Louis-Hyacinthe Bouilhet

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Louis-Hyacinthe Bouilhet

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Louis Bouilhet par Étienne Carjat, en 1864

Activités écrivain
Naissance 27 mai 1822
Cany
Décès 18 juillet 1869 (à 47 ans)
Rouen
Langue d'écriture Français
Mouvement Romantisme, Le Parnasse

Œuvres principales

"Les fossiles" 1858/1859,
"Festons et astragales" 1859,
"Dernières chansons" (posthume en 1872).

Signature

Signature de Louis-Hyacinthe Bouilhet

Louis Hyacinthe Bouilhet, né à Cany (Seine-Maritime, arrondissement de Dieppe), le 27 mai 1822 et mort à Rouen le 18 juillet 1869, est un poète français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est condisciple de Flaubert au collège de Rouen, puis ami intime. Après l'abandon de ses études de médecine[1], Louis Bouilhet exerce les métiers de professeur de littérature et de conservateur de la Bibliothèque de Rouen. Il a appartenu aux mouvements littéraires romantique et parnassien.

Bouilhet en littérature[modifier | modifier le code]

Il dédie à son ami Flaubert son premier ouvrage Melaenis, conte romain[2] (1857), poème historique en cinq chants, qui décrit les mœurs romaines sous l’empereur Commode et qui le fit remarquer. Son recueil de poèmes intitulé Fossiles fut très remarqué parce qu'il y essaie d'utiliser la science comme sujet pour la poésie. Ces poèmes furent inclus par la suite dans Festons et astragales (1859).

Sa poésie[modifier | modifier le code]

Sa poésie cultive une grande recherche dans la pureté, qui est spécialement appréciée dans le Parnasse. Il s'y joint des thèmes délicats évoquant la beauté, la femme, l'amour. Voici deux morceaux de poésie de cet auteur, extraits de son recueil posthume Dernières chansons (1872) :

Le Tung-whang-fung[modifier | modifier le code]

« La fleur Ing-wha, petite et pourtant des plus belles,
N’ouvre qu’à Ching-tu-fu son calice odorant ;
Et l’oiseau Tung-whang-fung est tout juste assez grand
Pour couvrir cette fleur en tendant ses deux ailes.

Et l’oiseau dit sa peine à la fleur qui sourit,
Et la fleur est de pourpre, et l’oiseau lui ressemble,
Et l’on ne sait pas trop, quand on les voit ensemble,
Si c’est la fleur qui chante, ou l’oiseau qui fleurit.
(...) »

Jasmin[modifier | modifier le code]

« J’ai cueilli pour vous seule, à sa branche flétrie,
Ce jasmin par l’hiver oublié dans la tour.
J’ai baisé sa corolle, et mon âme attendrie
Dans la dernière fleur met son dernier amour.

Château de La Roche-Guyon. 185... »

Son théâtre[modifier | modifier le code]

Comme dramaturge il obtient un certain succès avec sa première pièce, Madame de Montarcy (1856), jouée pendant soixante-dix-huit soirées au théâtre de l’Odéon ; Hélène Peyron (1858) et L’Oncle Million (1860) furent aussi favorablement reçus. Mais de ses autres pièces, dont quelques-unes ont pourtant un certain mérite, seule la Conjuration d'Amboise (1866) eut du succès.

Bouilhet et ses amis[modifier | modifier le code]

L’histoire littéraire moderne se souvient moins de Bouilhet pour ses propres écrits que pour le rôle essentiel qu’il a joué auprès de Flaubert, car c'est lui qui fit à ce dernier les recommandations de la plus grande rigueur pour l'écriture de ses œuvres. Il est aussi celui qui lui souffla l’idée de s’inspirer du fait divers de Delphine Delamarre pour créer Madame Bovary. Flaubert lui faisait chaque semaine la lecture des nouvelles pages du roman durant les années de sa gestation. De belles pages furent écrites sur l'amitié entre les deux auteurs et leur relation littéraire[3].
Bouilhet fut un critique impitoyable mais toujours juste.

« En perdant mon pauvre Bouilhet, j’ai perdu mon accoucheur, celui qui voyait plus clairement que moi-même.
Sa mort m’a laissé un vide dont je m’aperçois chaque jour davantage. »

— Gustave Flaubert


Maupassant écrivit un émouvant poème à la mort de Louis-Hyacinthe Bouilhet, dont voici les quatre premiers vers et les quatre derniers :

« Il est mort, lui, mon maître ; il est mort, et pourquoi ?
Lui, si bon, lui, si grand, si bienveillant pour moi.
Tu choisis donc, Seigneur, dans ce monde où nous sommes,
Et pour nous les ravir, tu prends les plus grands hommes.
(...)
Et puis le voilà mort et parti pour jamais
Vers ce monde éternel où le génie aspire.
Mais de là-haut, sans doute, il nous voit et peut lire
Ce que j'avais au cœur et combien je l'aimais. »


Louis Bouilhet est chevalier de la Légion d'honneur[4]. Il repose au cimetière monumental de Rouen à quelques pas de son ami d'enfance, Gustave Flaubert.

Bibliographie non exhaustive[modifier | modifier le code]

  • Melaenis, conte romain, Paris, M. Lévy, 1857
  • Madame de Montarcy (1856)
  • Les Fossiles (Revue de Paris 1858 ou 1859)
  • Hélène Peyron, drame en cinq actes, Paris, A. Taride, 1858
  • Festons et Astragales (1859)
  • L'Oncle Million (1861)
  • Dolorès (1862)
  • Faustine (1864)
  • La conjuration d’Amboise (1866), comédie.
  • Mademoiselle Aïssé, drame en quatre actes, Paris, Michel Lévy frères, 1872
  • Dernières chansons, poésies posthumes avec une préface de Gustave Flaubert, Paris, Michel Lévy, 1872
  • Sous peine de mort, comédie
  • Poésies - Festons et astragales, première éd. 1859, réédition, introduction et notes de Claude Le Roy, Ed. H&D, 2009

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. commencées auprès du père de Gustave Flaubert.
  2. Texte intégral de Mélaenis. Par le choix des strophes (des groupes de six alexandrins où la place des rimes est variable) et par le ton badin et désabusé, Bouilhet veut visiblement imiter Namouna, de Musset.
  3. Antoine Albanat, Gustave Flaubert et ses amis, éd. Plon, Paris, 1927, p. 1-37, spécialement 6 à 12 et 17 à 37.
  4. Décret du 15 août 1859, v. dossier à la Légion d'honneur

Références[modifier | modifier le code]

  • Léon Letellier, Louis Bouilhet, 1821-1869 : sa vie et ses œuvres, d'après des documents inédits, Paris, Hachette, 1919.
  • Albert Angot, Un ami de Gustave Flaubert : Louis Bouilhet, sa vie, ses œuvres, Paris, Dentu, 1885.
  • Paul-Louis Robert, Trois portraits normands : Gustave Flaubert, Louis Bouilhet, Guy de Maupassant, Rouen, Cagniard, 1924.
  • Étienne Frère, Louis Bouilhet ; son milieu, ses hérédités, l'amitié de Flaubert, Paris, Société française d’imprimerie et de librairie 1908.
  • Henri Raczymow, Pauvre Bouilhet, Gallimard, 1989, coll. "L'un et l'autre".
  • Claude Le Roy, Louis Bouilhet, l'ombre de Flaubert, Milon-la-Chapelle, H & D, coll. « Écrivains & Normandie »,‎ 2009, 225 p. (ISBN 978-2-9142-6610-9).
  • Correspondance de Gustave Flaubert, Bibliothèque de la Pléiade.