Butte du Lion

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Butte du Lion
La Butte du Lion dressée au milieu de la « morne plaine »
La Butte du Lion
dressée au milieu de la « morne plaine »
Présentation
Nom local butte du Lion dit de Waterloo
Architecte Charles Vander Straeten
Jean-Louis Van Geel (sculpteur)
Date de construction 1826
Dimensions diamètre : 169 mètres
hauteur : 41 mètres
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1978, no 25014-CLT-0006-01)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Commune Braine-L'Alleud
Localisation
Coordonnées 50° 40′ 42″ N 4° 24′ 17″ E / 50.67833, 4.4047250° 40′ 42″ Nord 4° 24′ 17″ Est / 50.67833, 4.40472  

Géolocalisation sur la carte : Brabant wallon

(Voir situation sur carte : Brabant wallon)
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Le lion dominant le tertre

La Butte du Lion ou Monument des Hollandais[1], est un monument érigé en 1826 sur le site de la bataille de Waterloo[2], à Braine-l'Alleud, à la demande du roi Guillaume Ier des Pays-Bas qui voulut marquer l'endroit présumé où son fils cadet, le prince Frédéric d'Orange-Nassau, fut blessé à l’épaule à la fin de la bataille. Comme tout le site de la bataille, la Butte est inscrite au Patrimoine majeur de Wallonie.

Le projet de tumulus est confié en janvier 1820 à l’architecte du roi, Charles Van der Straeten (1771-1834), après que le projet de pyramide puis d'obélisque de son rival Jean-Baptiste Vifquain[3] a été refusé[4].

La butte est un cône de terre régulier de 169 mètres de diamètre et 41 mètres de haut accessible par un escalier de 226 marches. Le cône évoque aussi les tumuli des tribus de la Gaule Belgique. Ouvert en 1824, le chantier nécessite le déplacement de 290 000 m3 de terres prélevées au sud-ouest de la rue de la Croix jusqu’à la ferme de la Haie-Sainte. Le transport des terres aurait été fait par des boteresses (porteuses de hottes) liégeoises. Cette idée longtemps acquise a été remise en cause avant d'être analysée en profondeur et validée par le travail de Georges Jaquemin[5].

Un lion colossal la surmonte, posé sur un piédestal de pierre, soutenu par une colonne de brique enfouie dans la butte. Il est composé de neuf pièces de fonte de fer coulées dans les forges de John Cockerill à Seraing[6], à partir d'un modèle sculpté par Jean-Louis Van Geel (Malines 1787 - Bruxelles 1852).

Boteresse du XIXe siècle.

Ce travail gigantesque a été coulé en fonte dans un moule en plâtre ; son poids total est de 28 tonnes ; il a 4,50 m de longueur sur 4,45 m de hauteur, depuis le sommet de la tête jusqu'aux pieds[7].

Le lion symbolise la victoire et le nouveau Royaume-Uni des Pays-Bas ; sa gueule ouverte est tournée vers la France, vaincue ; sa patte posée sur un boulet de canon représente la paix que l’Europe a conquise à l'issue de la bataille.

Le monument est inauguré le 4 novembre 1826 mais son succès touristique ne date que de la seconde moitié du XIXe siècle. Ce n'est d'ailleurs qu'en 1863-1864 qu'on aménage le promenoir au sommet de la butte avec la construction de l'escalier[8]. En 1832, lorsque les troupes françaises du maréchal Gérard passent à Waterloo pour soutenir le siège de la citadelle d'Anvers toujours tenue par les Hollandais, le Lion faillit être renversé par les soldats français. Ils en brisèrent même la queue[9]. Le 14 janvier 1999 des glissements de terrain se produisent. Sur la butte du côté du bâtiment du Panorama[10]. De semblables dégâts se sont produits en 1995 et furent réparés avec l’enfoncement de 650 micro-pieux[11].

Le sommet de la butte offre une large vue sur le champ de bataille de Braine-l'Alleud à Genappe, de Plancenoit à Mont-Saint-Jean. Une table d’orientation permet de situer les fermes et les positions des troupes sur le terrain.

Wellington qui visita Mont-Saint-Jean quelques années après sa victoire déclara tristement que la pyramide du Lion avait gâté son champ de bataille. « En effet on dut considérablement abaisser le niveau du terrain pour prendre la terre nécessaire à l’édification de ce monticule et ainsi le fameux chemin creux d’Ohain, par exemple, où vinrent s’engouffrer les premières lignes de la cavalerie française, n’a plus la profondeur qui causa cet écrasement horrible de soldats et de chevaux. » [12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Best of Belgium: la Belgique comme vous devez la voir, Peter Jacobs, Rawoens Wouter, 2003, Editions Lannoo, p. 93
  2. C'est la raison pour laquelle on parle aussi du Lion de Waterloo.
  3. À son sujet, consulter cette page.
  4. André Lederer, « Vifquain », dans Biographie nationale de Belgique, tome 43, Bruxelles, 1983, col. 706 : « Le 13 août, Repelaer van Driel, qui assurait l'intérim du duc d'Ursel, soumit le cahier des charges à Vander Straeten. Le 3 septembre, ce dernier envoyait une critique acerbe, objectant qu'une pyramide convenait pour un monument funéraire, alors qu'il fallait célébrer une victoire. À la suggestion du roi, Vifquain remania son projet et présenta un monument consistant en un obélisque supporté par des colonnes, le tout mesurant 44 aunes de hauteur. De son côté, le 1er décembre 1819, Vander Straeten remit le dessin d'un tumulus conique, surmonté d'un lion. Le ministre rédigea un rapport objectif sur les deux projets, faisant remarquer que le cône, tout autant que la pyramide, convenait davantage pour un monument funéraire. Le 19 janvier 1820, sous l'influence de la reine Frédérique-Louise, le roi retint le projet de Vander Straeten. »
  5. Georges JACQUEMIN Les Boteresses liégeoises à la Butte du Lion de Waterloo (1826). Étude exégétique des thèses historiques contradictoires. Braine-l'Alleud, 2000. ISBN 2873670843
  6. Et non, comme une la légende l'affirme, avec le bronze des canons français abandonnés sur le champ de bataille.
  7. Cette pièce, de l'exécution la plus difficile, coulée sur des dimensions dont il y a peu d'exemples, a parfaitement réussi. Pendant la durée de son exposition à Seraing, elle a fait l'admiration des nombreux visiteurs qui accouraient de toutes parts pour voir ce colosse, poignant souvenir pour les uns et précieux trophée pour les autres. Dans A. Lecocq, Description de l'établissement John Cockerill à Seraing accompagnée d'une notice biographique sur John Cockerill […], J. Desoer, 1847 (Livre numérique Google)
  8. Lu sur Wiki-Braine l'Alleud e ligne le 27 janvier 2013.
  9. Jules Tarlier et Alphonse Wauters, La Belgique Ancienne et Moderne. Géographie et histoire des Communes Belges. 1859
  10. La butte du Lion de Waterloo se fissure. Le Soir 15 janvier 1999 p. 17.
  11. Eric Meeuwissen 650 micropieux pour stabiliser les versants de la butte. le Soir 12 janvier 1999 p. 23.
  12. Raoul Claes, Louvain et ses environs [guide de promenades], Louvain, Union vélocipédique louvaniste, 1892, p. 142. Victor Hugo dans le chapitre VII des Misérables, "Napoléon de belle humeur" faisait déjà remarquer le bouleversement du terrain, même s'il ne donne pas les précisions de Claes : Les ondulations des plaines diversement inclinées où eut lieu la rencontre de Napoléon et de Wellington ne sont plus, personne ne l'ignore, ce qu'elles étaient le 18 juin 1815. En prenant à ce champ funèbre de quoi lui faire un monument, on lui a ôté son relief réel, et l'histoire, déconcertée, ne s'y reconnaît plus. Pour le glorifier, on l'a défiguré. Wellington, deux ans après, revoyant Waterloo, s'est écrié : On m'a changé mon champ de bataille. Là où est aujourd'hui la grosse pyramide de terre surmontée du lion, il y avait une crête qui, vers la route de Nivelles, s'abaissait en rampe praticable, mais qui, du côté de la chaussée de Genappe, était presque un escarpement. L'élévation de cet escarpement peut encore être mesurée aujourd'hui par la hauteur des deux tertres des deux grandes sépultures qui encaissent la route de Genappe à Bruxelles ; l'une, le tombeau anglais, à gauche ; l'autre, le tombeau allemand, à droite. Il n'y a point de tombeau français. Pour la France, toute cette plaine est sépulcre.
  13. On aperçoit les manœuvres tirant sur les cordages et les renvois de poulie et quelques spectateurs venus admirer l'impressionnant travail.
  14. The illustrated London News, 1851.

liens[modifier | modifier le code]