Caisson de recompression

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Un caisson de recompression de deux places.

Le caisson de recompression, caisson ou chambre hyperbare, est une installation médicotechnique close permettant d'exposer usagers et malades à une pression atmosphérique supérieure à celle qui est à l'extérieur. Elle permet également de distribuer un gaz ou mélange respiratoire sélectionnable depuis l'extérieur du caisson.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La chambre hyperbare est utilisée en médecine, dans différents cas :

Dans la plupart des centres hyperbares, les patients en situation élective représentent de 60 à 95 % des bénéficiaires. Les caissons peuvent aussi être utilisés pour des plongeurs professionnels, notamment lors de plongées en saturation.

Le caisson de recompression typique est un caisson en dur — souvent sous forme de cylindre ou en forme d'oméga — pouvant soutenir des pressions internes de 200 à 900 kilopascals ou plus, selon les besoins spécifiques. La plupart des traitements pour des patients en situation élective se font entre 150-200 kilopascals, soit 1.5 à 2 bars de pressions.

Description[modifier | modifier le code]

4 illustrations de caissons hyperbares multiplaces (chambres hyperbares) montrant un panneau de contrôle, un système de monitoring dans des unités de soins espagnoles

Ces caissons sont régulièrement utilisés par les services de médecine et thérapie hyperbare dans les hôpitaux, les marines nationales, les organisations de plongée, chez les plongeurs professionnels, etc.. Pour les hôpitaux, ceux-ci sont souvent rattachés aux services d'urgences, d'anesthésie ou de soins intensifs.

Leur taille permet à certains d'être transportables (en bateau par exemple, lors de travaux sous marin sur des plates formes). Les plus petits ne peuvent transporter que le malade, mais plus fréquemment, les caissons permettent d'accueillir plusieurs personnes, voire jusqu'à une vingtaine de personnes ou plus pour les plus grands.

Tous les caissons de recompression ou caissons thérapeutiques sont composés ainsi :

  • un réceptacle (le caisson en lui-même), généralement construit en acier avec des hublots ;
  • une ou plusieurs entrée(s) permettant le passage d'une personne consciente et/ou inconsciente sur son lit : dans les plus anciens caissons, la porte est circulaire, mais dans les plus récents, la porte est tout à fait traditionnelle, permettant même le passage d'un patient sur son lit d'hôpital, ou sur brancard spécifique ;
  • les portes sont munies d'un joint d'étanchéité. Un sas doit être disponible pour permettre le passage d'une ou plusieurs personnes (personnel médical ou technique). Un deuxième sas doit être disponible pour le passage de petits matériels ou médicaments.
  • au minimum un circuit audio, mais très souvent un circuit vidéo permettant au personnel manœuvrant le caisson de voir ce qui se passe à l'intérieur, et communiquer dans les deux sens ;
  • un système de ventilation permettant de faire pénétrer de l'air frais en permanence ou de l'hélium plus ou moins concentré pour les plongeurs professionnels.
  • un système d'éclairage, pour certains un systèmes de divertissement (radio ou TV, ou encore choix de plusieurs stations radio) ;
  • un panneau externe de contrôle servant à fermer ou ouvrir les différentes vannes, à contrôler et réguler la pression interne, ainsi que la distribution de différents gaz injectés.

Dans les caissons les plus gros, plusieurs lits peuvent prendre place,ainsi que plusieurs patients conscients et/ou inconscients de même que les patients intubés-ventilés. La plupart des caissons sont équipés de masques de respiration à la demande (comme des masques de plongeurs) afin que les personnes présentes puissent respirer des mélanges différents (air ou oxygène, héliox, nitrox, en fonction du protocole de prise en charge) de l'ambiance intérieure de la chambre. Les caissons non équipés de masques à la demande sont équipés de masques à débit continu. L'air expiré par le patient doit toujours être évacué par un système séparé et relié à l'extérieur pour ne pas mélanger le circuit (propre) et, de cette manière, permettre de maintenir en permanence un type de gaz voulu et contrôlé dans le caisson via la console centrale.

La mise sous pression du caisson peut entraîner des risques d'accident barotraumatique qui doivent être prévenus de la même manière qu'en plongée sous-marine. La décompression peut elle aussi entrainer des problèmes (accident de décompression, embolie) si elle n'est pas faite selon un protocole précis.

Mesures de sécurité[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des centres hyperbares d'Europe, des normes sévères sont en place, concernant les objets autorisés dans l'enceinte. Par mesure de sécurité, aucun appareil électrique ni électronique non identifié comme matériel hyperbare n'est accepté, le danger le plus grand dans un caisson étant le feu, il en va de même pour tous les objets pouvant produire une étincelle, ou tous objets étanches à l'air.

La législation européenne dit qu'il ne doit pas y avoir plus de 23,5 % d'oxygène dans un caisson thérapeutique.

Un traitement comprend trois phases :

  1. la compression ;
  2. la pression de fond (pression où se déroule le traitement)
  3. la décompression.

La mise sous pression et la mise en décompression du caisson sont les parties les plus délicates pour le personnel et les patients. Lors de ces manœuvres, un risque d'accident barotraumatique n'est pas exclu, chaque nouveau patient reçoit des instructions (mini-enseignement) de ce qu'il faut faire ou ne pas faire (comment équilibrer correctement ses tympans). Ces accidents qui peuvent survenir doivent être prévenus de la même manière qu'en plongée sous-marine. La décompression peut elle aussi entrainer des problèmes (accident de décompression, embolie) si elle n'est pas faite selon un protocole strict.

Caissons « domestiques »[modifier | modifier le code]

Il existe des caissons de petite taille permettant de mettre une seule personne à l'intérieur, utilisés notamment dans le cas de mal aigu des montagnes. Ceux-ci ne sont pas des caissons hyperbares, à proprement parler, sont en vente libre, et ne distribuent pas de médicament . L'oxygène, dans un caisson hyperbare, est une prescription médicale, et dans ce cas un médicament. Leur pression maximale est en général faible, et elle souvent générée par une pompe type pompe à vélo. Il y a aussi dans quelques pays anglo-saxons de petits caissons hyperbares où la distribution d'oxygène est possible, ces derniers rencontrent un certain succès chez les parents d'enfants autistes (thérapie non reconnue par la communauté hyperbare) car il semblerait que ces enfants se sentent beaucoup mieux après une séance de caisson[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Weaver LK, Hopkins RO, Chan KJ, Churchill S, Elliott CG, Clemmer TP, Orme JF Jr, Thomas FO, Morris AH., « Hyperbaric oxygen for acute carbon monoxide poisoning », N Engl J Med., vol. 347, no 14,‎ 2002, p. 1057-67. (lien PubMed?, lire en ligne [html]) modifier
  2. (en) Mindrup SR, Kealey GP, Fallon B., « Hyperbaric oxygen for the treatment of fournier's gangrene », J Urol., vol. 173, no 6,‎ 2005, p. 1975-7. (lien PubMed?) modifier