha la renaissance du tai chi à Chenjiagou.
  • Chen Li Qing (1914-2008), lieu de naissance Chenjiagou[11]. Chen Li Qing est la première femme à avoir obtenu le grade de maître et à figurer dans l'arbre généalogique de la famille Chen.
  • Wang Xian (1944), disciple de Chen Zhaopi, a créé le Centre International de Wushu de Chenjiagou que dirige son fils Wang Zhanjun, vainqueur de nombreux tournois de poussée des mains.
  • Chen Xiaowang (1945), petit-neveu de Chen Fake, a créé sa propre école à Chenjiagou fréquentée par des étudiants chinois et étrangers.
  • Zhang_Dongwu, (1970), premier disciple du Grand Maître Chen Zhenglei, né à Wenxian (Chenjiagou).
  • Chen Zheng Lei (1949) est professeur au centre de Tai Ji Quan à Chen Jia Gou, entraineur national pour les arts martiaux, vice-président de l'Institut des Arts Martiaux de la province du Henan et membre du comité technique de l'Association Nationale des Arts Martiaux Chinois.
  • Chen Peishan (1962), lieu de naissance Chenjiagou, un des descendants de la famille Chen et pratiquant du Xiao jia (petit style) dont la diffusion hors du village est récente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in A la Source du Taiji Quan : Transmission de l'École Chen, page 161
  2. A la Source du Taiji Quan : Transmission de l'École Chen, Wang Xian et Alain Caudine édition Trédaniel 2005
  3. Chenjiagou village a sacred place of shadow boxing, article publié par l'office du tourisme de la province du Henan http://en.hnta.cn/Htmls/Scenic/Scenic_271.shtml
  4. kungfumagazine.com, It Takes a Village: The Taiji Economy of Chenjiagou, par Gene Ching and Gigi Oh
  5. article de Kungfu Magazine, « It Takes a Village: The Taiji Economy of Chenjiagou », by Gene Ching and Gigi. Oh
  6. cf.Le reportage intitulé Chen Village de Jon Braeley édité par les films Empty Mind Films en 2009
  7. Kungfu Magazine.com, "It Takes a Village: The Taiji Economy of Chenjiagou" par Gene Ching and Gigi Oh
  8. Chenjiagou village a sacred place of shadow boxing, ibid
  9. YouTube - Chen Style Masters in Chenjiagou
  10. cf. Aux 51(es) internationaux de Taiji quan Jiazuo, article paru dans le magazine en ligne Yimag le 26 mars 2010
  11. cf. biographie de Chen li qing, publié par le site www.pachentaiji.com/index3.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A la Source du Taiji Quan : Transmission de l'École Chen, Wang Xian et Alain Caudine édition Trédaniel 2005, (ISBN 2-84445-553-0)
  • Taiji Quan : Art martial - Technique de longue vie, Catherine Despeux, Éd. Guy Trédaniel, 1990, (ISBN 2-85707072-1).
  • Les enfants de Chenjiagou, article paru dans Génération Tao, le 4 avril 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://en.hnta.cn/Htmls/Scenic/Scenic_271.shtml