Charlotte Aïssé

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Portrait gravé de Mademoiselle Aïssé

Charlotte-Élisabeth Aïcha (dite Mlle Aïssé), née en 1693 en Circassie,baptisée à Lyon , paroisse d'Aynay le 19 septembre 1698 , morte à Paris le 13 mars 1733, est une épistolière française surtout connue pour sa correspondance : Lettres de mademoiselle Aïssé à madame C***[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d’un chef circassien dont le palais avait été attaqué et pillé par les Turcs, Mademoiselle Aïssé fut achetée à un marchand d’esclaves, à l’âge de quatre ans et demi, par le comte de Ferriol, beau-frère de Mme de Tencin et ambassadeur de France à Constantinople, homme d'une personnalité complexe, qui l’amena très jeune à Paris, lui fit donner une brillante éducation. Dans ses Lettres, Aïssé témoigne de sa reconnaissance à son bienfaiteur, malgré les accusations de certains sur la droiture des intentions de ce dernier.

Introduite dans le monde, sa position dans la société de son temps en ébullition, ses aventures romanesques et ses vives passions lui ont donné la célébrité. Sa beauté et son charme excita des passions qui firent du bruit. Elle résista aux avances du Régent Philippe d'Orléans (1674-1723), s'engagea dans un amour passionné et compliqué avec le chevalier d’Aydie. Elle fut toujours tiraillée entre ses aspirations vertueuses et ses entraînements passionnés. Ses relations avec divers personnages et les femmes les plus distinguées de son temps, donnent le plus vif intérêt au recueil de ses Lettres à madame Calandrini, publiées d’abord avec des notes de Voltaire (1787, in-12), puis réunies aux Lettres de mesdames de Villars, de La Fayette et de Tencin (1805, in-12). Une nouvelle édition annotée en a été donnée par J. Ravenel (1846, in-18, 2 portraits). À part de précieux renseignements sur les contemporains, ses Lettres plaisent par la grâce touchante et l’abandon passionné du style.

Influence[modifier | modifier le code]

L’histoire d’Aïssé et du comte de Ferriol inspira l’Histoire d'une Grecque moderne à l’abbé Prévost. Elle a également fourni le sujet de trois pièces, La Circassienne par Alexandre de Lavergne (1854), par Louis Bouilhet (1872) et par Dejoux (1898).

Publications[modifier | modifier le code]

Les Lettres de Mlle Aissé ont été publiées en 1787 avec des notes de Voltaire, et en 1846 par Sainte-Beuve et Jules Ravenel.

Les Lettres de Mademoiselle Aïssé ont été réédités en 1943 aux Éd. Stock dans la collection « À la promenade » dirigée par Marcel Arland. Cette édition contient une étude de Sainte-Beuve sur Aïssé.

Source[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 42

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Note[modifier | modifier le code]

  1. à Madame Calandrini. Il s 'agit de Julie de Pellissary, fille de Georges de Pellissary de Chiavennes, seigneur de la Bourdaisière, trésorier-général de la marine, des galères et des fortifications des places maritimes de France. Elle avait épousé en décembre 1690, Jean-Louis Calandrini résident de Genève à Paris. A l’âge de huit ans elle avait été célébrée par le poète Étienne Pavillon. «Ses lettres furent recueillies et publiées par Mlle Rieu, petite-fille de Madame Calandrini, après les avoir longtemps auparavant communiquées à Voltaire»