Boule de billard

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Boules de billard (de gauche à droite):

Une boule de billard, appelée aussi bille de billard, est un objet sphérique roulant sur une table de billard après avoir été poussé par une tige de bois appelée queue. Le nombre, le type, le diamètre, la couleur (le plus souvent blanche ou rouge comme la carambole) et le modèle des boules diffèrent selon la variante des jeux de billard. Divers critères de spécifications tels que la densité, la rondeur, la dureté, le coefficient de frottement ou la résilience sont requis pour assurer une bonne jouabilité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Boules de billard inventées par Raoul MAIN puis fabriquées vers 1920 par la Celluloid Manufacturing Company de John Wesley Hyatt.
Effets donnés sur la boule de billard.
Le sous-marin USS Sam Rayburn avec un motif de boules de billard sur les écoutilles de ses missiles.

Les premières boules de billard sont faites en bois et en argile mais résistent mal à l’usure. Les personnes plus riches préfèrent les boules en ivoire, plus résistantes, lisses et élastiques, qui apparaissent à partir au moins de 1627 et dont l’utilisation se poursuit jusqu’au XXe siècle (notamment dans le billard artistique). Néanmoins la plus ancienne mention écrite de boule en ivoire se trouve dans l’inventaire en 1588 du duc de Norfolk[1]. Principale source d’ivoire, chaque défense d’éléphant fournit par tournage mécanique au maximum 8 boules car seul le cœur de la défense fournit une boule qui roule facilement[2]. Les boules en ivoire sont alors stockées sur de la gaze imbibée de vaseline pour protéger cette matière vivante, elles s’imposent au cours des siècles suivants malgré leurs défauts inhérents (phénomène de balourd, sphéricité déformée, la boule s’allongeant dans le sens du nerf de la défense), supplantant définitivement les boules en bois au début des années 1800.

La popularité du jeu de billard et l’usage intensif de l’ivoire fait craindre pour l’extinction de l’éléphant au milieu du XIXe siècle. De plus, le blocus imposé aux Sudistes pendant la guerre de Sécession aux États-Unis rend impossible l’importation de l’ivoire d’éléphant, si bien qu’un concours est lancé en 1863 par le groupe Phelan et Collender (fabricant notamment d'accessoires pour les billards) pour lui trouver un matériau de substitution, avec à la clé un prix de 10 000 $ (prix qui ne fut d’ailleurs a priori jamais attribué)[3]. Dans le cadre de ce concours, l’imprimeur John Wesley Hyatt (en) réussit en 1869 à recouvrir une bille de billard avec du collodion[4], solution de nitrate de cellulose additionnée de camphre (plastifiant facilitant le moulage à haute pression) diluée dans de l’acétone ou de l’éther, qui laisse un film de cellulose lorsque le solvant s’évapore (brevet américain 50359, premier brevet américain pour les boules de billard)[5].

Ce matériau se révèle cependant trop fragile pour résister aux chocs des billes de billard entre elles si bien qu’il est principalement commercialisé pour d’autres usages (dents artificielles, manches de couteau, col et manchette de chemises) en 1870 : il s’agit du celluloïd, première matière plastique industrielle. La celluloïd étant un matériau très inflammable, une légende urbaine veut que des boules en celluloïd distribuées par Phelan et Collender aient explosé au cours de parties de billard.

Au début du XXe siècle, pour éviter ce problème d’instabilité, l’industrie du billard expérimente divers matériaux synthétiques comme la bakélite, la galalithe ou la crystalite qui remplacent la celluloïd.

Les spécifications rigoureuses de la boule de billard actuelle sont rassemblées avec le moulage des boules en deux calottes à partir de matériaux en plastique fortement résistants à la fissuration et l’écaillage. Le principal fabricant de boules en résines phénoliques est la société belge Saluc. D’autres plastiques et résines telles que le polyester (sous différents noms commerciaux) et l’acrylique sont utilisés.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La boule 8 est fréquemment utilisé dans la culture occidentale, notamment comme icône de la culture américaine (T-shirts, couvertures et noms d’albums, tatouages, presse-papiers, briquets, boucles de ceinture, etc.). Un jouet classique, la Boule Magique Numéro 8 est censé prédire l’avenir. Un lutteur (Harris Brothers (en)), un rappeur (8 Ball and MJG) et un groupe de rock (8-Ball (band) (en)) ont tous adopté le nom de cette boule. Le terme « 8 Ball » est aussi un mot argotique pour désigner une forme de cocaïne, de méthamphétamine ou pour une bouteille de malt liquor, la Olde English 800 (en). Il a également été utilisé pour désigner les Afro-Américains, particulièrement ceux à la peau plus foncée, comme dans le film Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.

L’expression « crâne poli comme une boule de billard » est parfois utilisée pour décrire une personne chauve.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Clive Everton, The History of Snooker and Billiards, Haywards Heath,‎ 1986, p. 8.
  2. Vidéo de fabrication de boules de billards à partir de défenses d’éléphants
  3. (en) Mike Shamos, The New Illustrated Encyclopedia of Billiards, Lyons Press,‎ 1999, p. 17.
  4. À l’époque, les imprimeurs protègent leurs doigts avec le collodion, pellicule plastique transparente imperméable à l’encre.
  5. Ariel Fenster, Les boules de billard de John Wesley Hyatt sur MaxiScience, 23 mars 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]